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Faire danser Beyrouth, à tout prix

Chère lectrice, cher lecteur,

Dans un théâtre al-Madina archicomble (de nombreux jeunes étudiants sont assis à même les marches), devant un public pantois, cinq danseurs, trois filles et deux garçons, vêtus de noir et pieds nus, présentent un éblouissant tableau de danse contemporaine. Conquis par tant de maestria, les spectateurs applaudissent à tout rompre la compagnie Akram Khan, venue du Royaume-Uni présenter un spectacle - nommé Kaash - entré dans les annales. Comme de nombreux autres programmés par le Festival Bipod au cours de ses deux décennies d’existence.

« J’ai lancé ce festival parce que je savais que, malheureusement, si je ne m’en occupais pas personnellement, personne ne l’aurait jamais mis sur pied. J’en suis très heureux, cela va sans dire, mais je me suis occupé seul d’absolument toute l’organisation. Je ne pense pas pouvoir tenir ce rôle au-delà de la deuxième année. »

Le 22 avril 2004, Diala Gemayel rapportait le témoignage du chorégraphe, danseur et fondateur du festival Bipod Omar Rajeh, en y mettant son grain de sel, bien évidemment. Elle décrivait ainsi le commentaire de « franc, sans ambages et qui en dit long sur la force d’inertie généralisée qui gangrène particulièrement le domaine artistique local. »

« Il n’en reste pas moins que « Beirut International Dance Platform » existe désormais, et cela est une excellente chose », conclut la journaliste qui avait flairé le succès de cette entreprise. Car oui, Omar Rajeh a duré au-delà de la deuxième année. Il fête aujourd’hui, avec sa compagne et directrice du festival Mia Habis, le 20ème anniversaire du festival.

Faire danser Beyrouth, à tout prix en était le pari initial. Qui résonne toujours avec autant de justesse et de détermination, aujourd’hui plus que jamais.

Entrons dans la danse, donc, 16 au 21 avril à Abroyan Factory/Union Marks, au musée Sursock, à Station Beirut et à l’Institut français.

Bonne lecture !

Maya Ghandour Hert

Cheffe du service culturel 

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