Les députés issus de la contestation Melhem Khalaf, Najate Aoun, Yassine Yassine, Élias Jaradi et Firas Hamdane en visite dans la périphérie de Ghajar, un village contesté situé à la frontière entre le Liban et le Golan syrien occupé, le 9 juillet 2023. Photo @najat_saliba/Twitter
Cinq députés issus de la contestation se sont rendus dimanche dans la périphérie de Ghajar, un village contesté situé à la frontière entre le Liban et le Golan syrien occupé, et que les forces israéliennes ont annexé de facto le week-end dernier en construisant une clôture autour de la partie-nord du village.
"Nous nous tenons ici à la périphérie du village assiégé de Ghajar, à la frontière libano-syrienne, pour dire ouvertement au monde entier qu'en grignotant la partie-nord de cette localité, l'ennemi israélien a commis une agression extrêmement dangereuse contre le Liban", ont déclaré dans un communiqué commun les députés Melhem Khalaf, Najate Aoun, Yassine Yassine, Élias Jaradi et Firas Hamdane au cours de leur visite. Les élus ont qualifié l'annexion "d'attaque contre la souveraineté du Liban et de violation flagrante de tous les pactes et résolutions internationaux, ce qui ne peut être toléré ni ignoré".
"Le concept de souveraineté est indivisible. Nous sommes responsables de toutes les terres libanaises ; il ne peut pas y avoir de négociation ni d'abandon d'un pouce de terrain ni des eaux de notre patrie ni d'aucune richesse souveraine qui appartient au peuple libanais", ont-ils ajouté. Les députés ont dénoncé dimanche la "position timide, indolente et inattentive du gouvernement face à cet événement dangereux", l'appelant "une fois de plus à épuiser tous les moyens de pression, sans aucun retard, pour mettre fin immédiatement cette usurpation et cette agression flagrante". Ils ont aussi reconnu le "rôle héroïque de l'armée libanaise face à l'ennemi sioniste et ses ambitions".
La bourgade, qui est divisée par la ligne bleue des Nations Unies, frontière de facto entre le Liban et le plateau du Golan annexé par Israël, a été occupée par Israël pendant la guerre de juillet 2006. Selon plusieurs experts, l'autorité sur le village est contestée entre le Liban, la Syrie et Israël. Quelque 2 000 personnes vivent à Ghajar. La plupart des villageois se considèrent toujours comme des alaouites syriens, une secte minoritaire à laquelle appartient le président syrien Bachar el-Assad. Beaucoup ont pris la nationalité israélienne au cours des longues années d'occupation et la plupart des habitants ont refusé de faire partie du Liban.
Ces dernières semaines, les tensions se sont intensifiées le long de la frontière entre le Liban et Israël. Le dernier développement en date s'est produit jeudi, avec l'échange de tirs entre les deux parties. Après le lancement d'au moins un obus de mortier non revendiqué depuis le Liban en direction d'Israël, l'armée israélienne a bombardé la zone autour des villages voisins de Kfarchouba et Mazraat Halta avec une quinzaine de roquettes. Aucun blessé n'a été signalé.



Bravo à ces cinq députés. Ils devraient être 128 !
18 h 00, le 11 juillet 2023