La surfeuse Carissa Moore lors de l’étape de Gianyar, en Indonésie, du circuit mondial, le 24 mai 2019. Sonny Tumbelaka/AFP
Même sans Kelly Slater, l’équipe américaine de surf se présentera aux JO à Teahupo’o (Tahiti), avec une armada : une « dream team » dont tous les membres « peuvent gagner la médaille d’or », résume l’Américain Griffin Colapinto, n° 2 mondial.
« On a vraiment une équipe de rêve, c’est clair. Tous les surfeurs de l’équipe américaine peuvent gagner la médaille d’or, ça va être génial. Ce seront mes premiers Jeux olympiques, donc je suis vraiment impatient », a déclaré le surfeur de 25 ans.
Sur la terrible vague de Teahupo’o, dont la traduction littérale en tahitien signifie « mur de crânes », les États-Unis débarquent, pour la 2e apparition du surf aux JO, avec une équipe parfaitement taillée pour gagner, comme leurs homologues du basket.
D’un côté, trois jeunes loups ambitieux au top de leur forme : Griffin Colapinto et les prodiges Caitlin Simmers (n° 2 mondiale à seulement 18 ans) et Caroline Marks (n° 5 et victorieuse au Tahiti Pro en 2023 à 21 ans).
De l’autre, deux Hawaïens habitués des grosses vagues, qui ont écrasé la concurrence pendant des années : John John Florence (31 ans, deux fois champion du monde en 2016 et 2017, n° 1 mondial) et Carissa Moore (31 ans, cinq fois championne du monde et championne olympique en titre).
Un endroit spécial
« J’ai de sacrés coéquipiers (...) tout le monde a un rôle à jouer », reconnaît Carissa Moore, qui s’est retirée du tour pro cette année pour se reposer et se préparer uniquement à l’échéance olympique.
Considérée comme l’une des meilleures surfeuses de l’histoire, elle a passé tout le mois de mai à Tahiti pour mieux « se connecter » aux tubes translucides offerts par Teahupo’o et à l’environnement quasiment mystique du village du bout de la route, tout au sud-ouest de l’île.
« C’est vraiment un endroit spécial, c’est une belle vague. Je ne me sens pas encore assez connectée avec elle, donc plus je passe du temps ici, mieux c’est », explique la surfeuse originaire de Honolulu, où elle a commencé le surf en compétition à six ans.
Géné par les blessures pendant plusieurs années, son compatriote John John Florence a repris du poil de la bête sur le tour pro en 2024 et fait de plus partie des surfeurs qui ont le plus d’expérience sur les tubes de « la mâchoire de Hava’e ».
« J’étais vraiment très excité quand Teahupo’o a été choisie pour les JO, car c’est une des meilleures vagues du monde. Cela va être une expérience incroyable », s’enthousiasme Florence, venu surfer dessus pour la première fois à 14 ans.
Sans Slater
« Si les conditions sont bonnes et qu’on a droit à un gros Teahupo’o, cela se jouera probablement à celui qui a le moins peur », rigole ce jeune père de famille à la chevelure blonde et bouclée, qui s’est incliné en finale du Tahiti Pro en 2024.
Florence et Colapinto ont barré la route de la qualification aux JO à la légende du sport Kelly Slater, onze fois champion du monde et qui, à 52 ans, rêvait encore d’un dernier exploit à Tahiti, où il a gagné à cinq reprises sur le tour, un record.
Mais même sans le « King Kelly », « cette équipe est incroyable », juge le commentateur officiel du tour pro depuis 2007 Joe Turpel, considéré comme « la voix du surf » avec plus de 100 événements au compteur.
Du 27 juillet au 5 août à Tahiti, le Brésil, nation dominante du surf depuis une décennie, semble être le seul pays capable de résister à l’armada américaine. Mais les Français Kauli Vaast et Vahine Fierro, deux enfants de Teahupo’o, auront aussi leur carte à jouer si les conditions sont au rendez-vous.
Source : AFP


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