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Société - Justice

L’avocat et activiste Wassef Haraké poursuivi par le juge Zaher Hamadé

L’avocat et activiste Wassef Haraké poursuivi par le juge Zaher Hamadé

Le militant et avocat Wassef Haraké. Photo tirée de son compte Facebook

L’avocat général près du parquet d’appel de Beyrouth Zaher Hamadé, proche du chef du mouvement Amal Nabih Berry, a engagé hier des poursuites contre Wassef Haraké, avocat et figure de la thaoura. Le magistrat s’est basé notamment sur l’article 383 du code pénal, qui punit d’emprisonnement l’auteur d’un « outrage pour paroles, gestes ou menaces adressés à un magistrat ». Il a déféré la plainte au premier juge d’instruction de Beyrouth, Charbel Abou Samra, qui l’a lui-même transférée au juge d’instruction, Jamil Bayram, également proche de la mouvance berryste.

Cette information a été confirmée à L’Orient-Le Jour par Me Haraké, qui a estimé que l’action portée à son encontre aurait un lien avec la journée du 26 janvier, au cours de laquelle les proches des victimes de l’explosion meurtrière du 4 août et des députés de l’opposition s’étaient mobilisés pour protester contre la décision prise la veille par le procureur général près la Cour de cassation, Ghassan Oueidate, de poursuivre au pénal le juge d’instruction près la Cour de justice Tarek Bitar, en charge de l’enquête sur ce drame, et de remettre en liberté l’ensemble des détenus dans cette affaire.

« Dans les faits, une militante, dont je suis l’avocat, avait été appréhendée ce jour-là par la police, lors du sit-in organisé devant le ministère de la Justice. Lorsque la jeune fille a été emmenée à l’intérieur du bâtiment, j’ai demandé à y entrer pour lui venir en aide », affirme Me Haraké, précisant avoir été autorisé à le faire. Sauf qu’un peu plus tard, un officier lui a enjoint d’évacuer les lieux. Devant son refus et l’altercation verbale qui les a opposés, le juge Hamadé a ordonné l’arrestation de l’avocat. « Si vous pensez que vous me faites peur, je vais répéter ce que j’ai déclaré récemment : vous êtes un juge au service de l’establishment », a lancé Me Haraké au magistrat. Près d’une heure plus tard, l’avocat avait fini par être remis en liberté sur instruction du juge Oueidate.

« À ce jour, je n’ai pas été notifié des poursuites engagées par le juge Hamadé », révèle Wassef Haraké, indiquant qu’il en a eu vent par hasard. « Alors que je me trouvais aujourd’hui (hier) au greffe du premier juge d’instruction, un fonctionnaire m’a informé de la démarche du juge Hamadé, ainsi que de la décision du juge Abou Samra de déférer l’affaire au juge Bayram », révèle Wassef Haraké. « Avec quelques confrères, nous nous concertons pour décider de la marche à suivre une fois que je serai notifié », affirme-t-il.

Le 13 janvier dernier, William Noun, frère d’un pompier tué dans l’explosion du 4 août, s’était introduit au Palais de justice de Beyrouth au cours d’une mobilisation mouvementée. Il s’était également emporté à la télévision, assurant qu’il était « prêt à faire exploser le Palais de justice » au cours d’une émission. Le juge Zaher Hamadé avait alors réclamé son arrestation pour atteinte à la sécurité de l’État.


L’avocat général près du parquet d’appel de Beyrouth Zaher Hamadé, proche du chef du mouvement Amal Nabih Berry, a engagé hier des poursuites contre Wassef Haraké, avocat et figure de la thaoura. Le magistrat s’est basé notamment sur l’article 383 du code pénal, qui punit d’emprisonnement l’auteur d’un « outrage pour paroles, gestes ou menaces adressés à un...

commentaires (3)

Le fait d’avoir dit la vérité au juge vendu lui vaut une arrestation dans un état devenu hors d’état de gouvernance puisque les juges sont achetés et les avocats servent de pions tout comme les forces de protection intérieure, tous des fossoyeurs de leur propre pays. Ils n’osent pas moufeter pour dénoncer les crimes horribles de ceux qui les ont placé à leurs postes et s’acharnent sur les citoyens patriotes et honnêtes. Où est donc la potence? Ça vient bordel? Qu’attendent les libanais pour se faire justice eux mêmes puis que la justice est morte et enterrée dans notre pays.

Sissi zayyat

11 h 49, le 05 février 2023

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Commentaires (3)

  • Le fait d’avoir dit la vérité au juge vendu lui vaut une arrestation dans un état devenu hors d’état de gouvernance puisque les juges sont achetés et les avocats servent de pions tout comme les forces de protection intérieure, tous des fossoyeurs de leur propre pays. Ils n’osent pas moufeter pour dénoncer les crimes horribles de ceux qui les ont placé à leurs postes et s’acharnent sur les citoyens patriotes et honnêtes. Où est donc la potence? Ça vient bordel? Qu’attendent les libanais pour se faire justice eux mêmes puis que la justice est morte et enterrée dans notre pays.

    Sissi zayyat

    11 h 49, le 05 février 2023

  • C'est probablement un héritage de l'Administration Ottomane, un juge qui demande à un autre juge qui demande à son tour à un 3ème juge de poursuivre un auxiliaire de justice (l'avocat). Pour ça ils ont le temps. J'espère que le fonctionnaire qui a divulgué l'info ne sera pas puni. Me Haraké n'avait pas à préciser de qui il tenait l'information.

    Céleste

    10 h 13, le 03 février 2023

  • Il n’y a plus qu’à déposer un recours. ça marche il paraît.

    PPZZ58

    08 h 41, le 03 février 2023

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