Attroupement dans les locaux d'une branche de la Bankmed à Jeb Jennine, dans la Békaa, alors qu'un déposant y a fait irruption pour récupérer son épargne, le 26 septembre 2023. Photo X/@sarkhitmoudiin
Un déposant en colère a récupéré la totalité de son épargne mardi dans une branche de la Bankmed à Jeb Jennine, dans la Békaa, ont confirmé à L'Orient-Le Jour l'association Le Cri des Déposants ainsi qu'un porte-parole de la banque, puis il a été embarqué par la police.
« Mohammad Issa est venu avec son cousin peu après 12h et a menacé les employés avec une arme factice et une vraie grenade, qu'il n'a cependant pas dégoupillée », a raconté un porte-parole du Cri des Déposants. Il réclamait la totalité de son épargne de 5.200 dollars (...) Les employés lui ont directement donné son argent, tout ça a duré à peine 20 minutes. Puis il s'est livré à la police ».
Les policiers l'ont embarqué et emmené à un commissariat, a précisé Le Cri des Déposants, qui « exige sa libération immédiate » dans une publication sur le réseau X (ex-Twitter). La source contactée au sein du collectif a ajouté que l'homme avait pris contact avec sa banque depuis un mois pour demander de retirer de l'argent, dont il avait besoin « pour aider son père, qui est malade, mais la banque refusait ». L'homme est un client de la branche de Chtaura, mais celle-ci étant fermée, il s'est donc rendu à Jeb Jennine.
De son côté, un porte-parole de Bankmed a indiqué à L'OLJ que Mohammad Issa a fait irruption dans la banque accompagné de son frère, et qu'il a récupéré 6.000 dollars, une version qui diffère quelque peu de celle du collectif. « Il a braqué une arme sur un employé et s'est fait conduire au coffre (...) puis il a remis l’argent à son frère qui s’est enfui, et est toujours en cavale ». Issa avait déposé son argent après le début de la crise économique au Liban en 2019, et « avait accepté un accord pour en retirer une petite partie en dollars et le reste à un taux de 15.000 livres libanaises pour un dollar ».
Les banques imposent des restrictions illégales à leurs clients depuis le début de la crise, limitant les retraits et les transferts. Le pays a connu plusieurs vagues de braquages au cours desquels des déposants, parfois armés, ont fait irruption dans des agences bancaires pour réclamer leurs propres fonds.


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