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Il y a une tempête dans l’air

Chère lectrice, cher lecteur,

« Notre amitié avait la distance et la pudeur des relations fraternelles. Quand je le perdais de vue, je savais que j’avais de fortes chances de le trouver, les après-midis d’été, au « café des hommes » sous le platane de la place de Ehden, tapant le carton avec des amis d’enfance qui envoyaient un concert de jurons à chaque donne. C’était avant qu’il ne migre à la terrasse du Belmont en compagnie de citadins de passage à qui il offrait les plus beaux couchers de soleil sur des vagues de brumes. Et si, par chance, il s’y trouvait au début de l’été, c’était la neige en pleine lumière, la neige de juin déversée par les peupliers, et qui flottait sur les paysages comme des égratignures sur une bobine usée ».

C’est par ces mots empreints de poésie et de tendresse que Fifi Abou Dib évoque une amitié de 40 ans avec Jabbour Douaihy, l’un des plus grands écrivains libanais contemporains disparu le 23 juillet 2021 à 72 ans. Son témoignage intervient à l’occasion d’un hommage rendu à l’écrivain pour marquer la parution en français, à titre posthume, de son dernier roman « Il y avait du poison dans l’air » (Actes Sud collection Sindbad, traduit par Stéphanie Dujols).

Après la « tempête blanche » de Amr Diab samedi dernier sur la scène du Waterfront Arena au centre-ville de Beyrouth où plus de 20 000 personnes ont dansé et chanté avec la star de la pop égyptienne, cette fin de semaine verra culminer les célébrations de la Fête de la musique entamées le 14 juin - 35 concerts, sur neuf jours de festivités, dans 14 villes du pays - et qui s’achèvent en apothéose les 20, 21 et 22 juin. Des festivités qui (d)étonnent avec les menaces de guerre tous azimuts ?

« Il n’y a pas de paradoxe à l’organiser (la fête, NDLR) dans un contexte conflictuel, mais a contrario elle offre un espace de respiration indispensable », répond la directrice de l’Institut français du Liban et conseillère de coopération et d’action culturelle, Sabine Sciortino, en ajoutant que « la crainte que l’événement ne se tienne pas cette année a été promptement dissipée par l’IFL ».

Perspective de guerre ou pas, la journaliste française Claire Chazal, elle, n’a pas vu de paix à l’horizon, lorsqu’en 1995, elle couvre les obsèques, à Jérusalem, du Premier ministre israélien Yitzhak Rabin, assassiné à Tel-Aviv par un militant d’extrême droite.

En attendant, ou pas, les gros tambours, une autre tempête souffle sur le Conservatoire national de musique où un vent de révolte amène avec lui des démissions et des invalidations des décisions de la directrice par intérim Hiba Kawas.

Bonne lecture !

Maya Ghandour Hert

Cheffe du service culturel

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