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Culture - Installation

Quand Chérine Yazbeck revient sur les lieux du crime au port de Beyrouth

Moult documents à l'appui – vidéos, photos, intelligence artificielle  et récits –, l'artiste revient sur les traces de l'explosion au port de Beyrouth un certain 4 août 2020.

Quand Chérine Yazbeck revient sur les lieux du crime au port de Beyrouth

Un montage de photos prises par Chérine Yazbeck au pied des silos du port de Beyrouth en 2020. Photo DR

C’est au premier étage de l’immeuble Tabbal, rue Sursock à Beyrouth, que l’artiste et journaliste Chérine Yazbeck présente son « enquête » visuelle intitulée The Beirut Blast & Other Stories (L’explosion de Beyrouth et autres histoires) en collaboration avec Art Design Lebanon à partir du vendredi 15 décembre et jusqu'au 6 janvier 2024. 

À travers cette exposition qui comprend neuf chapitres distincts, l’artiste et journaliste souhaite transcender le rôle de l’art en tant qu’observateur passif afin d’en faire un « récit vivant, un pont entre le passé et le présent, et un hommage à la force et à la résilience de l’esprit humain face au plus grand drame et au plus grand traumatisme de l’histoire récente du Liban ».

Pour arriver à cet objectif, elle documente et commente l’explosion au port de Beyrouth le 4 août 2020 par le biais de récits documentaires, de photographies médico-légales, de modélisations architecturales, de collages, d’installations audio, d’images satellite, de vidéos générées par l’IA et d’autres médias. Une sorte de voyage profond à travers le traumatisme, le chagrin et la résilience, en réfléchissant au pouvoir et à l’objectif de l'expression artistique.

L’exposition comprend également une vidéo composée de récits factuels, d’interviews et d’images d’archives. Les chapitres suivants présentent une installation de 21 photographies prises au pied de la partie sud des silos et montrant les traces laissées par l'explosion ; des images satellite d’avant et d’après la destruction ; des modèles architecturaux du port ; et des œuvres d’art en carton et en collage réagissant à la dévastation. Sans oublier un documentaire de 30 minutes de Chérine Yazbeck, Port Blast Stories, qui raconte des histoires de famille de cinq personnes qui ont perdu la vie dans l’explosion.

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Un autre chapitre présente My Private Conversation, une installation audio immersive qui fait entendre les voix de quatre victimes de l’explosion au port de Beyrouth et raconte leur dernière journée. Dans une autre section, la vidéo Desaparecidos, générée par l'intelligence artificielle, explore le concept de disparition. La dernière section rend hommage à la résilience de la communauté de Beyrouth au lendemain de la tragédie, soulignant la force et la détermination des personnes qui ont refusé d'être définies uniquement par les événements du 4 août 2020.

L'exposition, qui se tient jusqu'au 6 janvier, a pour but de « réfléchir à la complexité de l’expérience humaine à la suite d'une catastrophe, ainsi qu’au pouvoir durable de l’expression artistique pour susciter l’empathie, l’introspection et la guérison ».

Un événement qui vise surtout à nous rappeler que même dans les moments les plus sombres, « l’art a le pouvoir d’illuminer et d’inspirer, offrant un chemin vers la guérison et la compréhension », comme le souligne Chérine Yazbeck.

Annie Vartivarian, directrice d’Art Design Lebanon, insiste de son côté sur le devoir collectif qu’est la commémoration. « Aujourd’hui, plus de trois ans après l’explosion au port de Beyrouth, il est plus vital que jamais que le Liban et le monde entier n’oublient pas ce terrible moment de l’histoire. » Rappelons que Art Design Lebanon (AD Leb) est une plateforme numérique et une galerie pop-up dédiée au soutien et à la présentation du travail d’artistes visuels et de designers libanais et internationaux. Fonctionnant comme une galerie sans murs, AD Leb est le projet pilote de Gaïa Fodoulian, qui a été tuée dans l’explosion au port de Beyrouth le 4 août 2020. Sa mère, Annie Vartivarian, mécène et galeriste, réalise ce projet en hommage à sa fille. Tous les bénéfices des activités d'AD Leb soutiennent la mission de l'association Gaïa Fodoulian.

C’est au premier étage de l’immeuble Tabbal, rue Sursock à Beyrouth, que l’artiste et journaliste Chérine Yazbeck présente son « enquête » visuelle intitulée The Beirut Blast & Other Stories (L’explosion de Beyrouth et autres histoires) en collaboration avec Art Design Lebanon à partir du vendredi 15 décembre et jusqu'au 6 janvier 2024. À travers cette exposition qui...

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