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Moyen-Orient - IRAN

Après une première exécution, manifestations et répression continuent

Se défendant de tout excès, la République islamique poursuit sa répression après avoir procédé à une première exécution liée au mouvement de contestation, qui se poursuit.

Après une première exécution, manifestations et répression continuent

L’annonce de l’exécution de Mohsen Shekari par pendaison pour son implication dans les manifestations en Iran a suscité de vives réactions internationales, le 8 décembre. Photo AFP

En réponse aux réactions indignées de pays occidentaux après la pendaison d’un jeune homme pour son implication dans les manifestations qui agitent le pays depuis la mort de Mahsa Amini le 16 septembre dernier, le ministère iranien des Affaires étrangères a affirmé que la République islamique faisait pourtant preuve « de la plus grande retenue face aux émeutes », après avoir fait état de plus de 200 morts, y compris parmi les forces de l’ordre, et arrêté des milliers de personnes. « Contrairement à de nombreux régimes occidentaux qui répriment violemment, même les manifestants pacifiques », l’Iran a recours à « des méthodes antiémeute mesurées », a-t-il ajouté, signalant qu’il en allait « de même pour le processus judiciaire basé sur (...) l’équité ». Selon l’ONG Iran Human Rights (IHR), basée à Oslo, les forces de sécurité iraniennes ont tué au moins 458 manifestants depuis le début du mouvement de contestation.

Un imam sunnite a notamment été enlevé et assassiné au Sistan-Baloutchistan, dans le sud-est de l’Iran, pays à majorité chiite, a annoncé hier le Conseil de sécurité de cette province, qui a ouvert une enquête. « Mowlavi Abdulvahid Rigi, l’imam de la mosquée sunnite Imam Hossein dans la ville de Khash, a été enlevé jeudi par des inconnus et est mort en martyr », a affirmé un communiqué, qui l’identifie comme « l’un des principaux chefs religieux de la province ». Au Sistan-Baloucthistan, où l’ethnie baloutche fait l’objet de nombreuses discriminations, la répression a été particulièrement violente. Plus de 90 personnes avaient été tuées à Zahedan le 30 septembre, lors de manifestations contre le viol d’une adolescente imputé à un policier.

Condamné à mort pour avoir bloqué une rue et blessé un paramilitaire au début des manifestations, l’exécution jeudi de Mohsen Shekari, 23 ans, a provoqué de multiples condamnations à l’étranger, notamment aux États-Unis et au Royaume-Uni, ainsi que de l’ONU. Amnesty International s’est dite « horrifiée » par la pendaison de Mohsen Shekari, une exécution qui « met en évidence l’inhumanité » du système judiciaire iranien, où « de nombreuses autres personnes risquent de subir le même sort », a déploré Amnesty. Des ONG ont mis en garde contre de nouvelles exécutions prochainement, alors qu’une dizaine d’autres personnes au moins risquent également la pendaison après avoir été condamnées à mort pour leur implication dans les manifestations.

Manifestations et sanctions

L’exécution de Mohsen Shekari a déclenché de nouvelles manifestations et des appels à protester. Dans la nuit de jeudi à vendredi, des manifestants sont descendus dans la rue où Shekari avait été arrêté en criant : « ils ont emmené notre Mohsen et ont ramené son corps », dans une vidéo publiée par le média en ligne 1500tasvir. Au cours d’une autre manifestation dans le quartier de Chitgar à Téhéran, des manifestants ont scandé « Mort au dictateur » et « Mort à Sepah », en référence au guide suprême Ali Khamenei et aux gardiens de la révolution, l’armée idéologique de l’Iran.

Hamed Esmaeilion, un militant irano-canadien qui a organisé des manifestations de masse à Berlin, à Paris et dans d’autres villes, a annoncé d’autres rassemblements ce week-end : « Quelles que soient les croyances et les idéologies, rejoignons ces rassemblements pour protester contre l’exécution terrifiante de #MohsenShekari », a-t-il tweeté.

Mahmood Amiry-Moghaddam, directeur de IHR, a appelé à une forte réaction internationale pour dissuader la République islamique de procéder à d’autres exécutions. Hier, le Royaume-Uni a annoncé avoir sanctionné 30 entités ou personnalités originaires de 11 pays parmi lesquels l’Iran, incluant des responsables iraniens accusés d’infliger des « peines choquantes » à des manifestants

antirégime. L’Union européenne s’apprête elle aussi à ajouter sur sa liste noire 20 personnes et une entité iraniennes pour sanctionner les violations des droits humains commises en Iran lors de la répression des manifestations, ont indiqué hier des sources diplomatiques à Bruxelles. Elle avait déjà sanctionné en novembre 29 responsables iraniens, dont le ministre de l’Intérieur, et la chaîne publique Press TV, accusée d’avoir diffusé « les aveux forcés » de détenus.

Les 27 vont en outre ajouter huit personnes et entités iraniennes à leur liste noire de mesures restrictives afin de sanctionner la fourniture à la Russie de drones utilisés contre l’Ukraine, selon les sources diplomatiques. L’UE a déjà sanctionné par un gel des avoirs et une interdiction de visa le fabricant iranien de drones et trois hauts responsables militaires pour ces livraisons. Et les Occidentaux sont à la recherche de preuves de la fourniture de missiles balistiques par l’Iran à la Russie.

Source : AFP


En réponse aux réactions indignées de pays occidentaux après la pendaison d’un jeune homme pour son implication dans les manifestations qui agitent le pays depuis la mort de Mahsa Amini le 16 septembre dernier, le ministère iranien des Affaires étrangères a affirmé que la République islamique faisait pourtant preuve « de la plus grande retenue face aux émeutes », après...

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