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Monde - Catastrophe

« Nous vivons un cauchemar » : les habitants du village grec inondé d’Itea se sentent abandonnés

Après que la tempête Daniel a inondé le centre de la Grèce, les habitants craignent une augmentation du nombre de victimes.

« Nous vivons un cauchemar » : les habitants du village grec inondé d’Itea se sentent abandonnés

Des habitants sont évacués du village inondé de Megala Kalyvia, à la suite de la tempête Daniel dans le centre de la Grèce, le 8 septembre 2023. Photo Alexandros Avramidis/Reuters

Comme des dizaines d’habitants d’Itea en Thessalie, au centre de la Grèce, Vaïos Spyropoulos a passé la nuit de jeudi à vendredi dans un bâtiment municipal sur les hauteurs de son village où la plupart des maisons et des routes sont inondées. « Il a plu sans s’arrêter les trois derniers jours, nous avons secouru nos voisins âgés avec des tracteurs pour les aider à sortir de leur maison. C’était la panique », raconte ce commerçant de 36 ans, à la lumière de bougies.

Comme dans la majorité des villages du département de Karditsa, situé au milieu de la plaine de Thessalie, Itea est victime de coupures d’électricité depuis deux jours et l’accès à ce village de 700 personnes restait très difficile vendredi, le niveau d’eau ayant atteint presque un mètre. Depuis jeudi, une importante opération de sauvetage est menée par des pompiers épaulés de l’armée dans les villages autour de Karditsa pour secourir les habitants piégés par les inondations à l’aide d’hélicoptères et de canots de sauvetage. « La plupart des maisons du village sont inondées. Nous vivons un véritable cauchemar », déplore Vaïos Spyropoulos.

À côté de lui, des personnes surtout âgées ont aussi trouvé refuge dans le bâtiment municipal, ainsi que Nikos Agorastos, le gouverneur de la préfecture de Thessalie.

« Personne ici n’a jamais vécu une situation pareille. Les gens sont désespérés » et « les dégâts sont incalculables », confie-t-il. « De nombreux villages sont bloqués et l’accès ne peut se faire que par hélicoptère ou par canot », poursuit M. Agorastos, soulignant que six hélicoptères, 30 bateaux et des véhicules spéciaux de l’armée opèrent dans la région.

« Personne ne nous répond »

Autour d’Itea, des ponts sont effondrés, le réseau routier est détruit, des animaux noyés et des ruches ont été emportées par les eaux déchaînées, tandis que des milliers d’hectares de cultures ont été recouverts par l’eau et la boue. Dans les villages de Vlohos, Metamorfosi, Palamas, Keramidi et Farkadona des maisons sont sous l’eau, des voitures ont été emportées par des torrents en crue.

À Palamas où le niveau d’eau a atteint deux mètres, dix personnes, dont trois enfants et une personne souffrant de problèmes cardiaques, sont bloquées sur la terrasse de leur maison depuis mercredi sans « aucune aide », selon un habitant joint par téléphone. « Nous appelons à l’aide depuis mercredi mais aucun responsable ne nous répond (...), la hauteur de l’eau est de deux mètres et nous n’avons plus d’eau potable », s’est indigné Sakis Spyropoulos.

Jeudi, deux femmes âgées ont été retrouvées mortes à Astritsa, village voisin, portant à six le bilan des personnes tuées dans les pluies torrentielles qui se sont abattues de mardi à jeudi en Grèce. Selon les pompiers, au moins six personnes sont portées disparues surtout dans les départements de Magnésie et de Karditsa, tous deux en Thessalie, la principale plaine du pays à 300 km au nord d’Athènes.

Les habitants craignent désormais l’augmentation du nombre de victimes. « Il est presque certain que d’autres personnes seront retrouvées mortes », déplore Christodoulos Makris, 53 ans, un agriculteur qui a réussi à quitter jeudi Palamas à bord de son tracteur avant de trouver refuge au bâtiment municipal d’Itea.

« Nous savons qu’à Palamas, certaines personnes, en particulier les personnes âgées, n’ont donné aucun signe de vie depuis trois jours. À certains endroits, l’eau a recouvert des maisons entières, d’autres maisons se sont même effondrées. Nous n’arrivons toujours pas à croire ce qui s’est passé », poursuit-il. À côté de lui, Vassilis, 52 ans critique les autorités : « En septembre 2020, nos villages à Karditsa avaient également été victimes d’inondations mais aucune mesure de prévention n’a été prise. » « Certaines personnes sont responsables de cette situation et devraient être punies », affirme cet agriculteur refusant de donner son nom de famille.


Comme des dizaines d’habitants d’Itea en Thessalie, au centre de la Grèce, Vaïos Spyropoulos a passé la nuit de jeudi à vendredi dans un bâtiment municipal sur les hauteurs de son village où la plupart des maisons et des routes sont inondées. « Il a plu sans s’arrêter les trois derniers jours, nous avons secouru nos voisins âgés avec des tracteurs pour les aider à sortir de leur maison. C’était la panique », raconte ce commerçant de 36 ans, à la lumière de bougies.Comme dans la majorité des villages du département de Karditsa, situé au milieu de la plaine de Thessalie, Itea est victime de coupures d’électricité depuis deux jours et l’accès à ce village de 700 personnes restait très difficile vendredi, le niveau d’eau ayant atteint presque un mètre. Depuis jeudi, une importante opération de...
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