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Monde - Démission

Après une série de bourdes, la ministre allemande de la Défense se retire

Fragilisée par une série de bévues, Christine Lambrecht a remis sa démission au chancelier Olaf Scholz, a-t-elle confirmé hier.

Après une série de bourdes, la ministre allemande de la Défense se retire

La ministre allemande de la Défense, Christine Lambrecht, dans un hélicoptère de guerre, le 12 janvier 2023, quelques jours avant sa démission. Odd Andersen/AFP

« Aujourd’hui, j’ai demandé au chancelier de me démettre de mes fonctions de ministre fédéral de la Défense », a déclaré dans un communiqué Christine Lambrecht, qui est membre du parti social-démocrate (SPD) d’Olaf Scholz. La ministre de la Défense faisait face à de nombreuses critiques, notamment depuis une vidéo de vœux jugée complètement déplacée, dans laquelle elle se réjouissait des « rencontres » que la guerre en Ukraine lui avait permis de faire. Ses capacités à moderniser l’armée sur fond de guerre en Ukraine ont également été mises en doute, alors que l’Allemagne a prévu pour ce chantier des investissements de 100 milliards d’euros.

« La focalisation des médias sur ma personne pendant des mois ne permet guère d’établir des rapports et des discussions objectifs sur les soldats, la Bundeswehr (l’armée allemande) et les orientations de la politique de sécurité dans l’intérêt des citoyens allemands », déplore Christine Lambrecht dans une déclaration. Dans ce contexte, « j’ai demandé aujourd’hui au chancelier de me relever de mes fonctions de ministre de la Défense », ajoute la sociale-démocrate.

Succession rapide

Le chancelier a accepté la démission de la ministre, « respect(ant) la décision de Mme Lambrecht et la remerci(ant) pour le bon travail qu’elle a accompli pendant cette période difficile et pleine de défis », selon un porte-parole du gouvernement, ajoutant qu’il proposerait bientôt un successeur au président allemand. « Il est extrêmement important que la Bundeswehr sache qui la dirige », a fait valoir le secrétaire général de l’opposition conservatrice CDU, Mario Czaja, pour qui M. Scholz doit « agir très rapidement » pour nommer un successeur.

Plusieurs noms circulent dans la presse, dont Eva Högl, commissaire à la Défense au Bundestag et chargée d’un rapport annuel sur l’état de l’armée, ou encore Lars Klingbeil, codirigeant du parti de Mme Lambrecht, le SPD. Les noms de la secrétaire d’État parlementaire, Siemtje Moeller, ou encore du ministre du Travail, Hubertus Heil, ont également été cités dans la presse allemande. Le chancelier Scholz devrait toutefois opter pour une femme pour ne pas rompre la parité, inédite en Allemagne, de son équipe gouvernementale.

Cette démission intervient au moment où Berlin est une nouvelle fois sous pression pour livrer des chars à Kiev. Et alors qu’une réunion des alliés occidentaux, autour des États-Unis, se tiendra vendredi sur la base américaine de Ramstein, en Allemagne. De nouvelles aides à l’Ukraine, envahie par la Russie, devraient être annoncées à cette occasion.

La gaffe de trop

Agée de 57 ans, Mme Lambrecht, ministre de la Justice dans le précédent gouvernement de coalition d’Angela Merkel, a enchaîné les bévues depuis le début de la guerre en Ukraine, le 24 février dernier. Elle a d’abord suscité les critiques de Kiev en annonçant peu avant le déclenchement de la guerre l’envoi de 5 000 casques, quand le régime de Volodymyr Zelensky demandait des armes lourdes. Elle a également utilisé un hélicoptère de l’armée pour partir en vacances avec son fils adulte. La vidéo dans laquelle elle présentait ses vœux début janvier a ainsi été le couac de trop. La ministre y apparaissait dans le centre de Berlin, décoiffée par des bourrasques de vent, en train d’évoquer la guerre en Ukraine entre deux explosions de pétards et de feux d’artifice, particulièrement prisés des Allemands pour fêter la nouvelle année. « Une guerre fait rage au milieu de l’Europe », glissait la ministre au sujet de l’invasion russe, évoquant « beaucoup, beaucoup de rencontres avec des gens intéressants et formidables ». « Pour cela, je dis un grand merci. »

Mme Lambrecht a aussi incarné les lacunes d’une armée dont le matériel est vétuste et les difficultés à la moderniser. Mi-décembre, Berlin a ainsi dû suspendre de nouvelles commandes de blindés Puma après une série de pannes frappant les blindés déjà utilisés par l’armée. Dans le dernier baromètre de l’institut Insa, elle était en dernière position des personnalités politiques, derrière les codirigeants du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD). Plus des deux tiers des Allemands (77 %) souhaitaient sa démission, selon un autre sondage. « Lambrecht n’a jamais réussi à se dépêtrer des gros titres négatifs », relève la chaîne publique ARD, pointant ses « diverses erreurs politiques, souvent couplées à une communication maladroite ». Pour le quotidien Bild, le chancelier ne peut se permettre une nouvelle « erreur de casting ».

Source : agences

« Aujourd’hui, j’ai demandé au chancelier de me démettre de mes fonctions de ministre fédéral de la Défense », a déclaré dans un communiqué Christine Lambrecht, qui est membre du parti social-démocrate (SPD) d’Olaf Scholz. La ministre de la Défense faisait face à de nombreuses critiques, notamment depuis une vidéo de vœux jugée complètement déplacée, dans laquelle elle se réjouissait des « rencontres » que la guerre en Ukraine lui avait permis de faire. Ses capacités à moderniser l’armée sur fond de guerre en Ukraine ont également été mises en doute, alors que l’Allemagne a prévu pour ce chantier des investissements de 100 milliards d’euros. « La focalisation des médias sur ma personne pendant des mois ne permet guère d’établir des rapports et des discussions...
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