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Moyen-Orient - Économie

La Bank of Palestine en chiffres

Israël a enjoint la banque à changer de nom en 1967, lorsque l’État hébreu a envahi la bande de Gaza pendant la guerre des Six jours.

La Bank of Palestine en chiffres

Des employés palestiniens font la queue à un distributeur de billets à l'extérieur de la Banque de Palestine pour retirer leur salaire, en 2018. Photo d'archive. Mahmoud HAMS/AFP/Getty Images

La Bank of Palestine est le plus important groupe bancaire des territoires palestiniens. Alors que la bande de Gaza s’est transformée en champ de bataille depuis le début d’une nouvelle guerre entre le Hamas et Israël, l’enseigne a profité de la trêve conclue en novembre dernier pour évacuer l’équivalent de 50 millions de dollars américains en espèces de deux de ses agences situées dans le nord de l’enclave pour les rapatrier vers le sud, un peu plus épargné par les combats et les bombardements.

Bank of Palestine a été fondée en 1960 par Hachem Atta Chawa, grand-père de l’actuel PDG de la banque, Hachem Chawa. Dans un article publié en 2015, le Financial Times explique qu'Israël a enjoint la banque à changer de nom en 1967, lorsque l’État hébreu a envahi la bande de Gaza pendant la guerre des Six jours. Face au refus d'obtempérer de Hachem Atta Chawa, elle a dû fermer ses portes jusqu’en 1981 et une décision de la Cour suprême d’Israël en sa faveur.

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Aujourd’hui, la banque coexiste avec 12 autres enseignes – 6 locales et 6 étrangères - réparties entre la Cisjordanie occupée, Jérusalem-Est et la bande de Gaza, selon le rapport publié en juin dernier par l'Autorité monétaire palestinienne, qui joue le rôle de banque centrale. Quatre monnaies étrangères officiellement reconnues sont utilisées dans les territoires pour les transactions quotidiennes, dont le shekel, la devise israélienne.

Avant la guerre entre Israël et le Hamas, ces banques se partageaient un marché dont le PIB gravite autour de 19 milliards de dollars selon la Banque mondiale pour une population locale de 5,4 millions de personnes dans les différents territoires palestiniens – sans compter les plus de 9 millions de Palestiniens établis à l’étranger selon les statistiques du PCBS (le Bureau central palestinien des statistiques).

En mai dernier, l’Autorité monétaire palestinienne avait rapporté que le taux d’inclusion financière – les gens qui sont en âge et en capacité d’avoir un compte bancaire et qui en possèdent effectivement un – atteignait 50,9 % dans les territoires. Cette proportion est largement supérieure à celle du Liban, qui est passé de 45 % en 2017 à 21 % en 2021, selon le dernier rapport Global Findex de la Banque mondiale, publié en juin 2022.

Avec 73 agences et plus de 1.700 employés, bureaux et distributeurs automatiques à fin 2022, la Bank of Palestine était de loin la plus grande banque commerciale des territoires palestiniens avant la guerre, devant la Bank of Jordan et la Palestine Islamic Bank, avec 43 chacune, selon l’Autorité monétaire palestinienne. Elle est cotée à la bourse de Palestine depuis 2005. Son cours est passé d’environ 2,10 dollar à 1,80 depuis le début de la guerre.

Selon des données qu’elle publie, les revenus de la banque ont frôlé la barre des 300 millions de dollars en 2022, un total en hausse de 14 % en un an. Ses profits nets ont atteint 66,6 millions de dollars sur le même exercice (+18,5 %), tandis que les dépôts ont légèrement reculé (-0,7 %) pour attendre 5,27 milliards de dollars. 

La Bank of Palestine est le plus important groupe bancaire des territoires palestiniens. Alors que la bande de Gaza s’est transformée en champ de bataille depuis le début d’une nouvelle guerre entre le Hamas et Israël, l’enseigne a profité de la trêve conclue en novembre dernier pour évacuer l’équivalent de 50 millions de dollars américains en espèces de deux de ses agences...

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Au moins, eux, leurs banquiers ne sont pas des voleurs !

Michel Trad

00 h 42, le 12 décembre 2023

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Commentaires (1)

  • Au moins, eux, leurs banquiers ne sont pas des voleurs !

    Michel Trad

    00 h 42, le 12 décembre 2023

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