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Culture - Sortir à Beyrouth

Voir, écouter, visiter : que faire cette semaine si on a envie de culture

Parmi les nombreux événements culturels de la semaine, « L’OLJ » vous propose sa sélection à ne pas rater. 

Voir, écouter, visiter : que faire cette semaine si on a envie de culture

Deux princes de l’« entertainement » à la libanaise, Michel Fadel et Guy Manoukian. Photos DR

EXPOSITION

Aller admirer « Le Petit Prince de Gaza » à la Fondation Dalloul

« The Little Prince of Gaza » exposé à la Fondation Dalloul. Photo DR

Paul Klee disait : « L’art ne reproduit pas le visible, il rend visible. » C’est en quelque sorte ce que vise la Fondation d’art Ramzi et Saeda Dalloul, qui organise en collaboration avec le musée palestinien de Bir Zeit (Cisjordanie) une exposition en hommage aux enfants de Gaza. Comme un mémorial poignant dédié aux plus de 8 000 jeunes vies victimes innocentes d’un conflit barbare. Cette exposition, centrée sur la thématique palestinienne de la collection Dalloul, présente notamment une sculpture en bronze de Chaouki Choukini intitulée justement Small Prince. Child of Gaza. Exécutée en 2010 par l’artiste libanais résidant en France, elle est inspirée d’un événement tragique survenu dix ans auparavant, lors de la seconde intifada dans les territoires occupés : le 30 septembre 2000, le cameraman palestinien Talal Abou Rahma a filmé la vidéo d’un père, Jamal al-Durrah, essayant de protéger son fils Mohammad, 12 ans, des balles qui tombaient sur eux. Le jeune garçon avait déjà été blessé pendant le tournage et il est décédé peu après. Cette pièce forte, qui rappelle, s’il le faut, les atroces souffrances que vit depuis des décennies le peuple palestinien, a valu à Chaouki Choukini le prix de la Fondation Taylor. Elle a aussi été présentée dans le cadre de l’exposition « Lumières du Liban » organisée par l’Institut du monde arabe (IMA) en 2021. Elle vaut certainement le déplacement.

À Beyrouth, Koraytem, imm. White Tower. Des tours guidés sont programmés les mardis et jeudis de 11h à 12h et de 15h à 16h. Réservations au 01/791229.

VISITE GUIDÉE 

Fondation Charles Corm, un gratte-ciel pour le poète

Construite en 1928, la maison Corm a longtemps été la plus haute bâtisse de Beyrouth. Photo Carla Henoud

C’est une maison qui ne ressemble à aucune autre que l’on vous invite à découvrir. Une bâtisse blanche à l’allure d’ancien gratte-ciel new-yorkais que le grand poète Charles Corm (1894-1963) avait fait construire en 1928 dans le périmètre de la rue de Damas, face au Lycée français. Érigée au départ pour abriter le showroom et l’atelier d’assemblage des voitures Ford dont il fut le tout premier concessionnaire au Liban et dans toute la région du Levant, cet espace industriel avait été réaménagé en 1939 en résidence privée par l’auteur de La Montagne inspirée, qui a choisi d’abandonner les affaires pour se consacrer uniquement à l’écriture, la poésie et la famille.

Visiter sa demeure transformée aujourd’hui en fondation culturelle, c’est entrer dans le musée de sa vie riche de multiples facettes. En déambulant dans les étages et les différentes salles de ce lieu singulier qui, après avoir été saccagé durant la guerre, a été reconstitué par les fils du poète tel qu’il était de son vivant, vous y découvrirez aussi bien une automobile Ford T Touring de 1923 – l’un des premiers modèles qu’il avait introduits au Liban – que l’impressionnante bibliothèque, le bureau Art déco et les objets particuliers de celui qui fut également le fondateur en 1919 de La Revue phénicienne, la première publication francophone du pays du Cèdre. Mais aussi l’esprit universel du maître des lieux, à la fois mécène du sculpteur classique Youssef Hoyek et mordu de mobilier design avant-gardiste, ainsi qu’en témoigne son décor de vie parsemé de créations mobilières emblématiques du Bauhaus signées Marcel Breuer ou Ludwig Mies van der Rohe.

Visites (non payantes) sur rendez-vous. Tél. : 03/35 1471.

ATELIER DE PEINTRE

Découvrir le nouvel atelier de Tom Young à Gemmayzé

Une peinture de Tom Young représentant la rue Gouraud et l’immeuble blanc, au centre, où il a installé son atelier.

C’est sans doute le plus Libanais des sujets de sa Majesté. Tom Young, qui vit au Liban depuis 15 ans, est un amoureux inconditionnel de ce pays, de sa nature et surtout de son patrimoine architectural. Après avoir longtemps trimbalé son chevalet d’anciennes demeures beyrouthines abandonnées en grands hôtels ravagés par la guerre, pour en garder traces et mémoire dans ses huiles sur toile, le voilà qui se sédentarise. Car il vient juste d’installer son atelier-galerie de peinture au deuxième étage d’un immeuble ancien de la rue Gouraud, jouxtant la galerie Art District. Le peintre anglais y reçoit les visiteurs désireux de le voir à l’œuvre, tout en découvrant les toiles des différentes séries qu’il a réalisées ces dix dernières années. Depuis celle de Villa Paradiso à Gemmayzé – transformée aujourd’hui en demeure du chef de la Délégation européenne – à la célèbre Maison rose surplombant la corniche du bord de mer, jusqu’à ses vues panoramiques des vieux quartiers de la ville, en passant par le Grand Hôtel Sofar, le Holiday Inn ou encore les vestiges du hammam de Saïda. Celui qui s’immergeait plusieurs mois dans chacun de ces lieux pour mieux en capter l’âme et la restituer par son pinceau a largement contribué à sensibiliser à la préservation de certains d’entre eux. Outre le charme de ses toiles, il faut aller l’écouter vous raconter, avec passion, ses histoires du passé du Liban glanées au fil de ses aventures picturales.

Jusqu’au 14 janvier, du mardi au dimanche, de 12h à 18h. 

CONCERTS

Michel Fadel au Casino et Guy Manoukian aux Souks 

Deux princes de l’« entertainement » à la libanaise, Michel Fadel et Guy Manoukian. Photos DR

Les 27 et 28 décembre, au Casino du Liban, c’est à une « Soirée aal libnani » (à la libanaise) que Michel Fadel invite ses très nombreux fans. Organisés par 2U2C et Star System, ces deux concerts battent la mesure d’un amour affirmé haut et fort pour le Liban.

Après sa récente collaboration avec Kazem es-Saher dont il a signé les arrangements musicaux du nouvel album, le musicien, compositeur et « pianiste aux doigts d’or » s’entoure d’un orchestre de trente musiciens, invite des guest stars à la fête et promet des airs patriotiques au menu (billets chez Ticketing).

Durant l’été 2023, il a fait presque tous les festivals au Liban. Beiteddine, Byblos, Casino du Liban, Qobeïate... C’est que Guy Manoukian, surnommé par L’OLJ « l’antidéprime idéal des Libanais », ne déçoit jamais son public. Musique entraînante, chansons tirées du patrimoine musical libanais ou arménien, avec de larges incursions de hits occidentaux, le pianiste qui a collaboré avec Wyclef Jean, 50 Cent, Diams, Raul Di Blasio et les Gipsy Kings est au programme du festival Beirut Chants dont il anime la soirée de clôture le 23 décembre dans les Souks de Beyrouth (entrée libre). 

MUSIQUE

Les couleurs indiennes du chœur de l’USJ

La cheffe du chœur de l’USJ Yasmina Sabbah. Photo DR

Un programme qui sort des sentiers battus, mettant en avant une musique « crossover » entre les styles classiques indiens et occidentaux. Voilà ce que promet le chœur de l’Université Saint-Joseph (USJ) pour un concert ce jeudi 21 décembre dont la première partie est consacrée à la magnifique œuvre de Reena Esmail intitulée This Love Between Us. Cette pièce célèbre l’unité en harmonisant les paroles de sept grandes traditions religieuses de l’Inde, créant ainsi une fusion musicale unique qui marie les styles classiques indiens et occidentaux. « C’est une œuvre d’une beauté remarquable et d’une grande sensibilité », souligne la cheffe du chœur Yasmina Sabbah.

La seconde partie du concert se veut joyeuse, entraînante et vive, mettant en vedette les grands succès cinématographiques d’A.R. Rahman. Ce compositeur oscarisé a enchanté les auditeurs du monde entier avec plus de 100 musiques de film, vendant plus de 300 millions de disques. En Inde, il a été récompensé par de nombreux prix Filmfare, tandis qu’au niveau international, il a brillé aux Oscars et aux Grammy Awards grâce à sa composition pour le film Slumdog Millionaire.

En plus des compositeurs, le concert mettra également en vedette le sitariste Asad Khan et le joueur de tabla Sahil Khan, accompagnés par l’Orchestre des jeunesses musicales du Liban dirigé par Sabbah.

Le 21 décembre 2023 à 20h30 à l’église Saint-Joseph des pères jésuites, Monnot. Entrée libre.

PHOTO

« Les Indisciplinés » chez Kintsugi

Une œuvre photo des « Indisciplinés ». Photo DR

C’est en 2018 que l’architecte et photographe Anthony Saroufim, par ailleurs un oiseau des nuits beyrouthines, lance un projet photographique hybride qu’il choisit de baptiser « Les Indisciplinés ». Cela aurait également pu s’appeler « Les Indomptés », tant son initiative aura, au fil des dernières années, servi de cartographie aux nuits indomptables de Beyrouth qui, par on ne sait quel miracle, continuent de l’être. À travers des expériences personnelles ou partagées, c’est à la force de son appareil lui délivrant au petit matin des photos en noir et blanc, contrastées et frontales, que Saroufim n’a cessé de documenter ses soirées et, au passage, les possibilités infinies qui se déploient à la tombée du jour. Des baisers volés, des fins de nuit sur un lit froissé, des peaux qui se frôlent quand les lumières s’estompent, des corps qui bougent jusqu’au lever du jour… comme autant de moments reconstituant le paysage des nuits de chez nous et qui, dès cet après-midi, seront exposés à l’hôtel Kintsugi à Mar Mikhaël. Car, dans le fond, quoi de mieux que cet écrin, conçu par un autre oiseau de nuit, Olivier Gasnier Duparc, à qui l’on doit, entre autres, la conception du Behind the Green Door (un pilier de la nightlife libanaise entre 2008 et 2015), pour accueillir l’exposition des « Indisciplinés » qui se prolongera jusqu’au 21 janvier 2024. Et pour compléter ce projet, une soirée aura lieu chez Kintsugi le 24 décembre, juste après minuit.

DESIGN

« Rétro Couture » chez Nada Debs


De Noël en Noël, la designer emblématique Nada Debs organise un rendez-vous devenu incontournable au fil du temps, en ouvrant les portes de son studio situé rue Gouraud. C’est ici même que naissent les pièces qui ont marqué sa signature et ont fait d’elle, en l’espace de vingt ans, l’une des pionnières de la scène du design libanais. Pour cette édition annuelle, Debs reste fidèle au vocabulaire qui sous-tend son travail, à savoir un artisanat unique qu’elle réussit comme personne à inscrire dans le présent. Elle propose ainsi sa collection Rétro Couture qui, explique-t-elle, « célèbre la chaleur, l’audace et la nature fantaisiste du style rétro. Il s’agit d’introduire l’expérience couture dans le monde de l’ameublement, en créant des pièces qui racontent une histoire et invitent les individus à embrasser le côté ludique du design ». Dans le langage de la créatrice, le terme couture vient donc souligner la précision et l’attention mises en œuvre dans la confection de chacune des pièces de cette collection où, sur des dos de lit, des pieds de lampe ou des tables basses, les motifs géométriques symptomatiques du style Nada Debs sont adoucis par des couleurs pastel allant du pêche aux marrons en passant par le rose. Mais plus qu’une simple ligne de meubles, l’open studio de Nada Debs, qui a eu lieu hier et se prolonge le long des fêtes, expose une chambre à coucher et une salle à manger avec les meubles de Rétro Couture, histoire de plonger dans les inimitables codes du studio.


THÉÂTRE

Le « gaming » mis en scène au Madina


L’affiche de la pièce « Over Gaming » de Sara Zein. Photo DR

Les 21, 22 et 23 décembre à 20h, au théâtre al Madina, à Hamra, Over Gaming, une pièce écrite et mise en scène par Sara Zein, propose une réflexion, comme son nom l’indique, sur l’univers des jeux vidéo.

L’histoire se déroule dans un monde où, comme l’indique aussi la note d’intention, « les frontières entre la mémoire humaine et les données robotisées se sont estompées, où la sphère numérique exerce une influence fascinante sur nos âmes et où le jeu, jadis divertissant, a évolué en une aventure dangereuse qui menace notre être ».

Une thématique rarement exposée dans une œuvre théâtrale libanaise et qui met en scène des personnages se trouvant entre deux mondes parallèles, le monde tangible connu sous le nom de réalité et la sphère virtuelle qui balaie cette réalité. Une interrogation essentielle sur les dérives de l’existence virtuelle qui mérite de s’y attarder. Avec Sandy Chamoun, Souha Nader et Mounzer Baalbaki. Sur une musique de Farah Kaddour et Khaled Allaf et une scénographie de Karam Abou Ayache.

Billets chez Antoine Ticketing.

EXPOSITIONAller admirer « Le Petit Prince de Gaza » à la Fondation Dalloul« The Little Prince of Gaza » exposé à la Fondation Dalloul. Photo DRPaul Klee disait : « L’art ne reproduit pas le visible, il rend visible. » C’est en quelque sorte ce que vise la Fondation d’art Ramzi et Saeda Dalloul, qui organise en collaboration avec le musée palestinien de Bir Zeit (Cisjordanie) une...
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Abdallah Barakat

03 h 29, le 21 décembre 2023

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  • Nuls

    Abdallah Barakat

    03 h 29, le 21 décembre 2023

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