Poignée de main entre le Premier ministre britannique Rishi Sunak et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, hier lors d’une conférence de presse à Windsor, en périphérie ouest de Londres. Dan Kitwood/Pool via Reuters
Le Premier ministre britannique Rishi Sunak et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen sont parvenus lundi à un accord pour mettre fin à plus d’un an de différend concernant les dispositions post-Brexit en Irlande du Nord. Après des mois de tensions et de difficiles négociations, les deux dirigeants ont annoncé ce compromis lors d’une conférence de presse à Windsor, en périphérie ouest de Londres. « Le Royaume-Uni et l’Union européenne ont peut-être eu des différends dans le passé, mais nous sommes des alliés, des partenaires commerciaux et des amis et nous l’avons clairement constaté l’année dernière lorsque nous nous sommes unis avec d’autres pour soutenir l’Ukraine », a insisté M. Sunak. « C’est le début d’un nouveau chapitre dans nos relations », a-t-il poursuivi, saluant « une avancée décisive ». « Je pense que ce sur quoi nous nous sommes mis d’accord aujourd’hui est historique », a renchéri Mme von der Leyen, évoquant également « un nouveau chapitre ».
« Nous nous sommes mis d’accord sur des garanties solides (...) qui vont protéger l’intégrité du marché unique européen », a insisté Mme von der Leyen. « Et le plus important, c’est qu’il protège la paix durement obtenue grâce à l’accord du Vendredi saint » qui a mis fin au conflit entre unionistes, surtout protestants, et républicains, en majorité catholiques, et dont le 25e anniversaire sera célébré en avril, a-t-elle ajouté.
Signé en 2020, le protocole nord-irlandais, négocié après le Brexit par l’ancien Premier ministre Boris Johnson, réglemente la circulation des biens entre le reste du Royaume-Uni et l’Irlande du Nord, qui dispose de la seule frontière terrestre avec l’Union européenne. Ce protocole voulait éviter une frontière terrestre entre l’Irlande et l’Irlande du Nord qui risquerait de fragiliser la paix conclue en 1998 après trois décennies sanglantes, tout en protégeant le marché unique européen.
Mais il posait des problèmes pratiques en imposant notamment des contrôles douaniers sur les marchandises de Grande-Bretagne arrivant en Irlande du Nord, et ce même si elles sont destinées à rester dans la province britannique.
Le protocole a ainsi généré des tensions entre l’Union européenne et Londres, mais est aussi devenu un problème interne pour Rishi Sunak, confronté à l’opposition des durs du Brexit et à celle des unionistes du Democratic Unionist Party (DUP), opposés à toute remise en cause de l’appartenance de l’Irlande du Nord au Royaume-Uni. Ces derniers refusent toute application de facto du droit européen dans la province britannique et bloquent le fonctionnement de l’exécutif local depuis un an.
L’accord de Windsor va en particulier considérablement réduire les contrôles douaniers nécessaires sur les marchandises de Grande-Bretagne arrivant en Irlande du Nord. Il va aussi réduire l’application de réglementations de l’UE dans la province britannique.
Rencontre avec le roi
Pour calmer les unionistes, Londres avait menacé au printemps dernier de revenir unilatéralement sur l’accord, suscitant la colère de Dublin et de Bruxelles qui avait alors brandi le spectre d’une guerre commerciale. L’accord obtenu lundi doit donc permettre de relancer les relations souvent acrimonieuses ces dernières années entre le gouvernement britannique et les 27.
Côté britannique, les remous ne sont pas forcément terminés. Le DUP « prendra le temps pour étudier les détails et évaluer l’accord », a tempéré sur Twitter le chef du DUP, Jeffrey Donaldson,
Après sa conférence de presse avec Ursula von der Leyen, M. Sunak devait rentrer à Londres pour s’adresser aux députés à la Chambre des communes. Ses explications s’annonçaient délicates : il doit éviter une fronde qui affecterait son autorité après quatre mois au pouvoir. Certains des eurosceptiques les plus durs de sa majorité ont déjà critiqué un compromis qui améliore le protocole sans remettre en cause son principe de maintenir certaines règles européennes en Irlande du Nord.
Entre-temps, Ursula von der Leyen devait rencontrer Charles III, une visite critiquée par certains qui déplorent que le roi se retrouve mêlé à des discussions politiques aussi controversées. « Le roi est heureux de rencontrer n’importe quel dirigeant étranger en visite au Royaume-Uni et c’est le conseil du gouvernement qu’il le fasse », a réagi le palais de Buckingham dans un communiqué.
Source : AFP


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