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Culture - Théâtre

Pourquoi il faut aller voir la nouvelle pièce de Fouad Yammine et Serena el-Chami

Le duo de comédiens présente sur les planches beyrouthines leur dernière création : « Bilaylé fiya daou amar » (« Par une nuit de pleine lune »). Un moment de rire et d’émotions à ne pas rater.

Pourquoi il faut aller voir la nouvelle pièce de Fouad Yammine et Serena el-Chami

Dans « Bilaylé fiya daou amar », deux amoureux sur un toit perchés. Photo Carla Henoud

Le problème qui se pose quand il s’agit de faire la critique d’une pièce de Fouad Yammine, c’est de prendre garde à ne pas en divulguer la trame aux multiples rebondissements. Mais aussi d’éviter d’ennuyer les lecteurs par un trop-plein d’éloges, pourtant (comme toujours) largement mérités. Voilà pourquoi, plutôt que de « pondre un article classiquement encenseur » autour de la dernière création scénique du jeune auteur, metteur en scène et comédien, et de sa femme, la comédienne Serena el-Chami, nous avons choisi de vous énumérer, de manière aussi cartésienne que possible, les raisons pour lesquelles il faut aller voir Bilaylé fiya daou amar (Par une nuit de pleine lune), l’histoire d’une rencontre amoureuse sur un toit (mais pas que !) que le duo joue (avec la participation de Toni Dagher) sur les planche du théâtre Tournesol jusqu’au dimanche 5 novembre. Puis, à partir du jeudi 9 novembre, sur la scène du théâtre Monnot*.

Yammine, Chami et Dagher, les « protagonistes » de la pièce. Photo DR

Pour oublier l’actualité

« Si nous avons recours au monde imaginaire, ce n’est pas tant pour fuir le réel que pour pouvoir l’affronter. » Cette tirade du jeune héros de la pièce colle parfaitement à notre situation. Nouvelles oppressantes et menaces apocalyptiques… La guerre, qui se déroule près de/et chez nous, nous englue dans une actualité sombre et psychologiquement terrassante. Quoi de mieux pour échapper au flot anxiogène des infos en continu que de s’aérer l’esprit par une divertissante immersion théâtrale le temps d’une petite heure ? Avec cette pièce qui met en scène deux amoureux sur un toit perché, le bol d’oxygène est garanti…

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Pour rire de bon cœur

Parce que les éclats de rire sont au rendez-vous de Bilaylé fiya daou amar. Et de rire, on en a certainement besoin en cette période où nos muscles zygomatiques ont totalement fondu devant les images de massacres d’innocents… Dans cette pièce écrite et mise en scène par Fouad Yammine – avec la collaboration de sa compagne de vie et de jeu – , les amoureux ne sont pas seulement perchés sur le toit d’un immeuble, ils sont eux-mêmes totalement perchés. Ce qui donne des situations cocasses à la limite du surréalisme, des dialogues souvent hilarants et, globalement, une trame finement savoureuse.

Pour se laisser surprendre par des instants de beauté et d’émotion

Parce que la drôlerie sans émotion sonne creux. Et que, dans un spectacle réussi, l’équilibre entre les deux est absolument nécessaire, Fouad Yammine a choisi la voie de la comédie dramatique. Si, dans cette dernière, le noir n’est au final peut-être pas si noir, il n’en reste pas moins que ce trentenaire fait partie des artistes qui ont des choses à dire et qui savent le dire avec intelligence et subtilité. Sans en dévoiler le propos, disons simplement que le message de sa pièce est qu’il faut s’accrocher à la vie et toujours croire en des lendemains meilleurs. Un postulat que certains jugeront trop candide ; mais qui semble avoir une résonance positive au sein du public en ces temps de désespérance.

Et puis, il faut signaler aussi la beauté de la scénographie. Simple, réalisée avec peu de moyens, crise oblige (par Maxime el-Chami, peintre, chanteur d’opéra et frère de la comédienne), elle offre au regard un véritable tableau poétique…

Pour découvrir une comédienne de talent

Aussi drôle qu’irrésistible sur scène, Serena el-Chami, alias Brita, porte littéralement cette comédie dramatique sur ses épaules. Si l’interprétation de Fouad Yammine est, comme toujours, impeccablement dosée, celle de sa compagne est d’une fluidité absolue. Souple, dynamique et virevoltante, elle sait remplir l’espace théâtral de sa présence. Pour ce rôle de petit bout de femme survoltée – que lui a concocté sur mesure son auteur de mari –, la comédienne, qui avait déjà fait preuve de l’étendue de son talent dans Khalliya beynetna (Gardons cela entre nous), leur précédente pièce en duo, confirme et signe. Cette fois, c’est tranché : Serena el-Chami est assurément une valeur sûre des planches à découvrir.

Pour soutenir le nouveau théâtre libanais

L’affiche du spectacle réalisée par Toni Yammine. Photo DR

Parce que, ces dernières années, le théâtre libanais semble prendre un nouvel envol avec une jeune génération d’auteurs, metteurs en scène et comédiens passionnés qui, en dépit de toutes les difficultés, tiennent à garder cet art vivant. En écrivant, mettant en scène, interprétant et produisant eux-mêmes leurs pièces, ils engagent non seulement leur carrière, mais aussi un nouveau regard sur la société dans un esprit de « résistance culturelle ». Celui de Fouad Yammine, à la fois profond et accessible à tous, s’impose comme l’un des plus prometteurs de cette nouvelle vague théâtrale.

Vous faut-il encore d’autres raisons pour vous offrir une bienfaisante Bilaylé fiya daou amar ?

*« Bilaylé fiya daou amar », de Fouad Yammine et Serena el-Chami, au théâtre Tournesol, Tayyouné, jusqu’au 5 novembre, à 20h30. Puis, du 9 au 26 novembre, au Monnot, rue de l’église Saint-Joseph, les jeudis, vendredis, samedis et dimanches. Réservations à la librairie Antoine ou ici.

Le problème qui se pose quand il s’agit de faire la critique d’une pièce de Fouad Yammine, c’est de prendre garde à ne pas en divulguer la trame aux multiples rebondissements. Mais aussi d’éviter d’ennuyer les lecteurs par un trop-plein d’éloges, pourtant (comme toujours) largement mérités. Voilà pourquoi, plutôt que de « pondre un article classiquement encenseur » autour de la dernière création scénique du jeune auteur, metteur en scène et comédien, et de sa femme, la comédienne Serena el-Chami, nous avons choisi de vous énumérer, de manière aussi cartésienne que possible, les raisons pour lesquelles il faut aller voir Bilaylé fiya daou amar (Par une nuit de pleine lune), l’histoire d’une rencontre amoureuse sur un toit (mais pas que !) que le duo joue (avec la participation de Toni Dagher) sur les...
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