Le Premier ministre Nawaf Salam présidant le Conseil des ministres au Grand serail, le 15 juin 2026. Photo ANI
Le Premier ministre Nawaf Salam a annoncé lundi « patienter avant de prendre une décision finale concernant le maintien ou pas des examens officiels de baccalauréat ». Il a cependant assuré que ceux-ci, prévus le 29 juin exactement, « seront reportés au moins jusqu’à début juillet, afin que tout le monde puisse se préparer au cas où ces examens seront maintenus ». Il a rappelé que l’alternative « serait d’accorder des attestations venant des établissements eux-mêmes ».
M. Salam a expliqué « préférer patienter avant de prendre une décision finale en rapport avec les examens, le temps de s’assurer si le cessez-le-feu (au Liban) sera bel et bien appliqué ». « Dans tous les cas, nous n’avons d’autre choix que de les reporter », a-t-il dit, en marge du Conseil des ministres qu’il présidait lundi au Grand sérail.
Des milliers d’élèves attendent la décision du gouvernement et du ministère de l’Education concernant la tenue – ou non – des examens officiels cette année. L’éclatement du conflit entre le Hezbollah et Israël a obligé des milliers de familles à se déplacer, ou à vivre en zones de combats, ce qui a grandement perturbé la scolarité de nombre d’élèves. La mort de deux étudiants originaires de Qlayya avec leur père il y a quelques semaines sur la route du Liban-Sud, alors qu’ils revenaient de l’université, a augmenté d’un cran la pression. La ministre de l’Education Rima Karamé, qui voulait initialement maintenir les examens tout en mettant en place des « exceptions » pour les étudiants dans les zones de conflit, a été la cible de sévères critiques durant des semaines. Le Conseil des ministres de lundi était supposé apporter une réponse aux attentes des élèves.
Le cessez-le-feu auquel fait référence le Premier ministre est celui inclus dans l’accord auquel sont parvenus les Etats-Unis et l’Iran lundi, et qui devrait être signé à Genève vendredi. La trêve reste fragile au Liban, notamment en vue d’un refus israélien de s’y conformer, et des précédents qui n’ont pas tenu.
« En raison des multiples spéculations et rumeurs autour du sort des examens de baccalauréat, j’ai suivi de près ce dossier avec la ministre Rima Karamé au cours des jours passés », a poursuivi M. Salam. Il a fait valoir que « la mission du gouvernement est de préserver le niveau de l’enseignement au Liban, tout en garantissant le droit des élèves de voir leurs années de scolarité couronnées par un diplôme officiel, mais elle consiste aussi à garantir leur sécurité et à ne pas les exposer à un danger quelconque en ces circonstances exceptionnelles que traverse le pays ». « Il s’agit aussi de garantir l’égalité des chances entre tous les candidats autant que possible », a-t-il ajouté.
Karamé tient mardi une réunion élargie
De son côté, Rima Karamé a salué « la décision de patienter avant d’annuler les examens officiels, loin de toute la démagogie qui a prévalu dernièrement », en référence aux critiques qui l'ont visée. « La période d’attente ne sera pas longue, le temps de prendre le pouls de la situation et des développements, a-t-elle ajouté. Je tiendrai une réunion pédagogique élargie demain. Il est important de discuter des répercussions de toute décision qui sera prise ».
Pour la ministre, « il est important de ne traiter injustement aucun élève, et nous nous sommes focalisés sur les zones de conflit et les familles qui ont été directement touchées par la guerre ». Elle a assuré, en réponse aux questions des journalistes, que le ministère a des listes des endroits où se trouvent les élèves, et que « toute décision tiendra compte de leur avenir ».
« Nous avons convenu, avec le Premier ministre, de garder les options ouvertes le temps de pouvoir évaluer la situation, mais ce qui est sûr, c’est que les examens n’auront pas lieu le 29 juin comme initialement prévu », a poursuivi Mme Karamé. Interrogée sur l’incertitude des élèves qui ne savent pas s’ils doivent réviser ou pas, la ministre a fait remarquer que « les études ne sont jamais une perte de temps, l’acquisition des données n’en sera que meilleure ».
Salam espère « la réussite » du cessez-le-feu
Selon le ministre de l’Information Paul Morcos, qui a lu les décisions du Conseil des ministres, le Premier ministre a déclaré « espérer que l’annonce de cessez-le-feu (au Liban) réussira, et que cet accord auquel sont parvenus les Etats-Unis et l’Iran pourra mettre un terme à cette guerre, aux morts, aux destructions, aux déplacements de populations et à toutes les tragédies vécues par les Libanais ».
« Je ne peux que remercier sincèrement tous ceux qui ont contribué à ce résultat », a-t-il ajouté.
Le Premier ministre n’en a pas moins estimé que « les efforts prodigués au cours des négociations en cours à Washington devront être décuplés, en vue de parvenir à un retrait israélien de nos terres et à la libération de nos détenus » dans les geôles israéliennes.
Il répondait ainsi à plusieurs déclarations émanant du Hezbollah, notamment au dernier communiqué du parti, sans le nommer, qui appellent régulièrement les autorités libanaises à abandonner les pourparlers directs avec Tel Aviv, entamés depuis avril sous parrainage américain (la prochaine réunion est prévue le 22 juin). Le Premier ministre, tout comme le président de la République Joseph Aoun, annoncent régulièrement leur attachement aux négociations entreprises par l’Etat libanais au nom du pays, refusant d’être une simple carte entre les mains des Iraniens sur la table de négociations avec les Etats-Unis.
Par ailleurs, M. Morcos a annoncé que le Conseil des ministres avait approuvé la plupart des points sur son ordre du jour. Ces points concernent principalement des embauches à l’Inspection centrale, la création d’une société appelée « Société de l’aéroport de Beyrouth » à la demande du ministère des Travaux publics, un contrat de gré à gré que la Banque du Liban veut signer avec un bureau d’audit spécialisé dans le traçage des transferts d’argent, la redynamisation d’un Conseil national de la politique de prix au ministère de l’Economie, et une demande du ministère de l’Environnement concernant un plan de gestion intégrée des déchets ménagers.



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