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Lifestyle - Musées

Une exposition au Mucem de Marseille pour « ôter le vernis » du mythe d’Alexandrie

Une exposition au Mucem de Marseille pour « ôter le vernis » du mythe d’Alexandrie

Exposition « Alexandrie: futurs antérieurs » au Mucem de Marseille, le 6 février. Nicolas Tucat/AFP

Le phare, la bibliothèque, Alexandre le Grand, Cléopâtre... : une exposition en France entend « ôter le vernis » du mythe d’Alexandrie en plongeant au cœur de la ville égyptienne, grâce notamment à des allers-retours entre pièces antiques et créations contemporaines.

Comme de nombreuses autres villes méditerranéennes, « Alexandrie est une ville portuaire, une ville d’émigration, une ville d’immigration, une ville cosmopolite », rappelle Arnaud Quertinmont, un des commissaires d’« Alexandrie : futurs antérieurs » (jusqu’au 8 mai, au Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée, le Mucem, à Marseille, dans le sud de la France).

Fondée par Alexandre le Grand en 331 av. J.-C., la cité est, durant l’Antiquité, la deuxième plus grande ville du monde romain derrière Rome. Construite pour gérer le commerce du bassin méditerranéen, elle est aussi un centre au rayonnement culturel, religieux et scientifique.

Une femme devant une maquette du phare d’Alexandrie, au Mucem de Marseille. Nicolas Tucat/AFP

Au fil de cinq sections explorant l’urbanisme de la ville et le lien entre pouvoir et savoirs, la vie quotidienne des Alexandrins, leur religion et l’héritage de la cité, l’exposition, en juxtaposant quelque 200 œuvres archéologiques et témoignages historiques avec une quinzaine de créations contemporaines, entend « gratter un peu le mythe qui recouvre Alexandrie et revenir à l’archéologie », résume Arnaud Quertinmont.

Pour autant, ajoute-t-il, « il ne faut pas évacuer ce mythe, il est excessivement important et façonne notre imaginaire ».

Lieu d’un « bilinguisme culturel » étonnant – en témoigne par exemple ce petit bronze du pharaon représenté sous les traits d’Horus, un homme à tête de faucon, paré d’une cuirasse impériale, symbole du pouvoir romain –, Alexandrie s’illustre aussi par son héritage multiple, allant des découvertes scientifiques, comme les bases de la pneumatique et de l’hydraulique, à sa poésie et sa littérature développées dans la bibliothèque et le musée de la ville.

Rares sont pourtant aujourd’hui les traces de l’Alexandrie antique : « Alexandrie est une ville multiple. À l’inverse d’autres villes, comme Rome, on n’a pas une occupation qui se superpose à une autre, le centre-ville s’est déplacé », pointe Arnaud Quertinmont.

« Alexandrie a été partiellement rasée par un tsunami au IVe siècle de notre ère, elle a été bombardée au XIXe siècle et elle fait face aujourd’hui à un urbanisme galopant. Il est donc difficile de saisir la réalité archéologique d’Alexandrie », ajoute-t-il.

Elle n’en reste pas moins aujourd’hui encore une cité à part, en Égypte comme dans le bassin méditerranéen, résume Sarah Rifky, une autre des commissaires de l’exposition.

« Alexandrie est une ville incroyablement importante pour comprendre non seulement l’Égypte, mais aussi toute la Méditerranée, d’une part, à cause de son héritage historique (...) mais aussi parce que la ville a été un nœud important pour le capitalisme et la modernisation de l’Égypte, et pour le rôle politique symbolique essentiel qu’elle joue depuis les années 1950 », souligne-t-elle.

En 2022, l’exposition « Pharaons superstars » au Mucem de Marseille interrogeait les ressorts de la célébrité et de la postérité en parcourant 5 000 ans d’histoire, de l’Égypte antique à nos jours.

Le Musée des civilisations d’Europe et de Méditerranée de Marseille est l’un des plus visités de France, hors de Paris.

Martin DE MONTVALON/AFP

Le phare, la bibliothèque, Alexandre le Grand, Cléopâtre... : une exposition en France entend « ôter le vernis » du mythe d’Alexandrie en plongeant au cœur de la ville égyptienne, grâce notamment à des allers-retours entre pièces antiques et créations contemporaines.Comme de nombreuses autres villes méditerranéennes, « Alexandrie est une ville portuaire, une ville d’émigration, une ville d’immigration, une ville cosmopolite », rappelle Arnaud Quertinmont, un des commissaires d’« Alexandrie : futurs antérieurs » (jusqu’au 8 mai, au Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée, le Mucem, à Marseille, dans le sud de la France).Fondée par Alexandre le Grand en 331 av. J.-C., la cité est, durant l’Antiquité, la deuxième plus grande ville du monde...
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