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Lifestyle - La Mode

À travers sa collection haute couture automne-hiver 2023-24, Elie Saab réinvente le « port de reine »

Entre voiles et corsets, capes et broderies florales, Élie Saab inscrit sa collection haute couture automne-hiver 2023-24 dans les clichés régaliens des contes de fées et des grandes figures féminines de l’histoire.

À travers sa collection haute couture automne-hiver 2023-24, Elie Saab réinvente le « port de reine »

Elie Saab se lance dans l’exploration du vestiaire d’une reine des temps obscurs. Photo Elie SAAB

« A Glamour of Yore » : « Un glamour de jadis ». Ce titre romantique annonce d’emblée une hybridation audacieuse entre les temps modernes et les temps médiévaux où le glamour, invention du cinéma hollywoodien, n’existait pas. Élie Saab se lance dans l’exploration du vestiaire d’une reine des temps obscurs, qui n’avait pas de projecteurs pour mettre en avant sa beauté ou du moins sa souveraineté de droit divin. Il part donc du cinéma pour réinventer l’archétype de la reine ou de la princesse, cette créature que le pouvoir et les privilèges, mais aussi les tragédies de l’histoire, dépouillent de son humanité pour en faire un être désincarné, irradié du seul regard que portent sur lui peuple et courtisans. Ses modèles : Cate Blanchet dans Elizabeth, Sophie Marceau en princesse Isabelle dans Braveheart, Kiera Knightly dans le rôle-titre de The Duchess, Marion Cotillard dans le rôle-titre de Lady Macbeth, Charlize Theron en reine Ravenna dans Blanche-Neige et le chasseur, Isabelle Adjani incarnant Marguerite de Valois dans La reine Margot et Angelina Jolie en Maléfique dans Maléfique : le pouvoir du mal.


Réinventer l’archétype de la reine ou de la princesse, cette créature que le pouvoir et les privilèges. Photo Elie SAAB

Volutes florales et pierres sculptées

C’est au musée des Arts décoratifs qui occupe le pavillon de Marsan de l’ancien palais des Tuileries, une construction datant du XVIe siècle, qu’Élie Saab a choisi de présenter cette collection. Dans la nef du musée dont les murs vertigineux se déploient sur trois niveaux, le sol en mosaïque orné de volutes florales et les décors en pierre sculptée plantent déjà un décor fantastique. Baignés dans une lumière rouge d’avant l’électricité, les invités sont d’abord bercés par une petite musique médiévale de vielles et de flutiaux qui va traverser le temps du défilé, d’abord dans un halo vert d’aurore artificielle puis, dès le premier modèle, spectaculaire en rose cuisse de nymphe et cristaux brillants, laisser place à des accents électroniques sous un éclairage a giorno.

Beaucoup de velours, du noir profond au pourpre royal, en passant par le vert mythique, puisque inexistant aux époques qui inspirent la collection, des roses ineffables, des transparences délicates. Les corsets sont travaillés en géométrie, les bords rouleautés, ficelés d’or, les broderies opulentes. Les épaules se renforcent et confèrent aux silhouettes une majesté soulignée par des remontées en pointe qui permettent de caler le monde sur les épaules de ces figures fragiles, trop humaines souvent, que leur charge transfigure.


Les volumes jouent la majesté

« Insaisissables et sensibles, voire délicates, nos héroïnes sont d’une sagesse sereine et d’une force tranquille », souligne le manifeste. Une invasion quasi sauvage de roses Tudor et des branches en fleurs pailletées s’enroulent le long des cous et des épaules caparaçonnées d’armures romantiques. La dignité de l’or, les perles de cristal scintillantes dansent autour des tresses et des corsets. Les volumes jouent la majesté. Des capes spectaculaires en crêpe brodé de cristaux et en dentelle de velours enveloppent des robes assorties et se déclinent aussi au masculin, une nouvelle voie d’exploration pour la maison Élie Saab qui multiplie les diversifications ces dernières années. Sur certaines robes de soirée, entre les gouttes de perles, des abeilles dorées bourdonnent à travers des champs en friche de feuillage brodé.

Les robes de bal sont de véritables manifestes gothiques. Des plumes rose pâle, ondoyantes, scintillent en suivant les mouvements. La robe de mariée, enfin, en rose, si l’on est revenu du blanc, pose le point d’orgue sur cette collection juste parfaite qui tente d’incarner, souvent avec succès, un rêve de princesse qui évite la lourdeur du costume et le danger du cliché.


La robe de mariée, enfin, en rose si l’on est revenu du blanc, pose le point d’orgue sur cette collection juste parfaite. PHOTO ELIE SAAB

Halle Berry et une suite en conte de fées

Depuis 2002, cette année porte-bonheur où l’actrice Halle Berry a reçu l’oscar habillée par Élie Saab, le couturier libanais n’a cessé d’étendre la place prestigieuse qu’il occupait déjà dans le monde de la haute couture et du luxe. Après avoir lancé son prêt-à-porter féminin, il a confié au nez Francis Kurkdjian la composition de ses parfums. Il a ensuite développé une ligne pour enfant avant de se lancer dans la conception de meubles et de signer des projets immobiliers, notamment dans le Golfe, assemblant ainsi les éléments de tout un art de vivre où sa griffe est promesse de paradis, quelle que soit la définition que l’on donne à cette idée.

Des créations pour hommes viennent s'ajouter à cette collection. Photo Elie SAAB

Des créations pour l’homme s’ajoutent désormais à ces collections fastueuses réalisées sous la houlette d’un Élie Saab qui a traversé les affres de la guerre libanaise en se promettant que tant que les femmes seraient habillées avec grâce, toute la violence du monde serait conjurée.


« A Glamour of Yore » : « Un glamour de jadis ». Ce titre romantique annonce d’emblée une hybridation audacieuse entre les temps modernes et les temps médiévaux où le glamour, invention du cinéma hollywoodien, n’existait pas. Élie Saab se lance dans l’exploration du vestiaire d’une reine des temps obscurs, qui n’avait pas de projecteurs pour mettre en avant sa beauté ou du moins sa souveraineté de droit divin. Il part donc du cinéma pour réinventer l’archétype de la reine ou de la princesse, cette créature que le pouvoir et les privilèges, mais aussi les tragédies de l’histoire, dépouillent de son humanité pour en faire un être désincarné, irradié du seul regard que portent sur lui peuple et courtisans. Ses modèles : Cate Blanchet dans Elizabeth, Sophie Marceau en princesse...
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