Le chef des Marada Sleiman Frangié recevant le vice-président du Parlement Élias Bou Saab, hier à Bnecheï. Photo tirée du compte Twitter de M. Frangié
Le vice-président du Parlement, Élias Bou Saab, a affirmé hier que le leader des Marada, Sleiman Frangié, candidat à la présidence, « est ouvert à un dialogue avec toutes les parties ». M. Bou Saab a tenu ces propos à l’issue d’un entretien avec le zaïm du Nord à Bnecheï, fief du chef des Marada. Ouvertement soutenu par le tandem chiite Amal-Hezbollah, Sleiman Frangié est loin de faire l’unanimité sur la scène politique, notamment auprès des principaux partis chrétiens.
« J’ai trouvé chez Sleiman Frangié une grande ouverture afin d’arriver à un dialogue et une entente avec toutes les parties, d’autant que c’est le seul moyen de pousser tous les protagonistes à discuter des valeurs que chacun d’eux défend », a affirmé M. Bou Saab à l’issue de l’entrevue. « Tant qu’il n’y a pas de conditions préalables de la part des différents acteurs – et c’est ce que j’ai constaté lors de ma tournée – il est possible d’établir des passerelles », a poursuivi le numéro deux du Parlement, qui effectue une tournée auprès des différentes formations politiques dans l’espoir d’opérer une percée dans le dossier de la présidentielle. Élias Bou Saab a conclu en affirmant que l’entretien avec M. Frangié était « positif » et que ce dernier « est ouvert à tous, sans conditions préalables ». Il a ajouté qu’il reviendra à Bnecheï à la fin de sa tournée. Plus tôt dans la journée, le chef du groupe parlementaire du Hezbollah Mohammad Raad avait une nouvelle fois appelé au dialogue pour s’entendre sur le futur chef de l’État. « Venez que l’on s’entende pour choisir le président le plus convenable à cette étape qui suppose de préserver les intérêts de tous », a-t-il dit.
La délégation parlementaire européenne
Parallèlement, une délégation de députés européens centristes du groupe Renew Europe menait une tournée auprès de diverses formations politiques. Cette délégation comprenait notamment Christophe Grudler, député européen chargé du dossier libanais.
Selon un communiqué publié hier par les Kataëb, la délégation européenne a affirmé la nécessité « d’effectuer une percée » dans le dossier présidentiel, « sans imposer le candidat d’un camp à l’autre camp ». Toujours selon les Kataëb, la délégation a aussi affirmé que « le prochain président doit être libre et indépendant vis-à-vis de tout camp ». Ont participé à la réunion à Saïfi des députés indépendants comme Neemat Frem, ainsi que ceux de la contestation populaire, Waddah Sadek et Mark Daou, et l’ex-ministre Ziyad Baroud.
Quant au Courant patriotique libre, il a affirmé devant la délégation européenne, dans un texte publié sur le site du parti, que « le différend n’est pas personnel avec un quelconque candidat », insistant sur l’importance « d’obtenir une représentation équilibrée, notamment chez les chrétiens ». La délégation a également rencontré deux députés du bloc du Parti socialiste progressiste de Walid Joumblatt, Bilal Abdallah et Raji Saad, qui ont tous deux « appelé à accélérer l’élection présidentielle par une entente interne libanaise, profitant du climat arabe, régional et international ».
Les tractations autour de la présidentielle ont repris avec la tournée cette semaine de l’ambassadeur d’Arabie saoudite au Liban, Walid Boukhari, auprès des principales formations politiques. Le diplomate s’est entretenu hier avec l’ex-Premier ministre Tammam Salam.
Nombre d’observateurs estiment que la France fait la promotion d’un troc entre l’élection du chef des Marada à la présidence de la République et la nomination de Nawaf Salam, ancien ambassadeur du Liban à l’ONU et actuel juge à la Cour internationale de justice, pour former le premier gouvernement du prochain mandat. Ces informations ont été démenties par Paris, dont la diplomatie a affirmé mercredi dernier « ne pas avoir de candidat au Liban ». Selon certains observateurs, l’Arabie saoudite serait opposée à une candidature de Sleiman Frangié. Mais à son retour au Liban, Walid Boukhari a clairement fait savoir que le royaume ne s’ingère pas dans une « affaire souveraine libanaise » et qu’il soutiendra tout président qui sera le fruit d’une entente locale.


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Le cahier de coloriage sur la table, ça ne fait pas très sérieux ! Bon, admettons. Mais attention à ne pas dépasser les lignes entre les différentes couleurs.
13 h 45, le 08 mai 2023