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Politique - Conseil des ministres

Le gouvernement libanais approuve l’extradition vers la France d’un narcotrafiquant

L’escalade de la violence au Liban-Sud, le dossier des réfugiés syriens et une demande de libération de Georges Ibrahim Abdallah font partie des autre sujets abordés par le Conseil des ministres.

Le gouvernement libanais approuve l’extradition vers la France d’un narcotrafiquant

Le Premier ministre sortant Nagib Mikati au cours de la réunion du Conseil des ministres vendredi. Photo ANI

Une réunion du Conseil des ministres a eu lieu vendredi au Grand Sérail, au cours de laquelle il a notamment été décidé d’extrader le narcotrafiquant français Abdel Karim Touil. L’escalade de la violence au Liban-Sud, le dossier des réfugiés syriens ou encore une demande de libération de Georges Ibrahim Abdallah font partie des autre sujets abordés pendant cette réunion. 

Abdel Karim Touil est un narcotrafiquant d’origine tunisienne de 38 ans qui avait été arrêté en mars à l’Aéroport international de Beyrouth. Surnommé « le Professeur », il fait l’objet d’un mandat d’arrêt émis par la France, via une notice rouge Interpol. Il a été condamné par contumace en octobre 2023 pour sa participation à l’importation de 720 kilos de cocaïne, dissimulés dans une cargaison de bois venant du Brésil. Avant d’arriver au Liban, il avait été interpellé à Dubaï puis libéré.

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Dans le même temps, le gouvernement « a demandé à la France de libérer Georges Ibrahim Abdallah, qui a purgé sa peine », a indiqué une source gouvernementale. Il s’agit de l’un des plus vieux détenus de France, condamné à perpétuité en 1987 pour complicité d’assassinat de diplomates américain et israélien. Âgé aujourd’hui de 73 ans, il est libérable depuis 1999, mais a vu ses neuf demandes de libération conditionnelle rejetées, la dernière en 2015. La dixième demande a été déposée au tribunal d’application des peines de Paris le 8 juin. Sa défense et ses soutiens voient la main du gouvernement américain derrière son maintien en détention, et rappellent que Washington (partie civile à son procès en 1987) s’est systématiquement opposé à ses demandes de libération.

Georges Ibrahim Abdallah avait été arrêté à Lyon en 1984 et condamné à la réclusion criminelle à perpétuité après avoir été reconnu coupable de complicité dans l’assassinat à Paris en 1982 de deux diplomates, l’Américain Charles Ray et l’Israélien Yacov Barsimantov, et dans la tentative d’assassinat du consul général des États-Unis, Robert Homme, à Strasbourg en 1984.


Application « totale » de la 1701

La réunion gouvernementale a aussi été marquée par une déclaration du Premier ministre sortant Nagib Mikati sur le Liban-Sud. Celui-ci a qualifié les attaques israéliennes, au lendemain d’un raid meurtrier à Jennata et Deir Kanoun el-Nahr, dans le caza de Tyr, d’« agression destructrice et terroriste à laquelle la communauté internationale doit mettre un terme », assurant que le Liban « compte s’en remettre aux institutions internationales concernées ». Il a réitéré « l’engagement du Liban à une application totale de la résolution 1701 ».

Nagib Mikati a exprimé l’espoir que la résolution 2732 du Conseil de sécurité de l’ONU (adoptée le 31 mai 2024), qui comporte une feuille de route destinée à mettre un terme au conflit à Gaza, « sera mise en application au plus vite afin d’éviter une guerre généralisée dans la région ».

Les ministres ont ensuite approuvé au cours de la réunion les décrets de promotion des officiers. Mais aucun consensus n’a été trouvé autour d’une proposition du ministre des Finances Youssef Khalil portant sur l’octroi d’un bonus de productivité à l’intention des fonctionnaires du cadastre, selon l’agence al-Markaziya.


Les réfugiés syriens

Le premier point de l’ordre du jour de la réunion était consacré à la présentation d’une étude préparée par la Banque mondiale sur l’impact de la crise syrienne sur le Liban. Selon les précisions fournies par le service de presse de l’organisation internationale, ce rapport n’a pas encore été rendu public et ne se limite pas à la question des déplacés syriens au Liban, un sujet qui fait régulièrement la une de l’actualité depuis l’assassinat en avril d’un responsable politique local par un gang venu de Syrie.

Répondant à une question sur le sujet pendant son point de presse, le ministre sortant de l’Information Ziad Makari a indiqué que les données que le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) au Liban a remises à l’État libanais étaient « incomplètes » et qu’il manquait notamment une « composante essentielle », à savoir « la date d’entrée de ces réfugiés sur le territoire libanais ».

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M. Makari a précisé que la Sûreté générale a élaboré un plan qui se base sur un accord signé avec le HCR depuis 2003, et qu’elle va poursuivre son application en coopération avec l’armée, chargée de garder les frontières, « parce que tout réfugié qui est renvoyé chez lui pourrait retourner » au Liban. Le ministre a réitéré l’importance de coordonner avec l’État syrien à ce propos.

Pour rappel, Damas a récemment jugé que la gestion par le gouvernement libanais de la question des réfugiés syriens « n’était pas assez sérieuse, en raison de l’absence d’un fonctionnaire ou d’un représentant direct de l’État libanais, ou même d’un comité pour traiter ce dossier et atteindre les résultats souhaités », selon des propos du Premier ministre syrien Hussein Arnous rapportés par le ministre libanais sortant de l’Énergie et de l’Eau Walid Fayad, qui s’est récemment rendu en Syrie.

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Le dialogue pour la présidence et les parcs solaires

Selon le ministre de l’Information, Nagib Mikati a aussi abordé la question de la vacance présidentielle, à l’occasion du passage d’un an jour pour jour depuis la dernière séance parlementaire dédiée à l’élection. « Il y a un quasi-consensus sur le fait que le dialogue est le meilleur moyen d’arriver à l’élection d’un président et ramener la stabilité et l’efficacité des institutions publiques », a-t-il dit. Il a appelé toutes les parties « à se solidariser afin de faire face aux défis qui menacent le pays », en élisant au plus vite un chef de l’État.

Il a également abordé les complications qui entourent la question de la construction de parcs solaires proposée par TotalEnergies et Qatar Energy, à la base d’une polémique fin mai entre le ministre sortant de l’Économie Amine Salam et Walid Fayad. 

Dans une déclaration à la presse fin mai, Amine Salam avait assuré que « la classe politique libanaise, la filière des distributeurs de carburant et les propriétaires de générateurs privés avaient bloqué une offre du Qatar prévoyant de construire trois centrales électriques produisant de l’énergie renouvelable » (probablement des parcs solaires) totalisant 450 mégawatts-crêtes. Selon Amine Salam, le Qatar avait fait cette proposition en 2023 mais n’a pas reçu de réponse du Liban depuis. Walid Fayad a affirmé à plusieurs reprises que la proposition du Qatar portait en réalité sur un parc plus modeste de 100 MW qui ne permettrait de fournir que « 15 ou 30 minutes de courant par jour », déployé via un contrat de type « build-own-operate ».

Nagib Mikati a estimé au cours de la réunion que la polémique autour de cette proposition est entachée de « populisme » et ajouté que son éventuelle mise en œuvre devait se faire dans les règles.

Une réunion du Conseil des ministres a eu lieu vendredi au Grand Sérail, au cours de laquelle il a notamment été décidé d’extrader le narcotrafiquant français Abdel Karim Touil. L’escalade de la violence au Liban-Sud, le dossier des réfugiés syriens ou encore une demande de libération de Georges Ibrahim Abdallah font partie des autre sujets abordés pendant cette...
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Georges Ibrahim Abdallah, maronite converti à l’islam lors de sa détention, ancien militant et soutien de la cause palestinienne se trouvait seul sans un soutien de poids durant son incarcération. Dire : "Sa défense et ses soutiens voient la main du gouvernement américain derrière son maintien en détention", c’est laisser croire que la justice française n’est pas indépendante, sous ordre des américains, et ce n’est pas pour cette raison qu’aucun président français n’a signé sa libération. Il a purgé sa peine,comme bien d’autres,qu’il rentre où au Liban pour reprendre son activité politique…

NABIL

19 h 40, le 14 juin 2024

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  • Georges Ibrahim Abdallah, maronite converti à l’islam lors de sa détention, ancien militant et soutien de la cause palestinienne se trouvait seul sans un soutien de poids durant son incarcération. Dire : "Sa défense et ses soutiens voient la main du gouvernement américain derrière son maintien en détention", c’est laisser croire que la justice française n’est pas indépendante, sous ordre des américains, et ce n’est pas pour cette raison qu’aucun président français n’a signé sa libération. Il a purgé sa peine,comme bien d’autres,qu’il rentre où au Liban pour reprendre son activité politique…

    NABIL

    19 h 40, le 14 juin 2024

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