L’effectif napolitain célébrant l’un des deux buts inscrits par Victor Osimhen (à droite) lors de la brillante victoire du Napoli face à la Juventus Turin au stade Diego Maradona. Alberto Pizzoli/AFP
Deux buts pour l’un, une réalisation et une passe décisive pour l’autre, les meilleurs buteurs et passeurs du championnat italien ont récidivé samedi sur la pelouse du stade Diego Maradona. Victor Osimhen, l’avant-centre nigérian, et Khvicha Kvaratskhelia, l’ailier géorgien, ont été, comme à leur habitude, les grands artisans de ce nouveau succès des Azzurri, qui ont fait vivre un véritable calvaire à leurs adversaires turinois, désormais relégués à dix unités.
Avec également neuf points d’avance sur son dauphin, l’AC Milan, accroché quelques heures plus tôt à Lecce (2-2), le Napoli semble plus que jamais parti pour décrocher son premier scudetto depuis une éternité.
« Quelle nuit magique ! » a exulté sur les réseaux sociaux Kvaratskhelia, la bonne pioche du mercato estival napolitain qui a totalement fait oublier le capitaine Lorenzo Insigne, parti au Canada.
Avec son but, offert par Osimhen, celui qui a rapidement été rebaptisé « Kvaradona » à son arrivée a lancé son année 2023 après des pépins physiques qui l’avaient un peu perturbé avant la trêve de la mi-
novembre. Le Géorgien a d’ailleurs célébré avec un doigt sur la bouche, comme pour faire taire les premières critiques apparues après ce premier petit passage à vide.
Avec sept buts et sept passes décisives, et surtout une capacité à déstabiliser l’adversaire avec ses dribbles et ses changements de direction, l’ailier gauche reste indispensable à Luciano Spalletti qui lui a constamment maintenu sa confiance.
« Il a une technique digne des plus forts du monde et il a cette qualité de sentir le but, de trouver toujours l’angle le plus difficile », l’a encore salué vendredi son entraîneur.
Osimhen, « le plus complet »
Mais Spalletti, architecte d’une équipe tournée vers l’offensive, meilleure attaque du championnat (44 réalisations en 18 journées) comme elle l’a été en phase de poules de Ligue des champions (20 buts en six matchs), a réservé ses compliments les plus fervents à Osimhen.
« Il se jette sur tous les ballons. Plus le ballon est loin, plus il y va, il a le courage de tout faire », a-t-il énuméré au sujet de l’ex-Lillois, arrivé à l’été 2020 à Naples.
« Ce qui me stupéfie, ce sont les potentialités qu’il n’a pas encore mises en pratique, c’est le plus complet de tous. Il a encore des marges de progrès importantes », a-t-il ajouté après son doublé de la tête contre la Vieille Dame.
Malgré une blessure musculaire en septembre, le Nigérian a déjà marqué douze fois en quatorze apparitions en Serie A cette saison, se dispersant moins que lors des exercices précédents.
Signe de ses progrès, l’avant-centre masqué (il porte une protection depuis des fractures au visage l’an dernier) a marqué vendredi pour la première fois contre l’un des trois grands clubs du Nord (Juve, Inter, AC Milan). De quoi convaincre ceux qui lui reprochaient encore de ne pas être assez décisif dans les grands rendez-vous.
Comme souvent, Osimhen a préféré jouer profil bas devant les micros, préférant remercier ses partenaires et refusant de trop s’avancer sur le scudetto qui semble de plus en plus tendre les bras au Napoli.
« On veut continuer comme ça. Parler de titre ? La route est encore trop longue, on doit continuer à prendre des points », a-t-il assuré pour tenter de calmer un peu la ferveur qui grandit match après match au pied du Vésuve, où on attend un titre de champion depuis plus de 30 ans et les deux premiers offerts en 1987 et 1990 par Diego Maradona.
Une quête que les Napolitains devront toutefois accomplir sans l’aide de leurs tifosi à l’extérieur lors des deux prochains mois. Les autorités italiennes ont en effet sanctionné le Napoli et l’AS Rome après les violents heurts entre supporters des deux clubs dimanche dernier sur une aire d’autoroute.
Milan cale encore
La route semble plus dégagée que jamais pour les Napolitains vu les difficultés rencontrées par leurs concurrents directs. Plus tôt, l’AC Milan a de nouveau lâché de précieux points, à Lecce (2-2), et est désormais relégué à neuf unités du leader à une journée de la fin de la phase aller.
Menés 2-0 après une première
demi-heure calamiteuse, à l’image du but contre son camp de Théo Hernandez concédé dès la troisième minute de jeu, les Rossoneri ont sauvé un point en seconde période grâce à Rafael Leão et leur capitaine Davide Calabria.
Mais ce Milan sans brio ne méritait pas davantage contre une belle équipe de Lecce (12e), invaincue depuis six matchs et parfaitement organisée autour d’un Samuel Umtiti de retour vers la grande forme.
Ces nouveaux points perdus par les Lombards, après le 2-2 du week-end dernier à San Siro contre la Roma, font les affaires de leurs voisins de l’Inter, quatrièmes après avoir dominé sans briller l’Hellas Vérone (1-0) grâce à un but de Lautaro Martinez.
« Erreurs très évitables »
Éliminés cette semaine en huitièmes de finale de Coupe d’Italie par un Torino réduit à dix (1-0 a.p.), les Rossoneri ne suivent plus le rythme, alors que les attend mercredi la Supercoupe d’Italie contre l’Inter Milan, à Riyad en Arabie saoudite.
Milan est ainsi apparu hors du coup pendant quasiment toute la première période face à un Lecce enthousiaste et sans complexes, qui restait à domicile sur des succès contre l’Atalanta (2-1) et la Lazio Rome (2-1).
L’équipe de Stefano Pioli a offert le premier but, arrivé d’un ballon perdu par Pierre Kalulu et conclu contre son camp par Théo Hernandez (3e). Après plusieurs belles occasions de Lecce, le second est logiquement arrivé d’une tête du défenseur Federico Baschirotto (23e).
« En première mi-temps, on a raté tout ce qu’on pouvait rater, avec des erreurs très évitables », a soupiré sur DAZN Pioli, qui a remplacé à la pause Théo Hernandez mais a admis qu’il aurait pu sortir « beaucoup d’autres joueurs ».
Milan a attendu les ultimes minutes du premier acte pour réagir enfin sur une tête bien claquée d’Olivier Giroud (43e).
À défaut de brio, les Milanais ont ensuite retrouvé du caractère pour aller chercher l’égalisation grâce à un tir en angle fermé de Leão (58e) puis une tête de Calabria sur une remise de Giroud (70e).
Trop peu pour les champions en titre qui voient se réduire sérieusement leurs chances de conserver en juin leur couronne, sur laquelle Naples a désormais mis une sérieuse option. « Avant d’espérer rejoindre Naples, on doit d’abord retrouver nos principes de jeu », a conclu Pioli.
Source : AFP


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