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Monde - Reportage

Froid et pénuries : le Nagorny Karabakh coupé du monde par un blocus azerbaïdjanais

Des habitants de Stepanakert racontent un quotidien désormais fait de coupures de courant et d'internet, de problèmes de chauffage et d'accès à la nourriture et aux médicaments. 

Froid et pénuries : le Nagorny Karabakh coupé du monde par un blocus azerbaïdjanais

Vue sur le village de Taghavard, dans la région du Nagorny-Karabakh, le 16 janvier 2021. Photo REUTERS/Artem Mikryukov

A Stepanakert, la capitale de l'enclave du Nagorny Karabakh disputée entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, les produits se font rares dans les supermarchés et les pharmacies, avec des magasins aux frigos et cagettes vides. En cause, le blocus par des Azerbaïdjanais d'un axe vital pour le ravitaillement de ce territoire du Caucase peuplé majoritairement d'Arméniens et dont le sort a été au cœur de deux guerres depuis la dislocation de l'URSS.

Depuis le 12 décembre, des personnes se présentant comme des militants écologistes protestant contre des mines illégales occupent le couloir de Latchine, route montagneuse de 32 kilomètres reliant le Karabakh à l'Arménie. Mais Erevan y voit une action de déstabilisation de son voisin, l'Azerbaïdjan, qui revendique l'enclave.

Pour mémoire

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Des habitants rencontrés vendredi par l'AFP à Stepanakert ont raconté un quotidien désormais fait de coupures de courant et d'internet, de problèmes de chauffage et d'accès à la nourriture et aux médicaments.
"Les gens meurent psychologiquement et moralement. Nous n'avons pas de lumière et, parfois, le gaz est coupé. Les enfants n'ont pas de nourriture ni de fruits", témoigne Erna Gasparian, une employée en ressources humaines.
"Il fait froid. Nous avons des enfants en bas âge, j'ai un petit-fils d'un mois et nous sommes en très mauvaise posture", abonde Marina Ignatieva, sans emploi.

Mikhael Adjiian, journaliste à la retraite, se veut plus confiant : "nous tenons bon". Même s'il reconnaît une situation "vraiment difficile". "Non seulement, il n'y a plus de transports publics, mais (...) l'internet est coupé". "Nous recevons de l'électricité par intermittence. Imaginez un peu à quel point il fait froid dans les appartements", dit-il, alors que les températures tombent actuellement jusqu'à -9°C la nuit dans cette ville située en altitude. Pour M. Adjiian, la situation est claire : les Azerbaïdjanais "essaient de nous briser". "Mais nous pouvons supporter le froid, la faim et tout le reste", veut-il croire.

Hôpital sans chauffage
Environ 120.000 personne vivent au Nagorny Karabakh, une région reconnue par la communauté internationale comme faisant partie de l'Azerbaïdjan mais qui a fait sécession de ce pays à la fin de l'URSS.

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L'Arménie et l'Azerbaïdjan se sont affrontés au début des années 1990 pour contrôler le Nagorny Karabakh, un premier conflit qui a fait 30.000 morts et qui s'est soldé par une victoire arménienne. Bakou a pris sa revanche lors d'une deuxième guerre qui a coûté la vie à 6.500 personnes à l'automne 2020 et lui a permis de reprendre de nombreux territoires. Des soldats de maintien de la paix russes ont été déployés sur place après ce dernier conflit. Mais l'Arménie a accusé ces militaires russes d'avoir échoué à empêcher un blocage du corridor de Latchine, alors que Moscou est accaparé par son offensive en Ukraine.

A l'hôpital pour enfants Arevik de Stepanakert, le médecin-chef Karen Melkonian s'inquiète d'une "catastrophe humanitaire" se déroulant sous ses yeux avec des enfants gelés dans leurs lits. "L'hôpital est chauffé au gaz mais la chaudière ne fonctionne pas sans électricité. Pour la démarrer, il en faut", explique-t-il à l'AFP.

Pour faire face, les autorités du Nagorny Karabakh ont opté pour des coupures d'urgence, par intermittence, ce qui laisse les différents quartiers sans électricité pendant plusieurs heures, dont l'hôpital. Si certains établissements ont des générateurs, le carburant vient lui aussi à manquer. Avec "-8°C pendant la journée, l'hôpital se refroidit très rapidement", regrette Karen Melkonian. Avant de constater : "Il y a un très grand nombre d'enfants de moins d'un an dans l'hôpital..."

A Stepanakert, la capitale de l'enclave du Nagorny Karabakh disputée entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, les produits se font rares dans les supermarchés et les pharmacies, avec des magasins aux frigos et cagettes vides. En cause, le blocus par des Azerbaïdjanais d'un axe vital pour le ravitaillement de ce territoire du Caucase peuplé majoritairement d'Arméniens et dont le sort a été au...
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