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Politique - Vacance présidentielle

Appel pressant de Guterres à toutes les parties au Liban pour faire preuve de leadership et de souplesse

« Cette situation compromet la capacité du pays à relever ses défis socio-économiques, sécuritaires, financiers, institutionnels, et humanitaires urgents », estime le chef de l'ONU, dans son nouveau rapport sur l'application de la résolution 1701.

Appel pressant de Guterres à toutes les parties au Liban pour faire preuve de leadership et de souplesse

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres. Photo d'archives AFP/Getty Images

Dans son nouveau rapport sur l’application de la résolution 1701 (2006) du Conseil de sécurité de l’ONU, le secrétaire général, Antonio Guterres, « note avec inquiétude » la vacance à la présidence entrée dans son cinquième mois au Liban avec un gouvernement qui continue de fonctionner en mode intérimaire. « Cette situation compromet la capacité du pays à relever ses défis socio-économiques, sécuritaires, financiers, institutionnels, et humanitaires urgents. » Le chef de l’ONU « appelle toutes les parties prenantes à faire preuve de « leadership et de souplesse en intensifiant leurs efforts pour parvenir à un consensus dans l’intérêt des citoyens libanais. »

Ce nouveau rapport trimestriel fournit une évaluation complète de la mise en œuvre de la 1701 allant de la période du 3 novembre 2022 au 20 février 2023. Il fera l’objet de consultations à huis-clos du Conseil de sécurité prévues le jeudi 16 mars au Palais de verre. A cette occasion, le Conseil entendra l’exposé détaillé de la Coordonnatrice spéciale des Nations unies, Joanna Wronecka, sur sa mise en œuvre depuis le précédent rapport du 15 novembre 2022, y compris les dispositions de la résolution 2650 (2022). Un constat : « il n’y a eu aucun progrès vers un cessez-le-feu permanent entre le Liban et Israël. »

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Le rapport est ventilé en plusieurs points : application de la résolution 1701 ; situation dans la zone d’opérations de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) ; dispositions en matière de sécurité et de liaison ; désarmement des groupes armés ; l’embargo sur les armes et contrôle des frontières ; mines terrestres et bombes à sous-munitions, délimitation des frontières ; stabilité politique et institutionnelle ; mesures de sécurité et de sûreté ; déploiement de la Finul ; conduite et discipline ; et observations.

Stabilité politique et institutionnelle

Le secrétaire général détaille avec minutie les conditions délétères générales de l’état du Liban : conditions politique, institutionnelles, socioéconomiques, financières, judiciaires, éducatives et santé, soulignant tous les points principaux en carence concernant la stabilité politique et institutionnelle du pays. M. Guterres déplore que « onze mois après l’accord au niveau des services du Fonds monétaire international (FMI), le pays n’a toujours pas mis en place un programme financier avec cette institution qui devra aider à stabiliser l’économie et à introduire les réformes nécessaires budgétaires, financières, sectorielles et de gouvernance, qui répondent aux besoins et aux aspirations du peuple libanais. » De ce fait, il encourage toutes les parties prenantes à collaborer avec le gouvernement intérimaire pour éviter la paralysie et les dysfonctionnements, pour assurer le fonctionnement efficace des institutions de l’État et faciliter la prise de décisions sur des questions urgentes et d’une importance critique.

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Concernant la situation socioéconomique critique du Liban qui continue de se détériorer, M. Guterres constate avec « inquiétude » que la capacité des institutions de l’État à fournir des services publics de base, notamment dans des secteurs clés tels que l’eau, l’énergie, l’éducation et la santé, diminue. « Les institutions publiques libanaises ont besoin d’un soutien cohérent et urgent pour permettre au pays de se remettre sur la voie du développement et de faire progresser la mise en œuvre du Programme 2030, » relève-t-il. Reconnaissant qu’une solution durable à long terme « appartient uniquement aux dirigeants libanais, » le chef de l’ONU plaide en parallèle d’« assumer la responsabilité des causes sous-jacentes de la crise et de s’y attaquer de manière décisive. »

Arsenal non autorisé : « une violation grave et persistante »

Comme dans tous ses rapports, le secrétaire général rappelle une fois de plus avec insistance que « le maintien par le Hezbollah et d’autres groupes armés non étatiques d’armes non autorisées en dehors du contrôle de l’État représente une violation grave et persistante de la résolution 1701. » Il appelle le gouvernement libanais à prendre les mesures nécessaires pour veiller à ce qu’il n’y ait pas d’armes ou d’autorité au Liban autres que celles de l’État libanais, notamment en appliquant pleinement les dispositions pertinentes de l’Accord de Taëf et des résolutions 1559 (2004) et 1680 (2006), qui exigent le désarmement de tous les groupes armés au Liban. M. Guterres réitère son appel pour que les éléments en suspens de la résolution 1701 et la question de la stratégie de défense nationale « soient abordés dans le cadre d’un dialogue national et encourageant les acteurs concernés au Liban à redoubler d’efforts pour atteindre cet objectif. »

Enquête sur l’explosion au port de Beyrouth : « retards persistants et préoccupants »

Soulignant la nécessité de renforcer « un système judiciaire indépendant capable de rendre justice », M. Guterres exprime sa préoccupation par les « retards persistants » concernant l’enquête sur l’explosion au port de Beyrouth survenue le 4 août 2020. « Les autorités libanaises doivent faire passer les intérêts des victimes avant tout et mener à bien une enquête impartiale, approfondie et transparente, » plaide-t-il. Il en va de même pour l’enquête sur l’assassinant de l'intellectuel et opposant chiite Lokman Slim qui « ne progresse pas », et demande également que l’enquête sur les affrontements de Tayouné (entre des miliciens du Hezbollah et d'Amal et d'autres chrétiens, en octobre 2021 à Beyrouth) progresse aussi.

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Finul : présence d’armes, incidents et gesticulations

D’autre part, détaillant les nombreux incidents et violations survenus durant cette période, le chef de l’ONU souligne sa « grave préoccupation » par la poursuite d’actes d’intimidation à l’encontre des Casques bleus, condamnant une fois de plus dans les « termes les plus énergiques » l’attaque perpétrée contre la Finul à Aqibiyé en décembre 2022 et qui a couté la vie à un soldat irlandais de l'ONU, soulignant « la nécessité de traduire en justice les auteurs de cet acte. » Il met en garde contre les incidents affectant la liberté de mouvement de la Finul. Il plaide pour que les autorités libanaises aident à dissiper les idées fausses et à faire mieux comprendre aux communautés locales le mandat de la mission, y compris sa liberté de mouvement, tant avec l’armée libanaise qu’en toute indépendance. « Des perceptions erronées peuvent alimenter la peur et la suspicion à l’égard de la mission, compromettre la sécurité du personnel et réduire l’espace opérationnel des soldats de la paix, » souligne-t-il.

Par ailleurs, le secrétaire général exprime sa « déception par le retour d’incidents et de gesticulations préoccupants, notamment directement entre l’armée libanaise et les forces de défense israéliennes qui risquent d’entrainer une escalade avec de graves conséquences. » Il condamne aussi toutes les violations continues par Israël de l’espace aérien libanais par des avions israéliens et des drones qui constituent « une violation de la 1701 et de la souveraineté libanaise. »

M. Guterres relève enfin l’importance de la coopération entre la Finul et l’armée libanaise pour la mise en œuvre réussie de la résolution 1701. Toutefois des écueils demeurent. « L’armée libanaise continue à faire face à des contraintes de ressources, affectant ses capacités opérationnelles, dans un contexte de crise économique financière, ce qui entrave les progrès du dialogue stratégique avec la Finul visant à accroître les déploiements et à étendre l’autorité de l’État. A cet égard, le lancement du mécanisme d’appui financier d’urgence est bienvenu. Il aidera à soutenir les deux institutions de sécurité de l’État à court terme et contribuera à la sécurité et à la stabilité dans l’ensemble de l’État libanais. » 


Dans son nouveau rapport sur l’application de la résolution 1701 (2006) du Conseil de sécurité de l’ONU, le secrétaire général, Antonio Guterres, « note avec inquiétude » la vacance à la présidence entrée dans son cinquième mois au Liban avec un gouvernement qui continue de fonctionner en mode intérimaire. « Cette situation compromet la capacité du pays à...

commentaires (5)

On attrape plus vite un MENTEUR ou un VOLEUR ? Le pire, c'est quand il est personnifié en une personne…

aliosha

19 h 39, le 12 mars 2023

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Commentaires (5)

  • On attrape plus vite un MENTEUR ou un VOLEUR ? Le pire, c'est quand il est personnifié en une personne…

    aliosha

    19 h 39, le 12 mars 2023

  • Cher M. Guterres. On voit bien que vous êtes dépité. Une suggestion pratique: arrêtez de subventionner la présence des déplacés/ réfugiés au Liban. Si vous le voulez, emballez les et accueillez-les chez vous au Portugal! Montrez l’exemple.

    Mago1

    15 h 48, le 12 mars 2023

  • 1. Le Hezbollah ne peut pas et ne soit pas disparaître, tant qu ' Israël occupe 1 cm2 de notre territoire. Par contre, il doit changer de nom et être intégré dans l'armée libanaise sous un statut spécial. 2.L' ONU doit mettre le Liban sous statut spécial et l'administrer un certain temps dans le but d'implanter dans le cerveau des futurs dirigeants la seule qualité requise : le patriotisme.

    KASSIR Mounir

    14 h 15, le 12 mars 2023

  • liste de voeux pieux

    OBEGI CHARLES

    14 h 08, le 12 mars 2023

  • - PREUVE DE LEADERSHIP ? QUI ? NOS ABRUTIS ANES ? - MAIS CES VAURIENS SE CROIENT GUIDER DES CARAVANES. - DANS UN DESERT DE NUIT OBSCURE ET TRES EPAISSE, - OU CACHER DES ESCROCS L,APRE SCELERATESSE.

    LA LIBRE EXPRESSION

    13 h 18, le 12 mars 2023

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