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Sport - Football

Lionel Messi choisit le nouveau fric de Miami

Longtemps annoncé en Arabie Saoudite, l’attaquant argentin a finalement jeté son dévolu sur l’offre de l’Inter Miami, où il va s’engager pour trois saisons, moyennant un contrat aux retombées financières multiples. Une décision peu surprenante, qui s'inscrit dans "l'ère du temps".

Lionel Messi choisit le nouveau fric de Miami

Lionel Messi lors de sa dernière apparition sous le maillot parisien, lors de la 38e journée de Ligue 1, entre le PSG et Clermont (2-3), au Parc des Princes. Franck FIFE / AFP

Lionel Messi avait le choix entre deux nouveaux mondes. Celui de la péninsule arabique, où il a longtemps été annoncé, trop hâtivement, suite à ses séjours controversés en Arabie Saoudite pour raisons commerciales. Ou celui de la péninsule floridienne, nouveau riche parmi les franchises américaines depuis son rachat par l’ancien footballeur David Beckham, où l’attendait un contrat un brin moins juteux, mais toujours bien ancré dans le domaine de l’exorbitant.

Malgré l’insistance de son père, Jorge, qui aurait bien aimé que son fils rejoigne la nouvelle Mecque du ballon rond et signe le contrat le plus pharaonique jamais proposé à un sportif – estimé à plus de 500 millions de dollars par an, soit le double de la rémunération de Cristiano Ronaldo – Messi a finalement opté pour les palmiers de la « Magic City ».


Un contrat singulier

L’offre de Miami avait aussi de quoi faire réfléchir. En plus des 60 millions de dollars qu’il devrait percevoir par saison, l’Argentin touchera une partie des bénéfices générés par Apple TV, diffuseur du championnat, tout comme ceux d’Adidas, l’équipementier de l’intégralité des franchises.

Et ce n’est pas tout. En devenant à terme actionnaire du club floridien, dont la valeur sera forcément valorisée une fois qu’il y aura mis les pieds, il s’assure une autre source de rémunération sur le long terme, y compris après le terme de son bail en Floride, qu’il sera libre de rompre à tout moment à partir de 2025.


Un message de bienvenue à l'intention de Lionel Messi a été affiché sur l'écran du Kaseya Center, le stade de l'équipe de basket du Miami Heat, lors du 3e match de la finale NBA contre les Denver Nuggets. Kyle Terada / USA TODAY Sports via AFP

Le dénouement pourra en décevoir plus d’un, surtout les plus romantiques qui espéraient encore d’un retour de la « Pulga » au Barça. Mais une telle hypothèse avait plus l’allure d’un serpent de mer que d’une option sérieuse.

Si ses rêves de réparer les pots cassés en s’offrant un jubilé en Catalogne après deux saisons mitigées, conclues en eau de boudin, dans la capitale française étaient bien réels, la faisabilité économique d’une telle opération était quasi-nulle, tant la situation financière du club blaugrana demeure bringuebalante.

Et puis, après 16 années passées au Camp Nou, sans compter ses classes à la Macia débutées à l’âge de 13 ans, Messi n’a plus besoin de prouver son amour du maillot. Mais force est de constater que celui-ci ne faisait pas le poids face au désir de rentabiliser du mieux possible son talent. Sinon, pourquoi serait-il parti « la mort dans l’âme » à l’été 2021 ?

C’est d’ailleurs ce qui lui a valu le rapide désamour des fans parisiens. L’argent du Qatar était peu ou prou le seul motif de sa venue dans la « ville lumière », si ce n’est la possibilité de continuer à évoluer dans un cadre suffisamment compétitif pour arriver fringant au moment de s’avancer vers le dernier grand défi de sa carrière : gagner une Coupe du Monde avec l’Albiceleste.

Une fois la mission accomplie, en décembre dernier, plus grand-chose n’avait suffisamment de valeur à ses yeux pour qu’il s’éternise sur les pelouses européennes.

Sept fois lauréat du Ballon d’Or, quadruple vainqueur de la Ligue des Champions avec le FC Barcelone, Messi a glané, tant sur le plan collectif qu’individuel, tous les trophées possibles et imaginables depuis son éclosion au grand jour en 2004.


Rien de nouveau sous le soleil

C’est pourquoi le voir partir s’exiler, au crépuscule de sa carrière, sous le soleil de Miami est en réalité peu étonnant. Le phénomène est au moins aussi vieux que le « Roi » Pelé, pionnier des pré-retraites exotiques au milieu des années 70 au moment de céder aux sirènes du New York Cosmos.

Beckenbauer, Cruyff, Müller ou encore Best avaient fait de même, le tout à une époque où le « soccer » et la MLS n’en étaient encore qu’à leurs balbutiements.


Lionel Messi portant le trophée de la Coupe du Monde à l'issue de la finale remportée face à la France, le 18 décembre 2022, au stade de Lusail, au nord de Doha, au Qatar. Anne-Christine POUJOULAT / AFP

Il ne s’agit pas ici de se lamenter sur l’idée selon laquelle « l’argent tue le foot ». On l’a dit, rien de nouveau sous le soleil. Les nouveaux mondes et autres « eldorados », qu’ils soient nord-américains, asiatiques ou golfiens, poursuivront leurs œuvres, au grand dam du vieux continent, condamné à voir ses joueurs les plus illustres quitter le navire les uns après les autres.

Autant regarder la réalité en face. Cela fait déjà un bon bout de temps que les belles histoires, que l’on aime tant raconter, de ces hommes ne jurant fidélité qu’à un seul maillot n’ont plus voix au chapitre. Combien reste-t-il de Steven Gerrard à Liverpool, de Francesco Totti à l’AS Rome, ou de Paolo Maldini à l’AC Milan ?

Il existe bien une poignée de résistants, qui refusent les ponts d’or qu’on leur propose pour mieux boucler la boucle au sein de leurs clubs formateurs : tel Gianluigi Buffon, venu reprendre du service à Parme en Série B, à 44 ans, ou Luis Suárez, rentré au bercail à Montevideo, au Club Nacional, après avoir écarté plusieurs offres alléchantes.

Ironie de l’histoire, l’Uruguayen, ami intime de l'Argentin, vient de nouveau de repousser les avances de... l’Inter Miami, désireux de reformer le duo qui avait si longtemps fait le bonheur du Barça. Ceux qui ont les dents les plus longues ne sont donc pas forcément ceux qu’on croit.

Lionel Messi avait le choix entre deux nouveaux mondes. Celui de la péninsule arabique, où il a longtemps été annoncé, trop hâtivement, suite à ses séjours controversés en Arabie Saoudite pour raisons commerciales. Ou celui de la péninsule floridienne, nouveau riche parmi les franchises américaines depuis son rachat par l’ancien footballeur David Beckham, où l’attendait un contrat...
commentaires (1)

Cherchez qui est la cause du revirement de Messsie, et vous serez sidéré.

Mohamed Melhem

05 h 09, le 09 juin 2023

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Commentaires (1)

  • Cherchez qui est la cause du revirement de Messsie, et vous serez sidéré.

    Mohamed Melhem

    05 h 09, le 09 juin 2023

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