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Monde - Ukraine

Le bilan de la frappe à Dnipro grimpe, Moscou jure de « brûler » les chars occidentaux

La Russie a démenti avoir visé des cibles résidentielles, tandis que Vladimir Poutine a dénoncé les livraisons croissantes d’armes occidentales à l’Ukraine.

Le bilan de la frappe à Dnipro grimpe, Moscou jure de « brûler » les chars occidentaux

Les secours ukrainiens s’activaient hier encore pour retrouver des survivants après la frappe russe sur un immeuble résidentiel de Dnipro, le 16 janvier 2023. Alexander Ermochenko/Reuters

Le bilan d’une frappe russe samedi sur un immeuble résidentiel de Dnipro en Ukraine s’établissait hier à 40 morts, tandis que 75 blessés ont été comptabilisés, devenant l’un des plus lourds depuis le début de la guerre, et devrait encore s’alourdir. Moscou a par ailleurs démenti, comme toujours dans ce cas de figure, avoir été responsable du carnage à Dnipro, en rejetant la faute sur les Ukrainiens. Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a ainsi évoqué « une tragédie » pouvant être due à un tir de la défense antiaérienne ukrainienne. « Les forces armées russes ne bombardent pas les immeubles résidentiels ni les infrastructures civiles, elles bombardent des cibles militaires », a déclaré M. Peskov, en dépit des frappes qui ont touché une multitude de cibles non militaires depuis le début de l’invasion, le 24 février.

À l’inverse, la présidence suédoise de l’Union européenne a dénoncé « un crime de guerre » russe. Dans ce contexte, la ministre allemande des Affaires étrangères s’est montrée favorable hier à la création d’un tribunal spécial. Lors d’un discours prononcé à La Haye, Annalena Baerbock a appelé à un « nouveau format » de tribunal pour « traduire les dirigeants russes en justice », en utilisant éventuellement le droit ukrainien, mais basé à l’étranger avec des juges internationaux. La Cour pénale internationale enquête déjà sur des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité présumés en Ukraine, son procureur ayant décrit le pays comme une « scène de crime ». Mais elle n’est pas compétente pour les « crimes d’agression » de la Russie, car Moscou n’est pas signataire du traité de Rome fondateur de la Cour.

« Parrains occidentaux »

La frappe qui a détruit l’immeuble d’habitation de Dnipro a été effectuée dans le sillage d’une campagne de bombardements réguliers et massifs auxquels Moscou procède depuis octobre contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes. Face à ces pluies de missiles et à la menace d’une nouvelle offensive russe d’ampleur, les Occidentaux ont intensifié leur aide militaire à l’Ukraine. Londres et Varsovie prévoient désormais de lui fournir des chars. Une réunion sur les livraisons d’armements occidentaux à Kiev est ainsi prévue pour le 20 janvier sur la base américaine de Ramstein, en Allemagne.

Après ses victoires de l’automne, Kiev dit avoir besoin encore et avant tout de chars lourds, de blindés légers, de systèmes de missiles de longue portée et de défense antiaérienne pour reprendre la totalité des territoires que les troupes russes occupent dans l’est et le sud de l’Ukraine. Samedi, Londres avait annoncé la fourniture à Kiev de Challenger 2, ce qui constituerait la première livraison de chars lourds de fabrication occidentale à l’Ukraine. Hier, le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a dit attendre un feu vert de l’Allemagne pour livrer à l’Ukraine des chars Leopard de facture allemande.

Vladimir Poutine a de son côté dénoncé, dans une conversation avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, « la ligne destructrice adoptée par le régime de Kiev qui a misé sur l’intensification des combats, avec le soutien de ses parrains occidentaux qui augmentent leurs livraisons d’armes et de matériel militaire » aux Ukrainiens. « Ces chars brûlent et brûleront », avait lancé plus tôt Dmitri Peskov à la presse, accusant une fois encore les Occidentaux d’utiliser l’Ukraine « pour atteindre des objectifs antirusses ».

Après de sévères déconvenues à l’automne, la Russie tente de reprendre l’initiative notamment en redoublant d’efforts dans la bataille pour s’emparer de Bakhmout, une ville de l’Est en proie à de sanglants combats depuis des mois. Moscou a revendiqué la semaine dernière une victoire, affirmant avoir pris Soledar, une petite ville au nord-est de Bakhmout aujourd’hui largement détruite.

L’Ukraine a démenti avoir abandonné cette localité de quelque 10 000 habitants avant la guerre, faisant état de combats toujours en cours.

Le chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, était attendu hier en Ukraine. Dans un tweet avant son départ, il a souligné que son organisation allait étendre sa présence « pour aider à éviter un accident nucléaire pendant le conflit en cours ».

Vitalli MATOKHA/AFP

Le Kremlin nie toute tension entre l’armée et les mercenaires de Wagner

« Ce conflit n’existe que dans l’espace informationnel », a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov. Les divisions entre l’armée russe et le groupe paramilitaire Wagner ont éclaté au grand jour la semaine dernière lors de la bataille de Soledar. Le dirigeant du groupe, Evguéni Prigojine, a plusieurs fois affirmé que seuls ses hommes y combattaient les forces ukrainiennes. Revendiquant mercredi la prise de la ville, il a rapidement été contredit par le ministère russe de la Défense, qui a lui-même annoncé la prise de Soledar deux jours plus tard. Dans la foulée, M. Prigojine a publié un message dans lequel il s’en prenait, sans les nommer, à « ceux qui cherchent en permanence à voler nos victoires ». Fait rare, le ministère russe de la Défense avait ensuite publié un communiqué saluant le « courage » des hommes de Wagner à Soledar. Les informations sur les tensions entre l’armée et Wagner sont « le produit de manipulations de l’information, qui sont parfois le fait de nos adversaires et parfois de nos propres amis qui agissent de manière telle que nous n’avons pas besoin d’ennemi », a estimé M. Peskov, dans une critique voilée à des blogueurs militaires russes qui fustigent la façon dont l’« opération spéciale » est menée en Ukraine.

Le bilan d’une frappe russe samedi sur un immeuble résidentiel de Dnipro en Ukraine s’établissait hier à 40 morts, tandis que 75 blessés ont été comptabilisés, devenant l’un des plus lourds depuis le début de la guerre, et devrait encore s’alourdir. Moscou a par ailleurs démenti, comme toujours dans ce cas de figure, avoir été responsable du carnage à Dnipro, en rejetant la faute sur les Ukrainiens. Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a ainsi évoqué « une tragédie » pouvant être due à un tir de la défense antiaérienne ukrainienne. « Les forces armées russes ne bombardent pas les immeubles résidentiels ni les infrastructures civiles, elles bombardent des cibles militaires », a déclaré M. Peskov, en dépit des frappes qui ont touché une multitude de cibles non militaires depuis...
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