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Sport - JO de Paris 2024

La cérémonie d'ouverture sur la Seine pose à nouveau question

L'attaque au couteau ayant coûté la vie à un touriste allemand samedi dernier au pied de la tour Eiffel relance le débat sur la faisabilité d'une cérémonie d'ouverture aussi ambitieuse sur le plan sécuritaire.

Les anneaux olympiques installés devant la tour Eiffel, sur la place du Trocadéro, à Paris. Christian Hartmann/AFP

L'attentat commis samedi près de la tour Eiffel relance les interrogations sur la sécurisation de la cérémonie d'ouverture des JO de Paris sur la Seine, un événement que les autorités n'envisagent pas de déplacer, insistant sur le dispositif de protection qui sera mis en place.

Faire défiler les délégations étrangères sur la Seine entre le pont d'Austerlitz et le pont d'Iéna pour ouvrir les Jeux, sous les yeux de chefs d'État rassemblés près du Trocadéro et de centaines de milliers de spectateurs : le défi en matière de sécurité paraît énorme depuis le début.

Le passage de la France en « urgence attentat » après l'assassinat d'un professeur à Arras en octobre avait déjà fait ressurgir les questions sur cet événement, d'un type jamais organisé en France, et qui « met en tension » tous les services de police, de gendarmerie, et même l'armée.

L'attaque au couteau qui a couté la vie à un touriste allemand a eu lieu samedi à proximité de la tour Eiffel, un futur site olympique (beach-volley), et sur le trajet de la cérémonie d'ouverture du 26 juillet. 

Fin octobre, l'ancien judoka et ex-ministre des Sports David Douillet avait déjà émis des réserves : « Si la veille, les voyants sont rouge cramoisi quant aux risques d'attentat, il faudra un plan B pour la cérémonie d'ouverture », avait-t-il dit à La Tribune Dimanche.

L'ex-patron de la police judiciaire, élu LR (droite) de la région Île-de-France, Frédéric Péchenard, enfonce le clou sur la nécessité d'un plan B. « En quoi un plan B pose-t-il problème ? » a-t-il déclaré lundi à l'AFP, se disant « plus inquiet depuis le 7 octobre », date de l'attaque du Hamas en Israël. 

« Compte tenu du niveau d'exigence de sécurité de certains pays comme Israël et les États-Unis, cela m'étonne beaucoup qu'ils acceptent d'être exposés sur des bateaux », a par ailleurs glissé à l'AFP Frédéric Péchenard.

« On n'a pas de plan B, on a un plan A dans lequel il y a plusieurs plans bis », a de son côté déclaré lundi sur France Inter la ministre des Sports et des JO Amélie Oudéa-Castéra, évoquant des « variables d'ajustement », comme le nombre de spectateurs.


Contrôles d'identité

Le principe de cette cérémonie d'ouverture, pour la première fois hors stade, est un coup d'éclat audacieux pour dépoussiérer le genre. Et tant le comité d'organisation que le président de la République Emmanuel Macron lui-même y tiennent fortement.

Sur TF1 dimanche soir, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a affirmé qu'à Bir-Hakeim, près de l'endroit où l'attentat a eu lieu samedi, « il y aur(ait) un cordon qui empêcher(ait) les gens de rentrer s'ils n'ont pas présenté des documents », insistant sur les périmètres de sécurité qui seront mis en place. 

Le préfet de police Laurent Nunez a présenté la semaine dernière les zones de sécurité autour des sites olympiques, avec des possibilités de dérogations pour certains accès au moyen d'inscriptions et de QR codes – des mesures que des sénateurs avaient fustigé comme étant « typiques d'un état d'urgence ».

Le jour même de la cérémonie, depuis Ivry jusqu'au pont du Garigliano, la Seine sera inaccessible et l'axe des Champs-Élysées complétement bouclé, selon des cartes fournies par la préfecture. 

« Je constate que dans la même semaine on reproche au ministère de l'Intérieur d'avoir un QR code pour entrer dans ce périmètre et trois jours après on dit : est-ce qu'on a les moyens de sécuriser ? » a grincé dimanche M. Darmanin.

« Modulation » de la jauge

De leur côté, les organisateurs répètent que « l'ensemble des menaces, y compris terroristes, ont été prises en compte par l'État depuis le début de la réflexion sur la sécurisation des JO », qui ont été octroyés à la France deux ans après les attentats de 2015. 

Après l'assassinat du professeur à Arras, la ministre des Sports avait parlé pour la première fois de « variables d'ajustements » et dit que des précisions sur la jauge des spectateurs viendraient fin novembre. 

Depuis plusieurs mois, ce chiffre est devenu une arlésienne.  Le nombre était au départ de 500 000 places gratuites, avec 100 000 places payantes sur les quais bas, soit 600 000 au total. Mais si le chiffre des spectateurs payants n'est pas amené à changer, celui des spectateurs gratuits n'a toujours pas été officialisé. 

Plusieurs sources proches des négociations ont rapporté récemment à l'AFP que le dernier arbitrage était « sous les 300 000 spectateurs » gratuits. Le préfet de police de Paris a désormais évoqué « le printemps » pour confirmer ces évaluations et Amélie Oudéa-Castéra a parlé de « modulation » de la jauge lundi. 

Une moyenne de 30 000 policiers devraient être mobilisés chaque jour pendant les Jeux.

L'attentat commis samedi près de la tour Eiffel relance les interrogations sur la sécurisation de la cérémonie d'ouverture des JO de Paris sur la Seine, un événement que les autorités n'envisagent pas de déplacer, insistant sur le dispositif de protection qui sera mis en place.

Faire défiler les délégations étrangères sur la Seine entre le...

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