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Moyen-Orient - Mini-Serie

Erdogan acte II : Nouveau « leader » du monde musulman

Faire la rétrospective des années Erdogan, c'est avoir la vertigineuse impression de n'avoir finalement rien compris au reïs. En vingt ans à la tête de la Turquie, l'homme politique a donné à voir un visage protéiforme, se contredisant à peu près sur tous les sujets, capable tantôt de réconcilier la nation, tantôt de raviver ses conflits les plus profonds. Outsider soulevant les foules, réformateur attentif à l'air du temps, stratège pragmatique ou chef de guerre aux relents autoritaires, le Premier ministre devenu président est le visage de la Turquie du XXIème siècle et voudrait être celui du « siècle turc », le nouveau centenaire de la République. A l'approche des élections générales du 14 mai, « L’Orient-Le Jour » dresse un portrait en trois épisodes du règne de cet animal politique qui a marqué l'Histoire. Ce deuxième épisode se penche sur l’extension de son influence au Moyen-Orient, une zone qu’il rêve de conquérir.

Erdogan acte II : Nouveau « leader » du monde musulman

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan et le dirigeant intérimaire libyen Mustapha Abdel Jalil saluent la foule alors qu'ils assistent à la prière du vendredi à Tripoli, le 16 septembre 2011. MAHMUD TURKIA/AFP/GETTY IMAGES

A l'orée des années 2010, au Liban, en Palestine, en Tunisie et ailleurs dans la région, le portrait du Premier ministre turc s’invite dans certains salons de coiffure, épiceries ou cafés. Ici et là, on vante les louanges de ce Recep Tayyip Erdogan du Parti de la Justice et du développement (AKP), qui se fait le porte-voix de la résistance palestinienne et qui enchaîne les succès électoraux depuis 1996, d’abord à l’échelle locale, puis nationale dès 2002. Pour les leaders de l’islam politique, la success-story de l’AKP fait rêver. A sa tête, celui qui se décrit alors comme un « islamiste démocrate », ou encore un « modéré » semble en effet dessiner une nouvelle voie au Moyen-Orient. Alors qu’autour de la Méditerranée, les peuples militent pour un renouvellement démocratique, le dirigeant turc y voit une opportunité : s’ériger en modèle...
A l'orée des années 2010, au Liban, en Palestine, en Tunisie et ailleurs dans la région, le portrait du Premier ministre turc s’invite dans certains salons de coiffure, épiceries ou cafés. Ici et là, on vante les louanges de ce Recep Tayyip Erdogan du Parti de la Justice et du développement (AKP), qui se fait le porte-voix de la résistance palestinienne et qui enchaîne les succès électoraux depuis 1996, d’abord à l’échelle locale, puis nationale dès 2002. Pour les leaders de l’islam politique, la success-story de l’AKP fait rêver. A sa tête, celui qui se décrit alors comme un « islamiste démocrate », ou encore un « modéré » semble en effet dessiner une nouvelle voie au Moyen-Orient. Alors qu’autour de la Méditerranée, les peuples militent pour un renouvellement démocratique, le dirigeant turc y voit...
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