Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, prononçant un discours le 9 juillet 2024. Capture d'écran al-Manar
« La rhétorique guerrière », par rapport aux neuf derniers mois écoulés depuis l'ouverture le 8 octobre 2023 par le Hezbollah de son « front de solidarité » à Gaza, a « fortement diminué », a déclaré le chef du parti chiite, Hassan Nasrallah, dans un discours mardi soir.
Alors que les tensions avaient connu une escalade après l'élimination d'un haut gradé du parti, surnommé Hajj Abou Nehmé, le numéro deux du Hezbollah, Naïm Kassem, avait déjà déclaré le 5 juillet qu'il n'y aurait « pas de guerre plus large » au Liban dans un avenir proche, tout en affirmant que le parti est « paré à toute éventualité ».
« Il pourrait y avoir beaucoup de pressions politiques sur le Liban dans la prochaine étape, sur l'État libanais, sur la résistance au Liban », a indiqué Hassan Nasrallah dans son discours donné en amont de la commémoration, la semaine prochaine d'Achoura, très importante pour la communauté chiite. Une déclaration faite alors que le Hamas a annoncé au cours du week-end dernier avoir fait des concessions pour parvenir à un cessez-le-feu à Gaza, et qu'un arrêt des hostilités dans l'enclave palestinienne est la condition sine qua non posée par le Hezbollah pour apaiser le front au Liban-Sud. Le ministre israélien de la Défense Yoav Gallant avait toutefois déclaré dimanche qu'un cessez-le-feu à Gaza ne s'appliquerait pas automatiquement au front avec le Hezbollah.
Dans ce contexte, « la rhétorique de guerre, bien sûr, a récemment beaucoup diminué, mais elle resurgit de temps en temps », a ajouté le leader chiite.
Le Hezbollah « continuera sur la voie » du 8 octobre
Il a encore lancé qu'Israël doit « être certain » que le Hezbollah « continuera sur la voie » lancée le 8 octobre « jusqu'à ce qu'il atteigne son objectif, au Liban, en Palestine et dans la région, sur tous les fronts de soutien, quels que soient les dangers, défis et menaces ». Il a souligné être prêt à poursuivre le combat, malgré « tout ce qui a été perdu jusque là, que ce soient des centaines de martyrs, de nombreux blessés, la destruction de maisons, ... » Le Hezbollah a perdu au moins 369 combattants, au Liban et en Syrie, depuis le début des hostilités au Liban-Sud, selon notre décompte.
Le chef du Hezbollah a en outre décrié le manque de solidarité du « monde musulman » face à la situation à Gaza. « Où sont dépensés les milliards de milliards des musulmans ? Où ces fonds ont-ils été dépensés alors que deux millions de Gazaouis meurent de faim ? Pour qui sont accumulés tous ces avions, chars, et armes ?», a-t-il lancé, en allusion probable aux monarchies du Golfe.
Dans son discours de mardi, Nasrallah ne s'est pas attardé sur des sujets politiques, comme c'est habituellement le cas lors des discours prononcés en amont d'Achoura, qui ont un caractère religieux. La commémoration de Achoura marque la bataille de Kerbala, au VIIe siècle, et le martyre de l’imam Hussein, petit-fils du prophète Mohammad et troisième imam du chiisme. Hassan Nasrallah a toutefois assuré qu'il reviendrait en détail sur les questions politiques locales et internationales dans un autre discours prévu mercredi et commémorant la mort d'un commandant du parti, Mohammad Nehmé Nasser, tué dans une frappe israélienne il y a une semaine.


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21 h 18, le 13 juillet 2024