Rechercher
Rechercher

Lifestyle - Mode

Et si l’on donnait une seconde chance à la seconde main ?

De Paris à New York, en passant par Londres, Milan et Beyrouth, les boutiques vintage et seconde main émergent à tous les coins de rue. Devenu une tendance en soit, le vintage envahit les réseaux sociaux et s’impose comme la meilleure alternative à la mode éphémère (la « fast fashion »). Toujours présent dans les marchés populaires, le concept semble cependant changer de classe sociale.

Et si l’on donnait une seconde chance à la seconde main ?

Acheter des vêtements d'occasion, souvent vintage, une nouvelle manière de concevoir son shopping. Photo DR

Beyrouth, comme d’autres villes libanaises, n'est pas étrangère aux souks locaux qui proposent des livres, des vêtements et autres articles à des prix dérisoires. Ces marchés populaires ont toujours été fréquentés par la classe moyenne, disparue depuis la crise, et celle plus défavorisée, et les familles qui vont s’approvisionner en épices. Aujourd’hui, les ruelles encombrées de ces marchés aux puces semblent accueillir davantage de jeunes Libanais et des touristes venus dénicher des vêtements d’occasion.

Dans une salle sombre et triste sans fenêtre ni vitrine, un corridor d’une dizaine de mètres mène à l’entrée de la boutique Dépôt vente située sur la rue d’Arménie. De tous les côtés et dans tous les sens, des porte-manteaux surchargés sur lesquels sont suspendus des vêtements de toutes les tailles et pour tous les goûts. Si l’entrée de la boutique ne fait pas rêver, s’y cache derrière une caverne de Ali Baba pleine de trésors de toutes les décennies, des tee-shirts tie-dye des années 70 aux minijupes dignes de Destiny’s Child. Entre froissements de tissus et bruits aigus des cintres, on discerne des murmures entre amis ponctués de cris d’exaltation devant une paire de Samba neuves dénichées sous les montagnes de vêtements. C’est dans cette salle aux murs jaunâtres que les amateurs de la seconde main dénichent et trouvent souvent leur bonheur. Clémence, jeune étudiante française de 18 ans, et son amie libanaise Aya discutent de leurs expériences respectives. Toutes les deux chineuses, leur choix vestimentaire est perçu très différemment dans leurs milieux respectifs. Clémence, vêtue d’un jeans baggy qu’elle a acheté en France, un sac à main Coach des années 2000 à la main, nous confie qu’elle ne s’habille qu’en seconde main. Son entourage, composé d’amateurs de vintage, s’échange à longueur de journée des adresses dénichées sur les réseaux sociaux. Aya a des réactions différentes de sa famille et de ses amis qui ne fréquentent que les boutiques de « mode éphémère ». Elle nous avoue que ses amis regrettent qu’elle porte des vêtements « sales et usés » qui, de plus, selon eux, ne sont plus à la mode. Alors qu’Aya aime les jeans à taille basse des années 2000, ses amis font la course pour rester dans la tendance qui fluctue de semaine en semaine. Cependant, fidèles à ce concept de vêtements usagés, elles sont d’accord pour dire que la mode vintage est en pleine croissance à Beyrouth et s’impose comme la nouvelle tendance. À l’autre extrémité de la boutique, Yendy, jeune Libanaise de vingt ans, raconte sa transition de la mode éphémère à la seconde main qu’elle considère plus écologique et originale. En sortant, leurs trouvailles à la main, elles regrettent que ce genre de boutique profite de l'essor du marché pour augmenter considérablement les prix.

Des vêtements à redécouvrir. Photo DR

Du haut de gamme

À l'autre extrémité du spectre, de nombreuses boutiques vintage haut de gamme émergent tout autour de Beyrouth, offrant à leurs clients des pièces de créateurs, de Chanel à Oscar de la Renta. Au cœur de Gemmayzé, l'enseigne néon de la boutique vintage « Nouvelle Vague » apparaît au détour de la rue. La vitrine donne à voir une salle éclairée, où les murs blancs sont décorés de tissus extravagants. La boutique brille de robes de soirées, couvertes de cristaux et de perles. Né d’un projet de pure passion, comme nous le confie Tatiana Fayad, fondatrice de la boutique, Nouvelle Vague a ouvert ses portes en 2018. Grande amatrice de vintage, elle nous affirme qu’il n’existe pas vraiment de marché au Liban comme dans les pays du Golfe. « Le vintage n’a jamais existé dans cette région du monde, les gens n’ont pas l’habitude de porter des vêtements qui ont vingt ou trente ans, déjà portés, de plus, et c’est ça tout le challenge ! », avoue-t-elle à L’Orient-Le-Jour. C’est ainsi qu’elle a cherché à conceptualiser sa boutique avec des pièces vintage, mais avec un zeste de modernité. Sa boutique, qu’elle définit comme « vintage made easy », abrite un éventail de pièces de créateurs, choisies par elle, dotées de couleurs magnifiques et de motifs extravagants. Même à un prix élevé, "Nouvelle Vague" est un véritable paradis pour les amateurs de shopping vintage. Si les pièces sont uniques, les prix les rendent exclusivement accessibles à une poignée de privilégiés. La propriétaire souligne également que ses clients sont essentiellement des touristes et des expatriés étrangers plutôt que des locaux qui semblent toujours réticents. Cependant, elle espère un changement de mentalité et précise qu’elle livre de nombreuses pièces à des Libanaises vivant ailleurs, notamment à Dubaï et dans le Golfe.

La seconde main, souvent perçue comme une contrainte pour les classes moyennes et populaires, gagne en notoriété chez les plus jeunes des classes aisées, qui voient le vintage comme une alternative écologique, originale et moins chère que la mode éphémère. Une nouvelle manière de penser et d’acheter…

Beyrouth, comme d’autres villes libanaises, n'est pas étrangère aux souks locaux qui proposent des livres, des vêtements et autres articles à des prix dérisoires. Ces marchés populaires ont toujours été fréquentés par la classe moyenne, disparue depuis la crise, et celle plus défavorisée, et les familles qui vont s’approvisionner en épices. Aujourd’hui, les ruelles encombrées de ces marchés aux puces semblent accueillir davantage de jeunes Libanais et des touristes venus dénicher des vêtements d’occasion.Dans une salle sombre et triste sans fenêtre ni vitrine, un corridor d’une dizaine de mètres mène à l’entrée de la boutique Dépôt vente située sur la rue d’Arménie. De tous les côtés et dans tous les sens, des porte-manteaux surchargés sur lesquels sont suspendus des vêtements de toutes les...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut