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Monde - Conflit

Deuil et colère en Russie après la mort de dizaines de soldats en Ukraine

Des lance-roquettes multiples Himars ont frappé « un centre de déploiement provisoire » où étaient stationnées de nouvelles recrues à Makiivka, ville sous occupation russe dans la région de Donetsk, faisant au moins 63 morts.

Deuil et colère en Russie après la mort de dizaines de soldats en Ukraine

Des secouristes travaillent toujours pour déblayer les décombres causés par une frappe ukrainienne sur un bâtiment où étaient stationnées de nouvelles recrues à Makiivka. Oleksandr Ratushniak/Reuters

Fleurs et prières : des rassemblements se sont tenus mardi en Russie pour rendre hommage à des dizaines de militaires tués par une frappe dans l’est de l’Ukraine, un choc qui a déclenché une vague de critiques contre l’armée.

Fait inhabituel en Russie, où les autorités restent discrètes sur les pertes militaires en Ukraine, environ 200 personnes ont participé à un rassemblement autorisé à Samara (centre), d’où étaient originaires certains des soldats tués. Des habitants déposaient des roses ou des couronnes de fleurs devant une flamme éternelle sur l’une des principales places de la ville, avant de s’incliner respectueusement ou de faire le signe de croix. Un prêtre orthodoxe a récité une prière, puis des soldats ont effectué un salut en tirant en l’air avec des fusils. Selon des médias locaux, des rassemblements avaient lieu dans d’autres villes de la région, notamment Togliatti et Syzran.

Aveu rarissime, le ministère russe de la Défense a admis lundi que 63 soldats avaient été tués par une frappe ukrainienne le soir du Nouvel An sur « un centre de déploiement provisoire » où ils étaient stationnés à Makiivka, ville sous occupation russe dans la région de Donetsk, dont Moscou revendique l’annexion. Kiev évoque un bilan bien plus élevé. Lundi soir, l’état-major général des forces armées ukrainiennes a déclaré dans un communiqué que ses forces étaient à l’origine des frappes sur cette ville. « Jusqu’à 10 unités d’équipement militaire ennemi de différents types ont été détruites et endommagées », a déclaré l’état-major général. Plus tôt dans la journée, le département des communications stratégiques des forces armées ukrainiennes avait déclaré que près de 400 soldats russes avaient été tués à Makiivka.

Ces pertes, parmi les plus lourdes subies par Moscou au cours d’une seule attaque depuis le lancement de l’offensive contre l’Ukraine en février 2022, ont suscité un choc en Russie, ainsi qu’une avalanche de critiques de la part de commentateurs nationalistes pourtant favorables à l’intervention militaire.

L’émotion suscitée par ces pertes, nouveau coup dur pour le Kremlin après les revers enregistrés à l’automne, a été renforcée par le fait que les soldats tués étaient des réservistes qui avaient été mobilisés.

« Je n’ai pas dormi depuis trois jours », a déclaré lors de la cérémonie à Samara Ekaterina Kolotovkina, femme d’un général russe et présidente d’une association proche de l’armée, le Conseil des femmes de la 2e armée combinée de la garde.

« Nous sommes en contact permanent avec les femmes de nos gars. C’est très dur, ça fait peur. Mais nous ne pouvons pas être brisés. Le chagrin unit », a-t-elle ajouté.

Qui sera puni ?

Trois jours après, le président russe Vladimir Poutine n’avait pas encore réagi à la frappe à Makiivka, annoncée en pleine semaine fériée du Noël orthodoxe, une période traditionnellement joyeuse où les Russes se retrouvent en famille. Selon le ministère russe de la Défense, les missiles ont été tirés par des lance-roquettes multiples Himars, une arme fournie par les États-Unis aux forces ukrainiennes.

Après les défaites essuyées ces derniers mois par Moscou à Kharkiv (Nord-Est) et à Kherson (Sud), qui avaient donné lieu à des critiques contre l’état-major russe, l’hécatombe de Makiivka a suscité un nouveau pic de colère et des appels à châtier les responsables.

Plusieurs voix se sont notamment élevées pour dénoncer le fait que des munitions auraient été entreposées dans le même bâtiment servant à loger les soldats, qui étaient par ailleurs autorisés à utiliser leurs téléphones portables, permettant leur géolocalisation par les artilleurs ukrainiens.

Les reporters de guerre russes, de plus en plus influents, ont affirmé que des centaines de personnes auraient été tuées lors de l’attaque d’un établissement d’enseignement professionnel à Makiivka et accusent les hauts commandants militaires de n’avoir tiré aucune leçon de leurs erreurs passées.

« Dix mois après le début de la guerre, il est dangereux et criminel de considérer l’ennemi comme un imbécile qui ne voit rien », a déclaré Andrey

Medvedev, vice-président de l’assemblée législative de la ville de Moscou.

« Quelles conclusions seront tirées? Qui sera puni ? » a lancé le député communiste Mikhaïl Matveïev, élu à Samara. Plusieurs commentateurs proguerre, très suivis sur les réseaux sociaux, contestaient aussi le bilan de 63 morts, sous-estimé selon eux. Le compte Telegram Rybar, qui a plus d’un million d’abonnés, a dénoncé la « naïveté criminelle » ayant conduit à loger les militaires à côté d’un dépôt de munitions dont l’explosion aurait aggravé le bilan.

Chaque maison, une forteresse

De leur côté, les Ukrainiens ont indiqué avoir fait face à plusieurs attaques depuis le Nouvel An. Lundi, Kiev a de nouveau essuyé des tirs de drones de fabrication iranienne, mais la majorité d’entre eux ont été abattus, selon les autorités. Le président Volodymyr Zelensky a affirmé que son armée avait abattu plus de 80 appareils.

Lundi soir, le gouverneur de la région de Kharkiv (Nord-Est), Oleg Synegoubov, a aussi indiqué que la deuxième plus grande ville d’Ukraine et sa région avaient été la cible de missiles russes.

Mais les combats les plus âpres se déroulent autour de la ville de Bakhmout (Est) sans réelle importance stratégique, mais que les forces russes, emmenées par le groupe de mercenaires Wagner, s’efforcent de prendre depuis des mois. Le chef de Wagner, Evguéni Prigojine, un homme d’affaires proche de Vladimir Poutine, a reconnu que les combats étaient difficiles à Bakhmout, affirmant que les Ukrainiens avaient transformé « chaque maison en forteresse ». Parfois, ses hommes se battent « pendant des semaines pour (prendre) une maison », a-t-il déclaré dans une interview à l’agence de presse russe Ria-Novosti publiée mardi.

Le chef d’état-major ukrainien Valery Zaloujny a déclaré que l’armée avait jusqu’à présent libéré « 40 % des territoires occupés après le 24 février ».

Sur le plan diplomatique, l’Ukraine et l’Union européenne tiendront un sommet à Kiev le 3 février pour discuter du soutien financier et militaire européen, a déclaré lundi le bureau du président Volodymyr Zelensky dans un communiqué. M. Zelensky a échangé sur les détails de cette réunion de haut niveau lors d’un entretien téléphonique avec la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Selon le communiqué, ils ont évoqué la livraison d’armes « appropriées » et le lancement du nouveau programme d’aide financière pour l’Ukraine de 18 milliards d’euros adopté en décembre par le Parlement européen.

Source : AFP

Fleurs et prières : des rassemblements se sont tenus mardi en Russie pour rendre hommage à des dizaines de militaires tués par une frappe dans l’est de l’Ukraine, un choc qui a déclenché une vague de critiques contre l’armée.Fait inhabituel en Russie, où les autorités restent discrètes sur les pertes militaires en Ukraine, environ 200 personnes ont participé à un rassemblement autorisé à Samara (centre), d’où étaient originaires certains des soldats tués. Des habitants déposaient des roses ou des couronnes de fleurs devant une flamme éternelle sur l’une des principales places de la ville, avant de s’incliner respectueusement ou de faire le signe de croix. Un prêtre orthodoxe a récité une prière, puis des soldats ont effectué un salut en tirant en l’air avec des fusils. Selon des médias locaux,...
commentaires (2)

L'ancienne guerre froide entre Moscou et Washington ou les victimes étaient chez des Proxy c'est transformé en guerre chaude, directement entre Moscou et les Proxy de Washington. Les russes sont les perdants dans leur chair. Autrement dit, un jeu d'échec prévisible quand la nation ayant une monnaie et un armement les plus dominant, elle sera toujours gagnante.

DAMMOUS Hanna

12 h 53, le 04 janvier 2023

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Commentaires (2)

  • L'ancienne guerre froide entre Moscou et Washington ou les victimes étaient chez des Proxy c'est transformé en guerre chaude, directement entre Moscou et les Proxy de Washington. Les russes sont les perdants dans leur chair. Autrement dit, un jeu d'échec prévisible quand la nation ayant une monnaie et un armement les plus dominant, elle sera toujours gagnante.

    DAMMOUS Hanna

    12 h 53, le 04 janvier 2023

  • Que le peuple russe réalise que la guerre, ça tue, et pas seulement dans l'autre camp. Peut-être qu'alors, elle pourra prendre fin.

    Yves Prevost

    08 h 18, le 04 janvier 2023

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