Le député Manuel Bompard pendant sa conférence de presse après la désignation d’une nouvelle direction de LFI, le 10 décembre 2022. Christophe Archambault/AFP
Manque de démocratie interne, figure écrasante du chef, relations difficiles avec les partenaires de sa coalition... La France insoumise (LFI), le parti de gauche radicale du tribun Jean-Luc Mélenchon, arrivé troisième lors de l’élection présidentielle, est secoué par les turbulences.
La désignation durant le week-end d’une nouvelle direction emmenée par le député Manuel Bompard, un proche de M. Mélenchon, dont ont été écartées plusieurs figures historiques du mouvement, a mis sous les projecteurs les dissensions et rivalités internes.
« Il n’y a aucune volonté d’exclusion ou de mettre qui que ce soit de côté », a tenté de rassurer M. Bompard lundi sur la radio France inter.
Mais deux figures du mouvement, les députés Clémentine Autain et François Ruffin, ont fustigé « le repli » et le « rétrécissement » à la tête de LFI, un mouvement soudé autour de la personnalité écrasante de Jean-Luc Mélenchon et au fonctionnement réputé clanique.
Si M. Mélenchon, vétéran de la politique, trois fois candidat à l’élection présidentielle (il a récolté 22 % des voix lors du dernier scrutin, derrière l’extrême droite), a plusieurs fois affirmé être « en retrait », il cultive néanmoins l’ambiguïté sur son avenir. « L’ombre de Jean-Luc Mélenchon va continuer à planer sur l’avenir de LFI », écrit le quotidien Libération lundi.
La nouvelle direction a « été choisie par cooptation, ce qui favorise les courtisans et contribue à faire taire la critique », et « il faut démocratiser LFI », a lancé Clémentine Autain dans un entretien fleuve en une du quotidien Libération lundi, provoquant la fureur de M. Mélenchon, qui a accusé le journal de vouloir « salir » son mouvement.
Le député François Ruffin, souvent présenté comme l’étoile montante du mouvement, a pour sa part critiqué « un petit groupe qui s’est mis d’accord avec lui-même ».
« Mon problème aujourd’hui, c’est pas Clémentine Autain ou François Ruffin, mon problème c’est Emmanuel Macron, mon problème, c’est l’extrême droite, et mon problème, c’est comment on fait en sorte que dans ce pays, la souffrance sociale et écologique, on y apporte une réponse », a répliqué Manuel Bompard sur France Inter.
Frictions entre alliés
Première force d’opposition à l’Assemblée nationale, le groupe NUPES, auquel participent socialistes et écologistes, est dominé par les députés LFI, et les relations ne sont pas toujours faciles entre les alliés de gauche.
Les divergences sont nombreuses, sur la Russie et l’OTAN notamment. Contrairement à ses alliés écologistes et socialistes, LFI s’est récemment abstenue de voter un texte de soutien à l’Ukraine qui qualifiait la Russie « d’État terroriste », jugeant la formulation « contre-productive ».
La constitution d’une liste commune pour les prochaines élections européennes est également un sujet de friction, les écologistes souhaitant une liste autonome.
La gauche radicale a également été secouée ces derniers mois par l’« affaire Adrien Quatennens », ex-numéro 2 de LFI, qui a reconnu avoir giflé son épouse, et qui doit être jugé mardi à Lille (Nord) dans une procédure de « plaider coupable ». Lors de la révélation de l’affaire en septembre, le député s’était mis en retrait de son poste, mais avait reçu dans un premier temps le soutien de Jean-Luc Mélenchon, provoquant la colère des militants féministes et des alliés socialistes et écologistes, qui réclamaient la démission de l’élu.
LFI a également dû faire face au début de l’été aux remous déclenchés par une plainte pour harcèlement et agression sexuelle déposée contre Éric Coquerel, président de la commission des Finances de l’Assemblée. Une enquête est en cours.
Source : AFP


On ne peut mieux résumer la situation et y voir un des nombreux parallèles à nos deux pays...
17 h 27, le 13 décembre 2022