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Plus de streaming mais pas moins de télé : une nouvelle ère pour TF1

Plus de streaming mais pas moins de télé : une nouvelle ère pour TF1

La nouvelle équipe de « Plus belle la vie, encore plus belle » qui sera de retour le lundi 8 janvier sur TF1 : Anne Decis, Diane Dassigny, Iñaki Lartigue, Johanna Boyer, Laurent Kerusoré, Léa François, Lola Maroix, Moon Dailly et Stéphane Hénon. © Crédit photo : Thomas Braut/NEWEN/TF1.

Une plateforme de streaming gratuite, une matinale événement et le nouveau Plus belle la vie, tous lancés lundi : la grosse rentrée de TF1 illustre la révolution qui secoue le secteur, contraint d’évoluer sans pour autant abandonner la télé à l’ancienne.

Cette journée donnera « le signal de départ d’une ambition renouvelée » pour la première chaîne d’Europe, a assuré le PDG du groupe TF1, Rodolphe Belmer, fin décembre devant la presse.

Côté programmes, ce lundi marquera le début de la matinale Bonjour !, présentée par Bruce Toussaint de 07h à 09h30, puis le retour de la série Plus belle la vie (13h40), plus d’un an après son arrêt sur France 3.

Côté streaming, TF1 lancera sa nouvelle plateforme, TF1+, au contenu enrichi (films, séries, divertissements, info...) et disponible plus longtemps.

Vouée à remplacer l’ancienne, MyTF1, cette plateforme sera gratuite, mais des pubs seront présentes avant et pendant les programmes. Pour les éviter, il faudra s’abonner à 5,99 euros par mois.

Selon M. Belmer, TF1+ proposera 15 000 heures de contenus, moins que le leader du streaming payant Netflix (« 40 000 ») mais environ autant que les autres géants américains, Disney+ et Prime Video (Amazon).

Tous ces lancements traduisent « deux ambitions fortes », a insisté le dirigeant : « En même temps qu’il se déploie sur le digital et le streaming, le groupe ne lâche pas sur le linéaire », c’est-à-dire la télé consommée en temps réel, à l’ancienne, et non à la demande.

« On avance sur deux jambes », a renchéri auprès de l’AFP le directeur général adjoint du groupe TF1 pour l’information, Thierry Thuillier.

Fuite des jeunes

Après la mort début 2023 de leur plateforme commune, Salto, développer le streaming est l’objectif des grandes chaînes.

TF1 et M6 le martèlent depuis l’échec de leur fusion en 2022, comme le groupe public France Télévisions, qui détaillera ses « ambitions numériques » le 11 janvier.

Cela part d’un constat implacable : les jeunes regardent de moins en moins la télé. Entre 2008 et 2022, sa consommation quotidienne a baissé de 29 % chez les 15-49 ans, soulignait mi-septembre Roch-Olivier Maistre, président du régulateur de l’audiovisuel, l’Arcom. « L’âge moyen des téléspectateurs est passé de 47 à 57 ans sur la même période », avait-il ajouté au Festival de La Rochelle, rendez-vous de rentrée du secteur. Pour 2023, le temps que les 15-34 ans passent chaque jour devant la télé est tombé à 1h17, contre 2h37 en 2013, selon les chiffres dévoilés mardi par Médiamétrie.

Chez les 25-49 ans, cible privilégiée des annonceurs publicitaires, plus du tiers des programmes longs regardés aujourd’hui l’est « à la demande », contre 19 % en 2019, a également noté M. Belmer. « Cela va passer à 50 % environ en 2027 », et cette « bascule » est même « déjà faite » chez les 15-25 ans, a-t-il relevé.

Autre chiffre frappant, « plus de 50 % des foyers français sont désormais abonnés à au moins un service de vidéo à la demande par abonnement », selon M. Maistre.

Un changement des usages amplifié par l’essor des Smart TV, téléviseurs directement connectés à internet, qui favorisent la consommation à la demande.

La grosse rentrée de TF1 illustre la révolution qui secoue le secteur, contraint d’évoluer sans pour autant abandonner la télé à l’ancienne. Ludovic Marin/AFP

Les milliards de la pub

Pour les chaînes gratuites, historiquement financées par la pub, les enjeux sont énormes. « Le marché de la publicité télé linéaire est stagnant, autour de 3,3 milliards d’euros », a expliqué M. Belmer. Parallèlement, celui de la pub apposée sur la consommation audiovisuelle à la demande est estimé à « 2 milliards d’euros en 2023 » et devrait monter à « 4 milliards » en 2027. « C’est ça l’enjeu économique pour nous : aller capter une partie de ce marché », a-t-il développé.

Mais si les chaînes préparent l’avenir avec le streaming, elles ne peuvent pas balayer d’un revers de main leur modèle traditionnel... et les recettes qui vont avec.

« La télé linéaire, c’est ce qui va nous faire vivre encore pendant longtemps », avait prévenu le patron de M6, Nicolas de Tavernost, en présentant la nouvelle grille cet été.

« Le présent et l’avenir à très court terme, c’est consolider le TF1 tel qu’on le connaît », abonde Thierry Thuillier.

Reste à savoir si la montée en régime des chaînes sur le streaming gratuit gênera les géants du payant.

« La question n’est pas naïve, elle est centrale », juge Philippe Bailly, directeur du cabinet spécialisé NPA Conseil.

Car si Netflix et consorts proposent des programmes maison exclusifs, l’autre partie de leur offre est du contenu ancien, qu’ils ne produisent pas mais qu’ils ont acheté. Selon M. Bailly, c’est sur ce segment que les plateformes gratuites pourraient conquérir des spectateurs.

Paul RICARD et

Aurélie CARABIN/AFP

Une plateforme de streaming gratuite, une matinale événement et le nouveau Plus belle la vie, tous lancés lundi : la grosse rentrée de TF1 illustre la révolution qui secoue le secteur, contraint d’évoluer sans pour autant abandonner la télé à l’ancienne.Cette journée donnera « le signal de départ d’une ambition renouvelée » pour la première chaîne d’Europe,...

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