Les locaux de la Banque du Liban, dans le quartier de Hamra, à Beyrouth. Ahmad Azakir/Reuters
Des juges européens ont interrogé Marianne Hoyek, l’ancienne assistante du gouverneur de la Banque du Liban Riad Salamé, hier vendredi à Beyrouth pour la seconde journée consécutive dans le cadre d’une enquête pour corruption visant M. Salamé, son frère Raja et plusieurs associés, a confirmé l’avocat de Mme Hoyek Jacques Chucrallah à L’Orient Today.
Me Chucrallah a par ailleurs indiqué qu’aucune nouvelle audience n’est prévue pour Marianne Hoyek, ajoutant ne pas être en mesure de fournir plus de détails sur l’enquête en raison du secret de l’instruction. Mme Hoyek avait déjà été interrogée jeudi au Palais de justice de Beyrouth. Selon les déclarations d’une source judiciaire à l’AFP, elle a été interrogée par les enquêteurs européens sur « des comptes lui appartenant ou relevant des frères Salamé au Liban ou à l’étranger, ainsi que sur des mouvements de fonds ». Selon un document judiciaire français consulté par Reuters, jusqu’à 5 millions d’euros provenant de la BDL ont été versés à Marianne Hoyek via des comptes en Suisse et au Luxembourg. L’ancienne assistante du gouverneur de la BDL est également mentionnée dans une demande d’entraide judiciaire présentée par la Confédération helvétique aux autorités libanaises en 2021 et dans laquelle la Suisse affirme que Marianne Hoyek a bénéficié de fonds détournés de la banque centrale au détriment de l’État libanais.
Les magistrats français, allemands et luxembourgeois sont arrivés dans la capitale libanaise lundi, pour la troisième fois depuis janvier, afin de poursuivre leur enquête sur des commissions perçues par une société appartenant à Raja Salamé, Forry Associates Ltd., lors de la vente de titres financiers de la BDL. Raja Salamé lui-même devait être entendu par la délégation de magistrats mardi et mercredi, mais il n’a pas assisté aux séances, vraisemblablement pour des raisons médicales. Selon l’AFP, les magistrats ont convoqué le frère de Riad Salamé pour la semaine prochaine dans le cadre de l’enquête portant sur plus de 300 millions de dollars de mouvements de fonds suspects opérés par les deux hommes. Le ministre sortant des Finances Youssef Khalil devait également être interrogé par les juges européens en tant que témoin en sa qualité d’ancien chef des opérations de la BDL. Cependant, il ne s’est pas présenté à la séance de vendredi. Selon les sources de l’AFP, il aurait été convoqué par les enquêteurs européens la semaine prochaine. Deux employés de sociétés chargées d’auditer les comptes de la BDL témoigneront également : Walid Nakfour, d’Ernst and Young, le 2 mai, et Nada Makhlouf, de Deloitte, le 4 mai prochain.
Quant à Raja Abou Asli, directeur exécutif de la BDL, il devra répondre aux questions des enquêteurs le 3 mai. Les auditions devraient s’achever le 5 mai.
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11 h 50, le 02 mai 2023