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Politique - Tensions

Le gouvernement élabore un plan d’urgence en cas de conflit

Les Brigades al-Qassam revendiquent le lancement de 30 roquettes depuis le Liban-Sud ; Biden dément que Washington interviendra si le Hezbollah déclenche une guerre.

Le gouvernement élabore un plan d’urgence en cas de conflit

Des soldats israéliens inspectent les dégâts causés par une roquette lancée à partir du Liban, hier. Jalaa Marey/AFP

Alors que le gouvernement semble se préparer à l’éventualité d’une guerre, les échanges de tirs à la frontière entre le Liban et Israël, toujours plus ou moins contenus, se sont poursuivis jeudi.

Le Conseil des ministres a approuvé le plan élaboré par le ministère des Travaux publics et des Transports, et celui de la Santé, selon le ministre sortant de l’Information, Ziad Makari, s’exprimant depuis le Grand Sérail à l’issue de la réunion du Conseil des ministres hier après-midi consacrée aux derniers développements en cours au Liban.

Le chef du gouvernement sortant, Nagib Mikati, a déclaré en ouverture du Conseil des ministres qu’il poursuivait ses contacts diplomatiques pour préserver le Liban de l’impact de la guerre opposant le Hamas à Israël. Il a aussi indiqué que la cellule de gestion des crises s’était réunie plus tôt dans la journée au Sérail « pour examiner les mesures à prendre », si le conflit venait à éclater au Liban. « J’ai également tenu une réunion avec des ministres et des représentants d’instances internationales opérant au Liban pour examiner leur possible coordination avec les autorités libanaises » en cas d’escalade, a ajouté le Premier ministre sortant.

« Les citoyens doivent être rassurés par le fait que le gouvernement travaille et met au point un plan d’urgence », a déclaré pour sa part Ziad Makari. Prenant ensuite la parole, le ministre des Travaux publics, Ali Hamiyé (Hezbollah) a expliqué que le plan d’urgence visait principalement à maintenir le fonctionnement des principales infrastructures du pays, à savoir les ponts, les ports, l’Aéroport international de Beyrouth, si la situation venait à dégénérer au Liban. Une source ministérielle souhaitant rester anonyme a confié à L’Orient-Le Jour que le ministre sortant de la Santé, Firas Abiad, avait insisté lors de la réunion que « le Liban de 2023 » était bien moins préparé à encaisser un choc de cette ampleur comparé à « celui de 2006 », compte tenu de l’impact de la crise qu’il traverse depuis 4 ans. Le ministre a aussi considéré que le pays devait en priorité s’approvisionner en « médicaments manquants » avant une éventuelle escalade, en se tournant notamment vers les ONG.

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La guerre entre le Hamas et Israël à Gaza qui a éclaté le 7 octobre s’est étendue au Liban-Sud, où des échanges de tirs limités entre le Hezbollah et les forces israéliennes ont lieu quotidiennement au niveau de la frontière, faisant planer la menace d’une guerre plus large.

Hier, un certain nombre de villages dans le secteur ouest, dans la région de Ras Naqoura, Labbouné et les environs de Alma el-Chaab ont été soumis à des bombardements israéliens à l’aube, selon l’Agence nationale d’information (ANI, officielle). Israël a également effectué un raid sur les environs de Naqoura, sans faire de victimes ni de dégâts matériels. Des avions de guerre israéliens avaient également survolé le Liban-Sud, notamment la ville de Saïda, peu après minuit, franchissant le mur du son à plusieurs reprises, toujours selon l’ANI. L’armée israélienne a également bombardé le matin la localité de Maïss el-Jabal, plus à l’est.

Pour sa part, le Hezbollah a déclaré dans un communiqué que ses combattants ont « mené une attaque directe de missile sur le site sioniste de Manara (à l’est du Liban-Sud, à 15 km au sud de Metulla jeudi après-midi, et touché leur cible ».

Le parti chiite a annoncé dans un second communiqué en moins d’une heure que ses combattants ont attaqué 4 positions de l’armée israélienne, dont la base de Chomera et une tour d’observation à Habd el-Bustan. Selon le groupe chiite, ses combattants ont utilisé « des armes directes appropriées » et ont touché leurs cibles avec « précision ». « Une quantité de l’équipement technique (de l’armée israélienne) a été détruite », ajoute-t-il.

Tirs des Brigades al-Qassam

Un peu plus tard, les Brigades al-Qassam (la branche armée du Hamas) au Liban ont revendiqué « le lancement d’une salve de roquettes ciblées, composée de 30 roquettes, depuis le Liban-Sud, en direction des colonies de Galilée occidentale, notamment Nahariya et Chlomi, au nord de la Palestine occupée. » Selon le Haaretz, l’armée israélienne indique de son côté avoir identifié 20 tirs de roquettes en provenance du territoire libanais en direction d’Israël, et avoir riposté en ciblant les sites de lancement.

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Que peut faire la Finul en cas d’escalade au Liban ?

Dans ce contexte, le président américain Joe Biden a réfuté mercredi des informations selon lesquelles les États-Unis pourraient intervenir militairement si le Hezbollah déclenchait une guerre contre Israël. Selon un article publié par le média Times of Israel, des responsables de l’administration Biden auraient récemment indiqué à Israël que l’armée américaine pourrait aider l’armée israélienne à combattre le Hezbollah, au cas où ce dernier déclencherait une guerre contre l’État hébreu. Interrogé à bord de son avion, après avoir rencontré le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, M. Biden a démenti : « Ce n’est pas vrai, cela n’a jamais été dit. »

La Finul

Enfin, le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, en visite à Beyrouth, a mis en garde jeudi contre un retrait de la mission de maintien de la paix de l’ONU au Liban. « Une réduction ou un retrait de la Finul serait un mauvais signal en ce moment », a-t-il déclaré aux journalistes à bord de la corvette allemande Oldenburg, qui est déployée dans le cadre de la mission de l’ONU et qui est amarrée dans le port de Beyrouth.

Réagissant aux propos du ministre allemand, le porte-parole de la Finul, Andrea Tenenti, a déclaré à L’Orient-Le Jour que « pour le moment, nous sommes ici, et rien n’a changé en ce qui concerne notre activité ». « Nous ne prévoyons pas de partir et nous continuons à surveiller les opérations, a ajouté Andrea Tenenti. Nous sommes opérationnels 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, nous poursuivons notre dialogue avec les parties pour désamorcer la situation, et nos troupes surveillent la ligne bleue. » 

Alors que le gouvernement semble se préparer à l’éventualité d’une guerre, les échanges de tirs à la frontière entre le Liban et Israël, toujours plus ou moins contenus, se sont poursuivis jeudi.Le Conseil des ministres a approuvé le plan élaboré par le ministère des Travaux publics et des Transports, et celui de la Santé, selon le ministre sortant de l’Information, Ziad Makari, s’exprimant depuis le Grand Sérail à l’issue de la réunion du Conseil des ministres hier après-midi consacrée aux derniers développements en cours au Liban. Le chef du gouvernement sortant, Nagib Mikati, a déclaré en ouverture du Conseil des ministres qu’il poursuivait ses contacts diplomatiques pour préserver le Liban de l’impact de la guerre opposant le Hamas à Israël. Il a aussi indiqué que la cellule de gestion des...
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On ne demande pas au gouvernement de se préparer à distribuer des vivres et des couvertures mais d’empêcher que le Liban et ses citoyens soient pris en otage pour satisfaire l’ego d’un barbu au service d’un pays étranger qui veut sacrifier son pays pour la gloire de ses commanditaires assoiffés de sang d’un peuple déjà à l’agonie pour s’imposer comme seul décideur dans la région. Il faut se mettre vent debout contre cette usurpation dictatoriale et dénoncer les provocations commises depuis ses frontières pour une cause qui ne nous concerne aucunement. Les libanais ont déjà payé cher la libération de la Palestine et se retrouvent anéantis dans un pays occupé pour soit disant libérer un autre au prix de leur sang et de leur dignité. Ils ont pris le soin de dépouiller les citoyens de tout leurs avoir et les ont désarmé pour les servir sur l’autel de la barbarie sans qu’ils puissent se défendre sous la bannière d’une résistance fallacieuse qui n’aspire qu’à les anéantir.

Sissi zayyat

11 h 00, le 20 octobre 2023

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Commentaires (3)

  • On ne demande pas au gouvernement de se préparer à distribuer des vivres et des couvertures mais d’empêcher que le Liban et ses citoyens soient pris en otage pour satisfaire l’ego d’un barbu au service d’un pays étranger qui veut sacrifier son pays pour la gloire de ses commanditaires assoiffés de sang d’un peuple déjà à l’agonie pour s’imposer comme seul décideur dans la région. Il faut se mettre vent debout contre cette usurpation dictatoriale et dénoncer les provocations commises depuis ses frontières pour une cause qui ne nous concerne aucunement. Les libanais ont déjà payé cher la libération de la Palestine et se retrouvent anéantis dans un pays occupé pour soit disant libérer un autre au prix de leur sang et de leur dignité. Ils ont pris le soin de dépouiller les citoyens de tout leurs avoir et les ont désarmé pour les servir sur l’autel de la barbarie sans qu’ils puissent se défendre sous la bannière d’une résistance fallacieuse qui n’aspire qu’à les anéantir.

    Sissi zayyat

    11 h 00, le 20 octobre 2023

  • Monsieur Mikati. Désolé pour vous et pour votre gouvernement mais personne ne va vous demander votre avis si le Hezbollah décide d’entrer en guerre. Alors vos plans ne sont que de la poudre de perlimpinpin et malheureusement les infrastructures du pays seront, dans ce cas, définitivement détruites et aucun pays ne viendra en aide au Liban de crainte de voir les aides détournées par la classe politique pourrie

    Lecteur excédé par la censure

    09 h 34, le 20 octobre 2023

  • "Les citoyens doivent être rassurés par le fait que le gouvernement travaille et met au point un plan d’urgence " au cas où la guerre s'étendrait au Liban. Tout cela est bien beau, mais les citoyens seraient beaucoup plus rassurés si le gouvernement avait pris des mesures pour empêcher cette guerre de se propager chez nous! La première serait de condamner violement tout tir en provenance du territoire libanais qui provoquerait la colère d'Israël. C'est la moindre des choses. En second lieu, il faudrait donner l'ordre à larmée de s'y opposer par la force, quitte à entrer en conflit avec la milice iranienne qui occupe le pays et qui s'est arrogé la décision de guerre et de paix.

    Yves Prevost

    07 h 06, le 20 octobre 2023

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