Des secouristes ukrainiens à l’œuvre sur le cratère d’un missile russe qui a frappé le village de Shevchenkove, dans la région de Kharkiv, le 9 décembre 2023. Sergey Bobok/AFP
Les séparatistes prorusses de la région de Donetsk, dans l’est de l’Ukraine, ont affirmé lundi avoir pris le contrôle d’un village situé près de la ville de Bakhmout, l’épicentre actuel des combats que les forces de Moscou cherchent à conquérir depuis plusieurs mois.
La localité de Bakhmoutské, dans la région de Donetsk, « a été libérée par les forces armées russes », ont indiqué les séparatistes de cette région dont Moscou revendique l’annexion. Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, le groupe de mercenaires Wagner, dirigé par un homme d’affaires proche du Kremlin, a affirmé que ce village avait déjà été « libéré » par ses hommes le mois dernier. Le village de Bakhmoutské est situé au nord-est de Bakhmout, ville connue jadis pour ses vignobles et ses mines de sel et qui comptait environ 70 000 habitants avant le début de l’offensive russe en février dernier. Elle est désormais le point le plus chaud du front.
Les forces russes, emmenées notamment par les mercenaires du groupe Wagner, cherchent à prendre Bakhmout depuis des mois, mais elles font face à une résistance acharnée des Ukrainiens.
Bakhmoutské est situé juste à côté de la ville de Soledar, également le théâtre de violents combats. Dans un autre communiqué, le chef du groupe Wagner, Evguéni Prigojine, a affirmé que l’assaut sur Soledar était « exclusivement » mené par des membres de son organisation. Ces déclarations illustrent la rivalité croissante qui existe, selon nombre d’analystes, entre le ministère russe de la Défense d’une part et le groupe Wagner d’autre part.
Ailleurs sur le terrain, au moins deux personnes ont été tuées lundi dans une frappe russe ayant touché un marché dans le village de Chevtchenkové, dans le nord-est de l’Ukraine, ont indiqué les autorités locales. À Kherson, dans le Sud, le gouverneur Iaroslav Ianouchevitch a rapporté un mort et un blessé dans un bombardement russe qui a touché un quartier résidentiel. Dans l’Est, les troupes russes ont mené un « bombardement massif » sur Kourakhivka, qui a fait au moins deux blessés et endommagé une vingtaine de maisons, selon le gouverneur Pavlo Kyrylenko. Selon la présidence ukrainienne, deux personnes sont mortes et dix ont été blessées au cours des dernières 24 heures dans tout le pays.
Selon le renseignement ukrainien, la Russie se prépare à lancer de nouvelles attaques sur le système énergétique du pays, alors que les températures ont chuté.
Ces combats interviennent après un cessez-le-feu unilatéral de 36 heures décrété par le président russe, Vladimir Poutine, à l’occasion du Noël orthodoxe vendredi et samedi. Les hostilités avaient toutefois continué lors de cette trêve, mais d’une intensité moindre.
De son côté, le Kremlin a affirmé hier que les livraisons à l’Ukraine de blindés d’infanterie et d’autres armes annoncées la semaine dernière par plusieurs pays occidentaux ne feront que « prolonger les souffrances » des Ukrainiens et ne « changeront pas » l’équilibre des forces. La semaine dernière, les États-Unis ont annoncé une nouvelle aide militaire majeure à l’Ukraine évaluée à plus de 3 milliards de dollars, avec notamment 50 blindés d’infanterie de type Bradley et des dizaines d’autres véhicules blindés. Berlin, de son côté, a dit vouloir envoyer à l’armée ukrainienne 40 blindés Marder, des blindés légers, ainsi qu’une batterie de défense antiaérienne Patriot. Et la France a indiqué envoyer un nombre non précisé de chars de combat légers AMX-10 RC.
Coopération UE-OTAN
Dans ce contexte, l’OTAN et l’Union européenne s’engagent à renforcer leur coopération après l’invasion de l’Ukraine par la Russie qui menace la sécurité en Europe, indique une déclaration conjointe lundi. Les deux organisations basées à Bruxelles cherchent à améliorer leur coordination depuis des années et veulent dissiper le sentiment que les efforts pour renforcer le rôle de l’UE dans la défense ne sapent l’alliance dirigée par les États-Unis. « L’OTAN reste le fondement de la défense collective de ses alliés et est essentielle pour la sécurité euro-atlantique. Nous reconnaissons la valeur d’une défense européenne plus forte et plus performante, qui contribue de manière positive à la sécurité mondiale et transatlantique et qui est complémentaire et interopérable avec l’OTAN », insiste la déclaration commune.
Source : AFP


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