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Politique - Exécutif

Conseil des ministres : Mikati temporise

Interrogé par « L’OLJ », le chef du gouvernement affirme vouloir régler les dossiers des enseignants des écoles publiques et de l’UL lors d’une même séance.

Conseil des ministres : Mikati temporise

Le chef du gouvernement sortant, Nagib Mikati, s’exprimant à l’issue du dernier Conseil des ministres, le 18 janvier, au Sérail. Photo Dalati et Nohra

Cette fois-ci, Nagib Mikati a mis un peu (plus) d’eau dans son vin. S’il semble confiant d’obtenir, tôt ou tard, le feu vert du Hezbollah à la tenue d’un nouveau Conseil des ministres en période de vacance présidentielle, le chef du gouvernement sortant préfère cependant rester prudent. Il n’a donc toujours pas convoqué une séance ministérielle consacrée au secteur de l’éducation, comme il l’a avait promis à l’issue de la dernière réunion gouvernementale, tenue le 18 janvier au Grand Sérail. Avant de passer à l’acte, le Premier ministre préfère attendre toutes les données relatives au dossier de l’Université libanaise, afin de régler la question des salaires des enseignants de l’établissement public ainsi que celle des salaires des enseignants des écoles publiques (en grève depuis trois semaines) en même temps. Un parfait prétexte pour le chef de l’exécutif, afin d’épargner à son équipe et au pays une nouvelle crise politique. Car Nagib Mikati n’a vraisemblablement pas encore obtenu l’aval explicite du parti de Hassan Nasrallah à la tenue d’un nouveau Conseil des ministres – le troisième depuis l’expiration du mandat présidentiel de Michel Aoun en octobre 2022.

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La prudence du parti chiite pourrait s’expliquer par le fait qu’il ne semble pas disposé à enfoncer davantage le clou avec son allié chrétien, le chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil. D’autant plus que le leader du courant orange vient de tirer à boulets rouges, lors d’une conférence de presse dimanche, sur son allié de longue date, se disant « inquiet » pour la pérennité de l’accord de Mar Mikhaël, une entente que le parti chiite n’a aucun intérêt à rompre à l’heure actuelle.

Aucun contact avec le Hezbollah

« Ce n’est pas à chaque fois que doit se tenir un Conseil des ministres qu’il faut se lancer dans des spéculations sur l’approbation des uns et des autres », commente pour L’Orient-Le Jour Nagib Mikati, comme pour se dire assuré de l’aval du Hezbollah. « La tenue des séances gouvernementales deviendra une nécessité absolue », poursuit le chef du gouvernement, affirmant n’avoir mené aucun contact politique en vue d’une prochaine séance, notamment avec le parti chiite. Une information confirmée à L’OLJ par Hussein Khalil, conseiller du secrétaire général du parti de Dieu, Hassan Nasrallah. « Nagib Mikati ne nous a pas encore contactés au sujet d’une réunion du cabinet », dit-il. « Quand il le fera, nous aviserons », ajoute-t-il. Il précise, dans ce cadre, que dans ses grandes lignes, la position du parti jaune demeure inchangée : la décision finale de participer ou non au Conseil des ministres dépend d’abord de l’ordre du jour de la séance, et de l’urgence des sujets qui y figurent. Comprendre : le parti pro-iranien se soucie peu du parasitage du chef du CPL et de ses attaques verbales. « Gebran Bassil ne nous fait pas peur. Nous le lui avons dit : nous ne polémiquons pas dans les médias. Nous préférons le dialogue loin des projecteurs », dit Hussein Khalil.

Halabi en colère

Aucun Conseil des ministres n’est donc à attendre dans un avenir proche, alors que des informations de presse indiquaient récemment que le gouvernement devrait se réunir jeudi pour examiner le dossier du secteur de l’éducation. « Je n’ai pas encore fixé de date officielle, en attendant que le recteur de l’UL, Bassam Badran, me remette un plan complet portant sur l’université », explique M. Mikati. Selon les informations obtenues par L’OLJ, le plan serait parvenu au Sérail hier après-midi. Le chef du gouvernement devrait donc l’étudier et prendre une décision. « Je temporise parce que je ne peux pas me permettre de répondre aux demandes des enseignants des écoles publiques, sans faire de même pour leurs collègues de l’UL. Sinon, ces derniers vont opter, eux aussi, pour la grève, ce que nous voulons éviter », souligne Nagib Mikati.

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Sauf que ce prétexte semble peu convaincant pour le ministre de l’Éducation, Abbas Halabi, que L’OLJ n’a pas pu joindre hier. « Le Premier ministre avait promis une séance ministérielle consacrée au secteur de l’éducation. Et nous avons préparé tous les documents requis dans la perspective d’une réunion qui devait avoir lieu jeudi », confie une source au sein du ministère de l’Éducation sous couvert d’anonymat. « Nagib Mikati est bizarre », commente, non sans ironie, un haut responsable du Hezbollah, qui a lui aussi voulu garder l’anonymat. Dans les milieux proches de M. Halabi, on présente d’ailleurs une toute autre explication au changement de cap opéré par le Premier ministre sortant. « Peu avant le Conseil des ministres du 18 janvier, une entente politique avait été conclue pour faire passer le dossier urgent de l’électricité. L’éducation est une question tout aussi brûlante. Mais il faut chercher les raisons politiques derrière la décision de ne plus tenir de séance », dit une source proche de M. Halabi, dans une pique aussi bien au Hezbollah et au CPL qu’au chef du gouvernement lui-même.

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Cette fois-ci, Nagib Mikati a mis un peu (plus) d’eau dans son vin. S’il semble confiant d’obtenir, tôt ou tard, le feu vert du Hezbollah à la tenue d’un nouveau Conseil des ministres en période de vacance présidentielle, le chef du gouvernement sortant préfère cependant rester prudent. Il n’a donc toujours pas convoqué une séance ministérielle consacrée au secteur de...
commentaires (3)

Ils se comportent tous comme les propriétaire de notre pays. Pas de peuple, pas de justice, pas de dignité. Mon pays est amputé de tous ses droits et livré à la pire espèce qui puisse existait, parce qu’il n’a pas d’enfants pour le défendre.

Sissi zayyat

14 h 38, le 31 janvier 2023

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Commentaires (3)

  • Ils se comportent tous comme les propriétaire de notre pays. Pas de peuple, pas de justice, pas de dignité. Mon pays est amputé de tous ses droits et livré à la pire espèce qui puisse existait, parce qu’il n’a pas d’enfants pour le défendre.

    Sissi zayyat

    14 h 38, le 31 janvier 2023

  • UN EXEMPLE DES CONSENSUELS SUR L,ECHELLE RICHTER DU HEZBOLLAH. ET CELUI-LA N,EST QUE DU 5 DEGRES RICHTER. POUR PRESIDENT CONSENSUEL IL CHERCHE UN DE 8 DEGRES RICHTER .

    LA LIBRE EXPRESSION NE COMMENTE PAS.ELLE CONSEILLE

    13 h 35, le 31 janvier 2023

  • FETE7 TEMMOU OU REKHI (?)....

    LA LIBRE EXPRESSION NE COMMENTE PAS.ELLE CONSEILLE

    13 h 20, le 31 janvier 2023

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