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Lifestyle - Rencontre

L’intelligence artificielle de Yasmina Boustani, entre photographie et direction artistique

Son univers est surréaliste, drôle, ludique, à l’esthétisme millimétré. Si parfait qu’on en viendrait à douter qu’il existe vraiment.

L’intelligence artificielle de Yasmina Boustani, entre photographie et direction artistique

Les « vieilles » de Yasmina Boustani, un univers en soi. Photo Yasmina Boustani

Deux vieilles dames marchent dans les rues de Beyrouth, d’ensorcelants champignons aériens sur la tête. Sur un autre cliché, elles fixent la mer, gracieuses et élégantes, des coquillages en guise de chapeau. Sur un troisième, elles se parent de bulles et de casques pour une pseudocampagne pour Perrier. Ailleurs, un groupe de jeunes habitants de Beyrouth fument le narguilé, branchés sur un tout puissant générateur de quartier, alors que, à Barbir, dans une autre rue tout aussi modeste de la ville, un homme barbu et bedonnant regarde sa vie passer en short et tee-shirt rose, comme un clin d’œil à Barbie.

Ces images, postées sur son compte Instagram @yasminaboustani, surprennent, séduisent, font sourire. Chacune correspondant à un événement précis international, le festival Burning Man aux USA et, surtout local, la crise des poubelles, de l’électricité, les inondations locales en hiver, la sortie (ou pas) du film Barbie à Beyrouth.

Plus vraies que vraies, en même temps que tellement improbables, un peu too good to be true, il a fallu enquêter auprès de l’auteur, lors de son passage-éclair au Liban, pour comprendre le pourquoi du comment.

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Pourquoi

Pour le pourquoi, il suffit de revenir sur le parcours déjà chargé de la trentenaire. Yasmina Boustani, qui vit et travaille à Dubaï depuis de nombreuses années, vient du monde de la publicité et de la communication. Également photographe, diplômée à l’Académie libanaise des beaux-arts (ALBA), elle décroche un master en publicité au Miami AD School Hamburg and New York. Son itinéraire professionnel est égrené d’arrêts dans les meilleures agences de publicité, au Liban et à Dubaï : Wonderman Thomson Beyrouth (2012-2015), FP7/McCann Dubaï (2015-2018), Impact BBDO Dubaï (2018-2022), Leo Burnett Dubaï (2022-2023) et actuellement Edelman Dubaï. Une ballade qu’elle entreprend en tant que directrice artistique, puis Senior Art Director et enfin Creative Lead. Durant ces années, elle va récolter de nombreuses récompenses, au Dubaï Lynx et à Cannes, pour n’en citer que deux. En 2021, elle est « One Club Next Creative Leader », en 2022 « MENA n° 1 Creative Director at Loeries » et en 2023 « MENA n° 1 Creative Director at the One Show ».

Yasmina Boustani et son ordinateur, un duo réussi. Photo DR

Aujourd’hui, auprès d'Edelman, une société de communication internationale qui travaille en partenariat avec des entreprises et des organisations pour « développer leurs produits et délivrer des messages », Yasmina est heureuse de pouvoir « construire des marques concrètes et déclencher une action qui va générer une couverture médiatique spontanée. Je suis passionnée par les défis commerciaux à relever, poursuit-elle, et  heureuse de donner aux marques un impact réel dans le monde qui nous entoure ».

La photo, sa passion première, a changé de visage ces dernières années. « Au début, confie-t-elle, je voyageais beaucoup et je ramenais des clichés de toutes ces destinations que je prenais avec ma caméra analogue. Je voulais que les gens aient envie d’y aller. » C’est Apple d’abord qui sera intéressé et lui offrira… un téléphone. Le virage se fera ainsi presque naturellement. Elle continuera ses voyages, obtiendra le Nat Geo Best photo of the year et Best photo of the day en 2015, de même que le Today at Apple, Dubaï Mall Photo Walk en 2017.

Barbir version Barbie. Photo Yasmina Boustani

Comment

Positive, curieuse, des milliers d’images et d’envies dans la tête, Yasmina Boustani ressent l’envie d’expérimenter de nouvelles techniques où l’imagination n’a pas de limites. Comme les créatifs de sa génération, elle découvre des logiciels, les expérimente, les utilise d’abord pour de simples présentations, en aucune façon choquée ou dérangée de collaborer avec un outil virtuel. Le logiciel Midjourney devient son meilleur ami. Elle lui chuchote ses envies, sa vision, les directions à prendre, tous les détails pour créer une image à ses yeux aboutie. C’est ainsi que naîtront ses photos extraordinaires, mais « toujours réelles », précise-t-elle, où sa touche de directrice artistique est très visible avec, toujours, le Liban pour point de départ. « Mes vieilles, comme elle les appelle, ont été inspirées par les femmes de ma vie, ma mère, ma tante et surtout ma grand-mère maternelle Éva Arida qui était, comme elles, grande, belle, élégante et drôle. »

Pause narguilé branchée sur un générateur de quartier. Photo Yasmina Boustani

« J’aime que le résultat soit organique, naturel, c’est pour ça que ça marche ! Dans ces images je suis hybride. Je n’aurais jamais pu le faire si je n’étais pas à la base photographe. »

Alors, pour une parenthèse colorée, plongez dans le compte Instagram de Yasmina ou précipitez-vous à Digen Art Gallery où, dans le cadre d’une exposition collective intitulée « Digital.ME », et auprès de Gaia Azzi, Alter Egos (Chris Bitar), Fabin Rasheed, Gregory Taousson, Zolfaqqari, Fai Ahmad, GorillaSun (Ahmad Moussa), Rex, Khaled et Gingerpotter, elle présente quelques agrandissements en grand format d'une gaieté contagieuse et nécessaire.

« Digital.ME, Redefining Self-Representation », jusqu’au 6 septembre à Digen Art Gallery, rue Omar ben Abdel Aziz, Hamra, Beyrouth. Du lundi au vendredi, de 11h à 19 h, et les samedis sur rendez-vous.

Deux vieilles dames marchent dans les rues de Beyrouth, d’ensorcelants champignons aériens sur la tête. Sur un autre cliché, elles fixent la mer, gracieuses et élégantes, des coquillages en guise de chapeau. Sur un troisième, elles se parent de bulles et de casques pour une pseudocampagne pour Perrier. Ailleurs, un groupe de jeunes habitants de Beyrouth fument le narguilé, branchés sur...
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De l’humour ? Je me fais déjà une idée avant d’aller voir l’exposition : ce n’est plus de la photographie…

NABIL

11 h 27, le 11 juillet 2024

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Commentaires (1)

  • De l’humour ? Je me fais déjà une idée avant d’aller voir l’exposition : ce n’est plus de la photographie…

    NABIL

    11 h 27, le 11 juillet 2024

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