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Société - Migration

Une milice libyenne libère 80 des 110 migrants partis du Liban

Les migrants libérés, libanais, palestiniens et syriens, ont été relâchés en Libye et ont reçu chacun "10 dollars".

Une milice libyenne libère 80 des 110 migrants partis du Liban

Le front de mer de Beyrouth. Photo d'archives João Sousa/L'Orient-Le Jour

La milice libyenne Tarek Ben Ziyad Brigade (TBZ) a libéré vendredi environ 80 des 110 migrants qu'elle retenait en otage, ont confirmé des activistes proches du dossier à L'Orient Today samedi, plus d'une semaine après que ces Libanais, Palestiniens et Syriens étaient partis en mer depuis Abdé, dans le Akkar au Liban-Nord, et avaient été capturés le 18 août en ayant atteint les eaux maltaises.

TBZ avait pris en otage les 110 migrants, dont 37 enfants, à Misrata, dans le nord-ouest de la Libye, avant de les transférer dans un centre de détention à Benghazi, près du port de la ville. La milice, affiliée aux forces du général Khalifa Haftar, aurait initialement exigé une rançon de 2.000 à 3.000 dollars par personne.

Amnesty International a accusé ce groupe, l'une des plus importantes et influentes factions des Forces armées arabes libyennes, de commettre des crimes de guerre. Bien que de tels incidents de prise d'otages se produisent régulièrement en Méditerranée, c'est la première fois que TBZ cible un bateau de migrants en provenance du Liban.

Libération en Libye

Alarm Phone, un réseau d'activistes qui alerte et exhorte les autorités à secourir les migrants en détresse en mer Méditerranée et en mer Égée, ainsi que l'avocat libanais Mohammad Sablouh, qui représente régulièrement les migrants en danger et suit de près l'incident, ont confirmé la libération des migrants à L'Orient Today.

L'avocat, qui a coordonné avec plusieurs de ses collègues en Libye dans le but de faciliter la libération des migrants, a ajouté que le reste des otages devrait être libéré samedi, selon des témoignages fournis par des membres de leurs familles. Il lui a été rapporté que les autres migrants avaient eu une altercation avec des militants, dont une "bagarre à coups de poing", et qu'ils tentent actuellement de régler le problème.

"Environ 80 des 110 Libanais, Palestiniens et Syriens ont été libérés en Libye et ont reçu chacun "10 dollars ", a indiqué M. Sablouh, selon lequel, parmi eux figurent 37 enfants, 14 femmes et 59 hommes. Il n'est pas clair si les migrants libérés resteront en Libye ou retourneront au Liban.

Rançon

Tard dans la soirée du 10 août, deux bateaux transportant chacun 110 migrants avaient quitté la côte de la région du Akkar pour tenter un voyage périlleux en mer en direction de l'Italie, a dit M. Sablouh. L'armée libanaise a arrêté l'un de ces bateaux le lendemain, tandis que le deuxième a réussi à quitter les eaux territoriales libanaises.

Après avoir atteint la zone de recherche et de sauvetage de l'archipel de Malte, vers 15 h, heure de Beyrouth, le 18 août, un communiqué d'Alarm Phone a indiqué que les migrants lui a signalé qu'un navire arborant le drapeau libyen les poursuivait et tirait sur leur embarcation, blessant une personne et endommageant l'un de ses moteurs.

Une carte montrant l'emplacement d'un navire ayant quitté le Liban avec des passagers migrants le 10 août 2023 et ayant atteint la zone de recherche et de sauvetage (SAR) de Malte. Photo tirée de la plateforme Alarm Phone

L'avocat a ajouté que les familles des migrants avaient signalé neuf blessures.

Les membres des familles des migrants ont informé Alarm Phone et Me Sablouh qu'ils avaient reçu des appels d'un numéro libyen demandant une rançon de 2.000 à 3.000 dollars par prisonnier. L'homme qui a appelé les membres des familles utilisait un compte WhatsApp avec une photo de profil, que L'Orient Today a vue, montrant un individu masqué portant un fusil et se tenant devant un drapeau portant le slogan du TBZ.

"Un cas précaire"

Un ressortissant syrien, Waël, qui a préféré ne pas mentionner son nom de famille pour des raisons de sécurité, a affirmé à L'Orient Today qu'il se trouvait à bord du deuxième bateau de migrants arrêté par l'armée le 11 août. Sa femme et trois de leurs enfants, âgés de 12, 10 et 2 ans, étaient à bord du deuxième navire et ont été détenus en Libye. Il a confirmé samedi que son épouse et ses trois enfants avaient été libérés en Libye, mais qu'il n'était pas certain de la suite. Il a expliqué que lui et sa famille avaient décidé de fuir le Liban en bateau car "il était impossible de vivre ici".

"C'est la première fois que nous sommes confrontés à une telle situation", a déclaré Me Sablouh vendredi, ajoutant que "les mécanismes de rapatriement nous semblent vagues". "C'est un cas précaire", a-t-il ajouté, "car nous ne sommes pas sûrs que le Liban soit disposé à (permettre leur retour)... Il y a de nombreuses incertitudes".

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Les tentatives de migration illégales par la mer en augmentation avec l'été

Un porte-parole du ministère des Affaires étrangères libanais a déclaré qu'il n'avait aucune information sur cette question. Le ministère avait indiqué, le 17 août, que les "migrants non-libanais" qui ont quitté le Liban de manière informelle et qui sont renvoyés au Liban ne seront pas accueillis "indépendamment de leur point de départ".

"Plus de droits de l'homme dans l'UE"

Corinna Zeitz, porte-parole d'Alarm Phone, a déclaré à L'Orient Today que cet enlèvement "n'est pas un incident aléatoire ou arbitraire", ajoutant que ce n'est pas la première fois que le TBZ emmène des gens en Libye, car "les milices libyennes naviguent régulièrement dans la zone de recherche et de sauvetage maltaise, où des incidents similaires se sont produits, ainsi que des refoulements illégaux des eaux maltaises vers Benghazi".

Mme Zeitz a fait référence à un incident similaire en mai dernier, où 500 migrants, dont des ressortissants syriens, égyptiens, bangladais et pakistanais, ont été refoulés de la zone de recherche et de sauvetage maltaise et placés en prison en Libye après une panne de moteur, selon une déclaration conjointe d'Alarm Phone, de Sea-Watch et de Mediterranean Saving Humans.

"Cela fait partie d'une guerre continue contre la migration en collaboration entre les États membres européens et la Libye, quel que soit le groupe représentant la Libye", a déclaré la porte-parole, ajoutant que cet incident récent "s'inscrit dans le cadre d'un plus grand ensemble d'enlèvements en Libye et montre qu'il n'y a plus de droits de l'Homme dans l'Union européenne".

"La route de migration la plus dangereuse au monde"

Le nombre de migrants tentant des traversées maritimes informelles extrêmement risquées du Liban vers l'Europe a augmenté cet été, après une période de baisse en début d'année, selon Lisa Abou Khaled, porte-parole du Haut-commissariat des réfugiés (HCR) au Liban. L'armée libanaise et les forces de sécurité ont récemment déjoué de nombreuses tentatives de migrations maritimes.

Mme Abou Khaled a cité la crise économique dévastatrice qui frappe le Liban depuis 2019, entre autres facteurs, pour expliquer cette augmentation des traversées maritimes dangereuses. En 2022, des dizaines de personnes ont perdu la vie sur ce que l'agence de migration de l'ONU appelle "la route de migration la plus dangereuse au monde".

La milice libyenne Tarek Ben Ziyad Brigade (TBZ) a libéré vendredi environ 80 des 110 migrants qu'elle retenait en otage, ont confirmé des activistes proches du dossier à L'Orient Today samedi, plus d'une semaine après que ces Libanais, Palestiniens et Syriens étaient partis en mer depuis Abdé, dans le Akkar au Liban-Nord, et avaient été capturés le 18 août en ayant atteint les eaux...

commentaires (2)

Bonne nouvelle mais on aimerait plus de détails sur leur libération

CHAHINE Omaya

16 h 40, le 26 août 2023

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Commentaires (2)

  • Bonne nouvelle mais on aimerait plus de détails sur leur libération

    CHAHINE Omaya

    16 h 40, le 26 août 2023

  • Comment le type de TBZ a-t-il obtenu le(s) numéro(s) des passagers, et comment ces derniers ont-ils été capables de consulter leur WhatsApp en haute mer...?

    IBN KHALDOUN

    16 h 09, le 26 août 2023

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