Treize designers ont aménagé les lieux, personnalisant la rénovation de chaque chambre de Beit Tamanna. Photo DR
L’association Tamanna, qui réalise les rêves des enfants malades depuis sa fondation en 2005, ouvrira une chambre d’hôte dans le quartier de Gemmayzé, à Beyrouth, le 15 janvier prochain. Situés au second étage d’un vieil immeuble de charme de la rue Gouraud, deux appartements mitoyens ont été rénovés pour ce projet. Appelée Beit Tamanna, la chambre d’hôte est nichée dans l’architecture libanaise traditionnelle et s’étend sur 400 mètres carrés. Elle propose huit chambres qui peuvent accueillir jusqu’à 16 clients. Les lieux comprennent également des espaces communs avec deux salons, une salle à manger et une cuisine. Fondatrice de Beit Tamanna et à la tête de l’association Tamanna, Diala el-Fil a mobilisé 13 designers pour aménager les lieux. « Chacun a travaillé librement sur une pièce », affirme-t-elle, et donc « chaque chambre et espace commun raconte une histoire différente selon les goûts des designers ». Pour une nuit avec petit déjeuner inclus, le ticket moyen s’élève à 150 dollars. Les clients qui le souhaitent peuvent également privatiser la chambre d’hôte.
Bénéfices reversés
Une fois les salaires des quatre employés et les frais de fonctionnement payés, les bénéfices réalisés par Beit Tamanna sont reversés à l’association Tamanna. « En venant y passer une nuit, les gens contribuent à aider à réaliser les rêves des enfants malades. À ma connaissance, c’est la première guest house au Liban à être dirigée par une association à but non lucratif », indique Diala el-Fil. Le mot « tamanna » signifie « fais un vœu » ou « fais un souhait » en arabe. « Certains enfants souhaitent rencontrer des célébrités, comme Lionel Messi ou Feyrouz, d’autres veulent voyager pour voir les pyramides d’Égypte ou Disneyland, ajoute-t-elle. Certains veulent aussi faire l’expérience de devenir pilote ou médecin. Enfin, nous avons des enfants qui veulent avoir des objets, comme un ordinateur par exemple. Au total, nous réalisons trois rêves par semaine. »
En principe, le budget annuel de l’association Tamanna s’élève à 350 000 dollars. Pendant plusieurs années, Diala el-Fil a pu compter sur la générosité d’un certain nombre de donateurs privés. Mais ce système de dons est instable. Ainsi, en 2021, l’association n’avait réussi qu’à lever 20 % des fonds requis pour son fonctionnement annuel. « Si les gens arrêtent de donner de l’argent, que pouvons-nous faire ? Fermer l’association ? Il fallait trouver une source de financement plus stable. La location de chambres à travers une maison d’hôte constitue un projet durable qui nous permet d’être indépendants sur le plan financier pour réaliser les rêves des enfants. Continuer à faire vivre mon association était pour moi primordial «, explique Diala el-Fil.Pour la rénovation des appartements de Beit Tamanna, les travaux ont nécessité un investissement estimé à 400 000 dollars : 100 000 ont été déboursés grâce à des collectes de fonds, tandis que les 300 000 restants constituent des dons en nature de la part des designers et d’un certain nombre de commerçants qui souhaitaient participer à la naissance du projet. « Ils nous ont donné du papier peint, des rideaux, des matelas, des plantes, des objets de décoration… La mobilisation était très forte pour contribuer à faire naître notre projet. Tous voulaient aider les enfants malades à réaliser leurs rêves. »

Cet article, réalisé dans le cadre d’un partenariat avec Hodema Consulting Services, n’a aucune vocation promotionnelle. Ce rendez-vous hebdomadaire sera consacré au secteur de la restauration et de l’hôtellerie, qui continue, malgré tout, de se battre.



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