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Lifestyle - La mode

Velours, diagonales, nostalgie, féminité... c’est l’homme !

Ce vendredi 13 janvier, la mode était du bon côté de la superstition. Les défilés masculins lancés à Milan, réels, présentiels, charnels, tangibles, annonçaient le retour des beaux jours au cœur des collections automne-hiver 2023-2024. Avant de céder, hier, le flambeau à Paris, Milan a accueilli 22 défilés, dont seulement quatre numériques, ainsi que 36 représentations, et affiché des ventes record.

Velours, diagonales, nostalgie, féminité... c’est l’homme !

Collection Fendi homme automne-hiver 2023. Photo Miguel Medina / AFP

Le défilé le plus attendu – attendu au tournant, d’ailleurs, depuis le départ du directeur artistique star Alessandro Michele – était, sans surprise, le défilé Gucci. Sans surprise non plus, s’est annoncée cette collection jugée terne par les fans de la maison. La marque, propriété de la scuderia Kering, a confié la nouvelle ligne hivernale à son studio de création, en attendant la désignation du successeur (ou de la successeure) de Michele. Sur une scène circulaire entourée de rideaux noirs, au centre de laquelle le groupe Ceramic Dog donne le rythme sur une musique dépressive, les mannequins présentent une collection jugée sans identité. Pour ou contre ?

La controverse déborde les réseaux sociaux. Nombreux sont ceux qui trouvent la collection ennuyeuse ou y voient un mixe des autres maisons Kering : Bottega, Balenciaga ou encore la touche secrète d’Hedi Slimane pour Saint Laurent. À la question « Où va Gucci après ce défilé ? » lancée par @stylenotcom, le compte Instagram de Business of Fashion, les réponses des fans déçus de l’excessif Alessandro Michele fusent, lapidaires : « On dirait un défilé H&M », dit l’un. « Tout droit aux dégriffés », commente l’autre. « Bon pour les soldes », cingle un troisième. Il se trouve pourtant des voix pour souligner que les sacs sont désirables ou que Gucci a surtout présenté des essentiels dans cette collection de vestes surdimensionnées et de pulls à bords rouleautés, cols détendus.

Retour aux essentiels pour Dolce & Gabbana dans sa collection homme automne-hiver 2023-2024. Photo Miguel Medina / AFP

Dolce & Gabbana séduit entre noir et grande façon

Le fait main et la grande façon masculine importée d’Angleterre dans une Italie où l’élégance est presque une manière de survie sont, avec le noir, les trois piliers de la nouvelle collection des Siciliens Dolce & Gabbana. Pourtant connue pour ses couleurs extravagantes, la griffe revient en quelque sorte à ses essentiels, le noir représentant le summum du chic, pour mieux mettre en valeur les atouts couture qui ont fait sa réputation. Et si la Sicile marque une fois de plus ses traditions dans cette ligne inhabituelle, c’est à travers les broderies noires de cristaux ton sur ton qui évoquent le ruissellement des laves sur les flancs de ses deux volcans.

Le défilé Giorgio Armani très applaudi à la Milan Fashion Week le 16 janvier. Photo Miguel Medina / AFP

On fond pour Armani

À 88 ans, Giorgio Armani, éternellement bronzé, est l’incarnation du raffinement italien. Grand travailleur se donnant l’air d’un vacancier, grand connaisseur des codes de l’élégance, il sort, cette fois, de son chapeau l’une des collections les plus éblouissantes de cette semaine masculine. Revisitant le vestiaire d’un aviateur des années 1930, aux balbutiements de cette discipline dont l’histoire est marquée par d’innombrables héros (et héroïnes), il livre des pièces qui lui ressemblent : à la croisée d’une nonchalance de forme et d’une rigueur absolue. Pour la première fois, les chemises des costumes sont réalisées dans le même imprimé Prince de Galles ou grain de caviar que le reste de l’ensemble. Le créateur, qui a déclaré avoir eu envie de « s’amuser », a surtout livré une collection de soirée d’une perfection rare, avec notamment une veste en velours cerise attachée de biais par un seul bouton à l’épaule qui a fait des milliers de fois le tour de la Toile.

Collection Prada automne-hiver 2023-2024 présentée à la Milan Fashion Week. Photo Miguel Medina / AFP

Le dandy selon Fendi

Sous la houlette de Sylvia Fendi, l’une des héritières de cette maison née, comme Hermès en France, de la sellerie-bagagerie et des attelages, la collection masculine de l’hiver prochain est elle aussi une ode à l’élégance du début du siècle dernier, avec quelque chose de féminin qui répond avec pertinence à l’air du temps. L’épaule se dénude, les hauts tracent des diagonales et n’ont parfois qu’une manche unique. La jupe, de plus en plus présente et décomplexée dans le vestiaire masculin, se drape au-dessus d’un pantalon. Fluidité, écharpes, décontraction raffinée font de cette collection un clin d’œil au dandysme à travers lequel est célébrée la nouvelle liberté vestimentaire des hommes, cadeau des folles années 20 du XXe siècle. O notera aussi l’omniprésence, dans sa version masculinisée, du sac Baguette de Fendi (qui se porte sous le bras comme une baguette), créé par Sylvia Venturini il y a 25 ans et devenu un pilier des accessoires de la maison.

Un mannequin défilant pour Dolce & Gabbana à la Milan Fashion Week. Miguel Medina / AFP

Prada, une collaboration entre Miuccia et Raf Simmons

Ici aussi, une ode à la sobriété et au raffinement sans débauche. Fidèle à son esthétique Bauhaus, Prada livrait, entre les murs de sa fondation bâtie sur les vestiges rénovés d’une ancienne usine, une collection d’un classicisme rigoureux, légèrement cassé par le retour des cols pelle à tarte des années 1970. À 73 ans, la créatrice et présidente de la marque a annoncé son départ de sa fonction administrative tout en conservant son autorité à la direction artistique. De son côté, Raf Simmons a également annoncé la fermeture de sa marque éponyme après 27 ans d’existence. Il semble vouloir s’engager davantage auprès de Prada, une marque dont l’esthétique rejoint sa propre vision.

Giorgio Armani, l’incarnation du raffinement italien. Miguel Medina / AFP

Et Paris battra la mesure…

Hier, le flambeau des collections masculines était remis à Paris où Saint Laurent ouvrait la marche. Les collections masculines sont réputées gagner en importance ces dernières années grâce à l’émancipation accrue des créateurs par rapport à la rigidité des codes qui répond elle-même à l’ouverture d’une nouvelle génération aux changements. Parmi les présentations les plus attendues de cette semaine parisienne, aujourd’hui, mercredi, aura lieu notamment le défilé Givenchy. Jeudi, ce sera au tour de Louis Vuitton de défiler, une marque elle aussi orpheline de son créateur iconique Virgil Abloh, décédé en 2021 et resté sans remplaçant. Vendredi se tiendra le défilé Dior, et dimanche, jour de la clôture, ce sera au tour de Maison Margiela, du groupe Diesel, de présenter sa vision de l’homme sous la direction artistique de John Galliano.


Le défilé le plus attendu – attendu au tournant, d’ailleurs, depuis le départ du directeur artistique star Alessandro Michele – était, sans surprise, le défilé Gucci. Sans surprise non plus, s’est annoncée cette collection jugée terne par les fans de la maison. La marque, propriété de la scuderia Kering, a confié la nouvelle ligne hivernale à son studio de création, en...

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