Un manifestant tenant une roquette factice, le 29 octobre, dans le centre-ville de Beyrouth, lors d’un rassemblement à l’appel du Hamas et de la Jamaa Islamiya. Photo Mohammad Yassine
Week-end mouvementé au Liban-Sud. Ces deux jours, les combats opposant le Hezbollah à Israël se sont intensifiés, faisant un mort dans les rangs du parti chiite. Ce dernier a d’ailleurs marqué un point important sur le terrain dimanche en abattant un drone de l’armée israélienne à l’est de la localité de Khiam. « La résistance islamique a visé dimanche un drone israélien à l’aide d’un missile surface-air, le touchant directement », peut-on lire dans un communiqué publié par le Hezbollah. Le texte affirme que l’engin a été vu à l’œil nu tomber en « territoire palestinien occupé ».
Il s’agit d’une importante percée pour le parti de Hassan Nasrallah, Israël reposant surtout sur sa supériorité aérienne dans ses affrontements avec le Hezbollah. Selon nos informations, ce dernier avait essayé à deux reprises ces dernières semaines d’abattre des drones israéliens, sans succès. Ce développement intervient dans un contexte particulièrement tendu au Liban-Sud.
Dimanche, l’armée israélienne a bombardé à l’aube les localités de Naqoura et Alma el-Chaab, non loin d’un lieu de présence de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), a confirmé à L’Orient-Le Jour le président de la municipalité de Naqoura Abbas Awada. « Les obus sont tombés dans des zones civiles », raconte-t-il. Ce week-end, les soldats de la paix ont été frappés à plusieurs reprises. La Finul a indiqué à notre publication que vers 22 heures samedi, « deux obus de mortier ont touché une base de la force à proximité du village de Houla, blessant un Casque bleu qui a été rapidement évacué pour des soins médicaux ». La même journée, le siège du bataillon onusien avait même été touché par un obus sans faire de victime. « Un obus a touché l’intérieur de la base » de Naqoura, a déclaré Andrea Tenenti, porte-parole des Casques bleus, à l’AFP. M. Tenenti a affirmé que la Finul cherchait à vérifier qui est derrière le tir. « Un obus israélien a traversé le mur en ciment autour du QG de la Finul, situé dans le sud du Liban, à quelques kilomètres de la frontière », a indiqué pour sa part à l’AFP une source militaire libanaise sous le couvert de l’anonymat.
Également du côté libanais, des bombardements ont été recensés dans les alentours de nombreux villages frorntaliers. Un drone israélien a en outre ciblé des motos à Meiss el-Jabal, blessant deux personnes, selon l’Agence nationale d’information. Dans un communiqué, le Hezbollah a annoncé le décès de Mohammad Halaoui, un combattant du parti « tombé en martyr sur la route de Jérusalem », portant le nombre de morts dans les rangs du parti à 48.
Côté israélien, le site de Misgav a été pris pour cible dimanche à l’aide d’« armes appropriées », a rapporté le correspondant de la chaîne al-Manar. Les tirs auraient permis de détruire des dispositifs de surveillance. Des médias israéliens ont rapporté que les habitants de cette localité ont été priés par l’armée de se mettre à l’abri. Ce même jour, le Hezbollah a indiqué avoir ciblé deux unités d’infanterie israéliennes qui se trouvaient dans les secteurs de Malkiyé et Birket Richa. Il affirme avoir « causé des blessés certains » parmi les membres de ces unités. Des missiles lancés depuis le Liban-Sud ont atteint le nord d’Israël, notamment la ville de Safad et la Galilée. Un tir de roquette, revendiqué par les Forces al-Fajr (bras armé de la Jamaa islamiya), a également touché une maison de la localité frontalière de Kiryat Shmona. Le Hamas a lui aussi lancé depuis le Liban une salve de 16 roquettes vers la localité de Nahariya, sur le littoral.
Hassan Nasrallah apparaît... pour 10 secondes
En parallèle à ces développements sur le terrain, des ténors du Hezbollah sont montés au créneau pour vanter les actions du parti. Dimanche, lors d’une cérémonie rendant hommage à deux combattants tombés au combat, le président du conseil exécutif au sein du parti Hachem Safieddine a souligné le rôle du Hezb sur le champ de bataille. « Nous sommes prêts à être sur le terrain quand le devoir l’exige. » Et d’ajouter : « La résistance en Palestine est forte, capable et présente dans les affrontements terrestres. Elle est prête à donner une leçon à l’ennemi israélien. » Ces propos interviennent à l’heure où certains cadres du Hamas accusent le Hezbollah de ne pas faire assez pour les épauler dans la guerre contre Israël. Le chef du bloc parlementaire du Hezbollah Mohammad Raad a affirmé de son côté que son parti était « pleinement préparé et prêt à protéger le Liban et son peuple ». « Là où nous devons avancer, nous avancerons », a-t-il ajouté, exhortant les régimes arabes à annuler le processus de normalisation de leurs relations avec Israël et de « presser pour faire cesser l’agression ».
Quant au secrétaire général du Hezbollah, il devrait sortir de son silence vendredi. Dimanche soir, le parti a annoncé qu'il s'exprimerait le 3 novembre à 15 heures. Il s’agira de la toute première prise de parole du leader du parti chiite depuis le début de l’offensive du Hamas contre Israël le 7 octobre. En attendant, il a fait une rare apparition dans une mystérieuse vidéo de 10 secondes ayant fait le tour des réseaux sociaux. On y voit uniquement la silhouette de l’intéressé, de dos, passant devant le logo du parti avec une musique guerrière en fond.
Enfin, une manifestation de soutien à Gaza rassemblant des centaines de manifestants a été organisée dimanche dans le centre-ville de Beyrouth par le Hamas et la Jamaa islamiya. « Nous sommes là pour soutenir le droit à la résistance de nos proches à Gaza. Nous sommes là aussi pour rappeler l’unité entre le Liban et la Palestine. Nous sommes un même peuple et partageons une même cause », affirme Abou Ishak el-Maqdah, un protestataire. Dans la foule, des drapeaux palestiniens et des bannières de la Jamaa islamiya et du Hamas étaient brandis. De nombreux manifestants portaient le keffieh palestinien traditionnel. Aucun incident ni débordement n’a été signalé lors de ce rassemblement. Mais un accident de la route, impliquant un bus qui transportait des manifestants qui venaient du Nord, a fait trois victimes au niveau de Nahr el-Kalb, a confirmé à L’Orient-Le Jour une source sécuritaire.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
"le Hezbollah a indiqué avoir ciblé deux unités d’infanterie israéliennes" "Des missiles lancés depuis le Liban-Sud …" "Un tir de roquette, revendiqué par les Forces al-Fajr …" "Le Hamas a lui aussi lancé depuis le Liban une salve de 16 roquettes..."Que fait donc notre gouvernement pour empêcher ces actes qui sont des crimes envers le Liban"? "Nous sommes prêts à être sur le terrain quand le devoir l’exige". Quel devoir? Votre devoir de LIBANAIS exige de laisser le pays à l’écart de cette guerre. Mais qui peut encore prétende que le Hezbollah est un parti libanais? Le Hezbollah se prétend "pleinement préparé et prêt à protéger le Liban et son peuple". Comme en 2006 sans doute? Protéger le Liban, c’est l’empêcher d’être entraîné dans cette guerre. Or, c’est exactement ce à quoi visent toutes ces provocations du Hezbollah et de ses complices. Hassan Nasrallah doit être tenu dirresponsable de toutes les victimes libanaises actuelles et futures. Et nos ministres muets et inactifs aussi!
06 h 51, le 30 octobre 2023