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Politique - Liban

Explosion au port de Beyrouth : l'ONU réclame une enquête "sérieuse et sans interférence politique"

S'exprimant au nom de 38 pays devant le Conseil des droits de l'homme, l'ambassadrice d'Australie dénonce l'obstruction systémique, l'ingérence, l'intimidation et l'impasse politique". 


Explosion au port de Beyrouth : l'ONU réclame une enquête

Le Haut-Commissaire aux droits de l'homme de l'ONU Volker Türk lors d'une session du 52e Conseil des droits de l'homme des Nations Unies, à Genève, le 6 mars 2023. Photo Fabrice COFFRINI / AFP

Le Haut-Commissaire aux droits de l'homme de l'ONU Volker Türk a réclamé qu'une "enquête sérieuse" sur la double explosion au port de Beyrouth le 4 août 2020 soit menée "sans interférence politique ou retard supplémentaire". Confiée au juge d'instruction Tarek Bitar, cette investigation fait face à de flagrantes ingérences politiques et judiciaires et se trouve dans une impasse depuis des mois.

"Une enquête sérieuse sur l'explosion d'août 2020 est nécessaire de toute urgence, sans interférence politique ni retard supplémentaire", a déclaré M. Türk devant le Conseil des droits de l'homme. L'explosion a fauché plus de 220 vies, blessé plus de 6.500 personnes et ravagé des quartiers entiers de la capitale. Justice n'a toujours pas été rendue aux victimes, dont les proches manifestent régulièrement.

Pour son traditionnel discours survolant tous les points chauds des atteintes aux droits humains, le Haut-Commissaire a affirmé que "les injustices structurelles, la pauvreté abjecte et les inégalités croissantes constituent des manquements généralisés aux droits de l'homme", avant de citer le Liban en exemple.  "Le Liban est en proie à l'une des pires crises économiques de l'histoire moderne, avec plus de la moitié de la population vivant sous le seuil de pauvreté et deux millions de personnes confrontées à l'insécurité alimentaire, a indiqué M. Türk. De nombreux services du secteur public ont été interrompus, l'accès à l'éducation et aux soins de santé devient un luxe et l'électricité est rare". "Je demande que des efforts considérables soient déployés pour lutter contre la corruption, ancrer la réglementation économique et financière dans l'État de droit et intégrer fermement la responsabilité et la transparence dans toutes les mesures économiques", a-t-il enfin dit. 

Garantir, l'indépendance et l'impartialité

En outre, lors du la 52e session du Conseil des droits de l'homme, l'ambassadrice d'Australie Amanda Gorely a lu un communiqué au nom de 38 pays dans lequel elle appelle le gouvernement libanais à mener "une enquête rapide, indépendante, impartiale, crédible et transparente sur l'explosion".  La plus jeune victime de l’explosion du 4 août est un bébé d’un an et demi, Isaac, de parents australiens.


"Le 4 août 2020, plus de 200 personnes ont été tuées et près de 7.000 autres blessées par l'une des plus grandes explosions non nucléaires de l'histoire, qui a causé des dommages inimaginables aux écoles, aux maisons, aux établissements de santé et aux infrastructures soutenant les services, a déclaré Mme Gorely. Nous exprimons notre solidarité avec toutes les victimes et leurs familles qui, près de trois ans plus tard, continuent d'attendre la vérité et la justice".

"Nous sommes préoccupés par le fait que l'enquête menée par le Liban sur les causes de l'explosion n'a pas encore abouti", a-t-elle affirmé dénonçant "l'obstruction systémique, l'ingérence, l'intimidation et l'impasse politique, et dans un contexte de grave crise financière et économique". 

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La société civile veut une commission internationale d’établissement des faits

Enfin, elle indique que le groupe des 38 pays demande "avec insistance au Liban de respecter ses obligations internationales en matière de droits de l'homme et de prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir, l'indépendance et l'impartialité totales du système judiciaire libanais". "Nous appelons les autorités libanaises à faire respecter le droit des victimes à un recours effectif et à une réparation adéquate, efficace et rapide pour les préjudices subis, a-t-elle ajouté. (...) Une enquête rapide, indépendante, impartiale, crédible et transparente sur l'explosion doit être menée". 

Hier, en coopération avec Human Rights Watch (HRW), le collectif Noun a organisé un sit-in devant le Palais de justice de Beyrouth, pour réclamer au Conseil des droits de l’homme de créer une commission internationale d’établissement des faits. Si elle est créée, cette commission serait chargée de collecter des preuves liées à la double explosion au port afin de les mettre à la disposition de la justice libanaise et du secrétariat général de l’ONU. La directrice du bureau de HRW au Moyen-Orient et en Afrique du nord, Lama Fakih, a appelé les quarante-sept États membres du Conseil des droits de l’homme à œuvrer pour la création d’une commission internationale d’établissement des faits. "Les parents des victimes ont le droit de savoir qui est responsable de la mort de leurs proches", a-t-elle martelé. 

Contrairement à une enquête internationale qui serait menée par le Conseil de sécurité de l’ONU, la création de la commission revendiquée par la société civile ne nécessite pas une demande de l’État libanais. On sait que celui-ci est réticent à l’internationalisation des investigations, depuis que l’ancien chef d’État Michel Aoun avait affirmé, au lendemain de la catastrophe, qu’une enquête internationale "diluerait la vérité".

Le Haut-Commissaire aux droits de l'homme de l'ONU Volker Türk a réclamé qu'une "enquête sérieuse" sur la double explosion au port de Beyrouth le 4 août 2020 soit menée "sans interférence politique ou retard supplémentaire". Confiée au juge d'instruction Tarek Bitar, cette investigation fait face à de flagrantes ingérences politiques et judiciaires et se trouve dans une impasse depuis...
commentaires (5)

Explosion au port de Beyrouth : l'ONU réclame une enquête "sérieuse et sans interférence politique". OKEY-DOKEY, Sinon quoi? Que peuvent craindre nos mafieux dans le cas où ils ne s’exécuteraient pas, chose qui plus sûre que demain sera jeudi.

Sissi zayyat

11 h 24, le 08 mars 2023

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Commentaires (5)

  • Explosion au port de Beyrouth : l'ONU réclame une enquête "sérieuse et sans interférence politique". OKEY-DOKEY, Sinon quoi? Que peuvent craindre nos mafieux dans le cas où ils ne s’exécuteraient pas, chose qui plus sûre que demain sera jeudi.

    Sissi zayyat

    11 h 24, le 08 mars 2023

  • Ils “condamnent” aussi ? ?

    Abdallah Barakat

    23 h 55, le 07 mars 2023

  • "… l'ONU réclame une enquête "sérieuse et sans interférence politique" …" - En tout cas ça prouve une chose: l’ONU n’a rien compris au Liran. Mais alors rien de rien…

    Gros Gnon

    21 h 55, le 07 mars 2023

  • On sait ce que vaut le conseil des droits de l'homme et l'ONU en général...profitez de vos salaires non fiscalisés et autres prébendes, et de grâce, cessez de vous fichtre de nous...

    IBN KHALDOUN

    21 h 54, le 07 mars 2023

  • Oui les libanais tous veulent une enquête rapide, indépendante, impartiale, crédible et transparente sur l'explosion du port et qui doit être menée cette fois par les instances internationales . Espérons .

    Antoine Sabbagha

    19 h 43, le 07 mars 2023

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