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Moyen-Orient - Guerre Hamas-Israël

Ce qu'il faut savoir ce matin : Israël étend ses opérations, l'OMS veut évacuer l'hôpital al-Chifa devenu « zone de mort »

Et aussi : deux Palestiniens tués lors d'un raid israélien en Cisjordanie ce matin.

Ce qu'il faut savoir ce matin : Israël étend ses opérations, l'OMS veut évacuer l'hôpital al-Chifa devenu « zone de mort »

Des bâtiments détruits à Gaza par les bombardements israéliens, dans une photo prise le 19 novembre 2023. Photo REUTERS/Alexander Ermochenko

« Zone de mort »

L'hôpital al-Chifa, le plus grand de la bande de Gaza visé par des raids israéliens, est devenu une « zone de mort », a dénoncé l'Organisation mondiale de la Santé qui a demandé son évacuation, au moment où l'armée israélienne étend ses opérations dans le territoire assiégé.

Selon l'OMS, l'immense complexe hospitalier hébergeait encore samedi 25 soignants et 291 patients, dont 32 bébés dans un état critique, 22 patients sous dialyse et deux en soins intensifs. De nombreux blessés souffrent d'infections graves en raison du manque d'antibiotiques et des mauvaises conditions d'hygiène, a rapporté l'organisation.

« L'OMS et ses partenaires élaborent d'urgence des plans pour l'évacuation immédiate des patients restants, du personnel et de leurs familles » vers d'autres hôpitaux de Gaza, a ajouté l'OMS.

Selon l'armée israélienne, qui a lancé mercredi matin un raid sur l'hôpital, ce dernier abrite un repaire du Hamas installé notamment dans un réseau de tunnels. Le mouvement islamiste dément.

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Des centaines de personnes qui avaient trouvé refuge dans l'hôpital al-Chifa ont quitté les lieux samedi après en avoir reçu l'ordre par l'armée israélienne, selon le directeur de l'établissement et un journaliste de l'AFP sur place. L'armée a nié avoir ordonné l'évacuation, assurant seulement avoir « répondu à une requête » du directeur de l'hôpital al-Chifa.

L'organisation Médecins sans frontières (MSF) a annoncé qu'un membre de la famille d'un de ses employés avait été tué et un autre blessé lors de l'attaque d'un convoi qui évacuait 137 personnes d'al-Chifa. MSF n'a pas précisé l'origine des tirs.

Extension des opérations à Gaza

Alors que la guerre entre dans son 44e jour dimanche, l'armée israélienne « continue à étendre ses opérations dans de nouveaux quartiers de la bande de Gaza », a-t-elle annoncé, indiquant avoir mené samedi des opérations dans les zones de Jabaliya et de Zaytoun, dans le nord du territoire.

Quinze Palestiniens tués à Gaza 

Dans ce contexte, quinze Palestiniens ont été tués tôt dimanche lors de bombardements aériens israéliens dans le centre et le sud de la bande de Gaza, a rapporté l'agence de presse palestinienne WAFA, citée par Reuters. Treize personnes ont été tuées lors de l'attaque d'une maison dans le camp de Nuseirat, dans le centre de la bande de Gaza, tandis qu'une femme et son enfant ont été tués dans la ville de Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, a indiqué WAFA.

Deux Palestiniens tués lors d'un raid israélien en Cisjordanie

En outre, toujours selon WAFA, l'armée israélienne a tué deux Palestiniens lors d'incursions en Cisjordanie tôt dimanche, rapporte Reuters. Les forces israéliennes ont abattu Issam Al-Fayed, un handicapé de 46 ans, à l'entrée du camp de réfugiés de Jénine, a indiqué WAFA. Un autre homme, Omar Laham, 20 ans, a été tué d'une balle dans la tête lors d'affrontements avec les forces israéliennes dans le camp de réfugiés de Dheisheh, au sud de Bethléem.

Camp de réfugiés de Jabaliya bombardé

Samedi, le Hamas a affirmé que des frappes israéliennes sur le camp de réfugiés de Jabaliya, géré par l'ONU dans le nord du territoire, avaient fait plus de 80 morts, dont au moins 50 dans une école qui héberge des déplacés.

Des images diffusées sur les réseaux sociaux authentifiées par l'AFP montrent des corps, certains couverts de sang, dans les étages de l'école al-Fakhoura du camp de Jabaliya, visée par une frappe selon le ministère de la Santé du Hamas, où des matelas avaient été installés sous des tables.

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Interrogée à propos de cette frappe, l'armée israélienne a indiqué à l'AFP avoir « reçu des rapports sur un incident dans la région de Jabaliya », ajoutant qu'il était « en cours d'examen ».

La seconde frappe, qui a touché une maison de Jabaliya, a tué 32 membres d'une même famille, dont 19 enfants, selon le ministère de la Santé du Hamas.

« Nous recevons des images effroyables de nombreux morts et blessés encore une fois dans une école de l'Unrwa qui abritait des milliers de déplacés », a écrit sur X (ex-Twitter) le patron de cette agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, Philippe Lazzarini, exigeant que « ces attaques » cessent.

Bilan

Samedi soir, le gouvernement du Hamas a annoncé que 12.300 Palestiniens avaient été tués dans les bombardements israéliens depuis le 7 octobre, dont plus de 5.000 enfants.

Plus des deux tiers des 2,4 millions d'habitants de la bande de Gaza ont été déplacés par la guerre, selon l'ONU. La plupart ont fui vers le sud en emportant le minimum et tentent de survivre dans le froid qui s'installe. Mais des frappes ont également lieu dans le sud de la bande de Gaza. Dans la nuit de vendredi à samedi, un bombardement a ainsi fait 26 morts dans la ville de Khan Younès, d'après le directeur de l'hôpital Nasser.

Marche pour les otages

En Israël, les proches de quelque 240 personnes enlevées le jour de l'attaque du Hamas sont arrivés samedi à Jérusalem après plusieurs jours de marche pour maintenir la pression sur leur gouvernement et réclamer la libération des otages. « Ramenez-les à la maison, maintenant. Tous », ont clamé au milieu d'une marée de drapeaux israéliens les manifestants partis mardi de Tel-Aviv.

La Maison Blanche a affirmé samedi « continuer à travailler dur » pour parvenir à un accord entre Israël et le Hamas sur les otages.

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« Nous ne sommes pas encore parvenus à un accord, mais nous continuons à travailler dur » en ce sens, a écrit sur X (ex-Twitter) la porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche, Adrienne Watson, démentant une information du Washington Post selon qui un accord prévoyant des libérations d'otages contre une pause de cinq jours dans les combats avait été conclu entre les belligérants.

Biden appelle à « réunifier » Cisjordanie et Gaza

Dans une tribune publiée par le même quotidien, le président américain Joe Biden a par ailleurs menacé d'interdire de visa aux Etats-Unis les colons « extrémistes qui attaquent des civils en Cisjordanie ». « La violence extrémiste contre les Palestiniens de Cisjordanie doit cesser et ceux qui commettent ces violences doivent rendre des comptes », a-t-il écrit.

M. Biden a également appelé à une future réunification de la Cisjordanie et de la bande de Gaza sous une « Autorité palestinienne revitalisée ». « Gaza et la Cisjordanie devraient être réunifiées sous une même structure de gouvernance, à terme sous une Autorité palestinienne revitalisée », a-t-il écrit.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a répondu, dans une conférence de presse, que « l'Autorité palestinienne sous sa forme actuelle n'était pas capable d'assumer la responsabilité de Gaza. » « Nous ne pouvons pas avoir une autorité civile à Gaza qui soutient le terrorisme, encourage le terrorisme, finance le terrorisme et enseigne le terrorisme », a-t-il déclaré.

Nouveaux bombardements israéliens au Liban-Sud

Au lendemain d'une journée marquée par d'intenses bombardements entre Israël et le Hezbollah au Liban-Sud, les bombardements israéliens ont repris ce matin, alors que le conflit entre Israël et le Hamas a débordé au Liban dès le lendemain du début de la guerre le 7 octobre, suite à des tirs de roquettes du Hezbollah contre des positions israéliennes. Les frappes de l'Etat hébreu ont déjà fait plus de 90 morts au Liban, en majorité des combattants du Hezbollah, mais aussi des civils, dont un journaliste de Reuters, Issam Abdallah.

Selon des sources sécuritaires citées par notre correspondant Mountasser Abdallah, des bombardements israéliens ont visé vers 6h30 ce matin les abords de Aïtaroun et Maroun el-Rass, au Liban-Sud. Vers 7h30, plusieurs obus d'artillerie israélienne sont tombés en périphérie sud de Naqoura.

« Zone de mort »L'hôpital al-Chifa, le plus grand de la bande de Gaza visé par des raids israéliens, est devenu une « zone de mort », a dénoncé l'Organisation mondiale de la Santé qui a demandé son évacuation, au moment où l'armée israélienne étend ses opérations dans le territoire assiégé.Selon l'OMS, l'immense complexe hospitalier hébergeait encore samedi 25 soignants...
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