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Lifestyle - Coolitude

Le « blitz » pictural de sir Winston Churchill fait monter les enchères

« Heureux les peintres car ils ne sont jamais seuls », disait si justement Churchill. Les œuvres de celui qui avait trouvé une nouvelle sérénité devant son chevalet font aujourd’hui grimper les enchères.

Le « blitz » pictural de sir Winston Churchill fait monter les enchères

Le portait de Churchill peint en 1955 par son ami Eisenhower. Photo tirée du site officiel America’s National Churchill Museum

« Trois peintures signées sir Winston Churchill ont été vendues aux enchères le mois dernier, à des prix allant de 376 000 $ à 630 000 $... L’an dernier, un nouveau record d’enchères a été établi chez Christie’s à Londres pour l’une de ses œuvres intitulée Tower of the Koutoubia Mosque (La tour de la mosquée Koutoubia), cédée à un collectionneur belge pour la modique somme de 11,5 millions de dollars. Lequel a également acquis deux autres œuvres de l’ancien Premier ministre britannique lors de cette même vente, pour 6 millions et 1,5 million de dollars. » C’est ce qu’a relaté la semaine dernière le New York Times dans un article intitulé Churchill’s aura and bright colors, draw new fans to his art (L’aura de Churchill et ses couleurs vives attirent de nouveaux fans vers son art, NDLR). Un titre qui souligne l’engouement de jeunes acheteurs pour la peinture de l’illustre homme politique. « Toute une génération est en train de le découvrir! » confirme Timothy Riley, directeur et curateur de l’America’s National Churchill Museum.

Exposition consacrée à Churchill sous le titre A passion for painting à l’America’s National Churchill Museum. Photo tirée du site officiel America’s National Churchill Museum

Fuir la dépression à travers la peinture

« Ces prix, plus élevés que leurs estimations de prévente, démontrent que personne n’a vraiment vu arriver les choses. Ce blitz de Churchill dans les ventes aux enchères est-il donc une anomalie historique ? Oui et non », décrypte le site en ligne Armet, qui décode hebdomadairement le fonctionnement interne du marché de l’art. Toujours est-il que l’artiste Churchill qui s’était mis à la peinture par pur plaisir a le vent en poupe, encouragé par certains critiques qui vont au-delà de sa célébrité d’homme politique. « Ce qui me frappe dans ses toiles, c’est leur sens inhabituellement ouvert et lucide de l’espace », analyse ainsi le critique d’art Will Heinrich. Autre signe de cet engouement, le succès continu de l’exposition A passion for painting, consacrée au flamboyant Premier ministre britannique et organisée à l’America’s National Churchill Museum. Il n’est d’ailleurs pas étonnant de constater qu’il existe aux États-Unis un musée qui lui soit dédié car, parallèlement à l’étroite collaboration politique anglo-américaine, le pays de l’Oncle Sam voue une grande admiration pour cette figure historique surnommée le Vieux Lion. Jusqu’à présent, les seules institutions qui ont exposé les créations de sir Winston Churchill ont été des musées universitaires et les instituts culturels. On savait que Winston Churchill s’était réfugié dans la peinture pour sortir d’une dépression et qu’il y avait trouvé une certaine paix, travaillant en amateur, sans jamais imaginer que ses toiles seraient un jour disputées sous le marteau d’un commissaire-priseur. De son vivant, sir Churchill avait fait cadeau de ses tableaux à ses proches et à ses amis dont les présidents Franklin D. Roosevelt, Dwight Eisenhower et Harry Truman, la reine Elizabeth II, le milliardaire grec Aristote Onassis, Vivien Leigh et Laurence Olivier. Après être passé aux mains des héritiers de ces privilégiés, ces œuvres ont fini aux enchères. Onassis avait reçu le tableau La tour de la mosquée de la Koutoubia, qui par la suite avait été offert par Brad Pitt à Angelina Jolie, avant leur rupture.

Churchill trouve la sérénité dans la peinture. Photo tirée du site officiel America’s National Churchill Museum

Rattrapé par une popularité inattendue

Cette vision intimiste de la peinture était la sienne, comme le relève l’International Churchill Society : « L’artiste Churchill a toujours insisté sur le fait qu’il peignait pour le plaisir et qu’il souhaitait que son art ne soit pas considéré comme ambitieux et évalué comme s’il l’était. » C’est ce que confirme l’arrière-petit-fils de Churchill, Duncan Sandys. « Il l’a fait pour le plaisir. Il ne prenait pas ses peintures très au sérieux », avait-il déclaré à Artsy en 2018. Winston Churchill se passionne personnellement pour cet art qu’il débute sur le tard, plus précisément à l’âge de 40 ans. Bien qu’il n’ait reçu aucune formation technique en tant qu’artiste, il s’adonne à son passe-temps avec appétence. Un passe-temps qui devient vite son principal centre d’intérêt. Le Vieux Lion avait d’ailleurs rédigé un essai en 1920, devenu plus tard la base de son livre Painting as a pastime, comportant le credo de son processus de création. Il y relate aussi les origines de son élan vers la peinture. Cet ouvrage révèle également comment, en 1915, Churchill avait été contraint de démissionner de son poste de premier lieutenant de l’amirauté à la suite d’une campagne désastreuse lors de la bataille de Gallipoli pendant la Première Guerre mondiale. « Je ressentais alors une grande angoisse et je ne trouvais aucun moyen de la soulager », avait-il écrit. Obligé à « de longues heures de loisirs inhabituels à contempler le déroulement effrayant de la guerre », il se tourne alors vers la peinture pour se vider l’esprit et soulager son stress. Un antidote qui lui aura servi tout au long de sa carrière mouvementée. Aujourd’hui, son legs artistique, accompli dans une sérénité intérieure, est rattrapé par une popularité inattendue.


« Trois peintures signées sir Winston Churchill ont été vendues aux enchères le mois dernier, à des prix allant de 376 000 $ à 630 000 $... L’an dernier, un nouveau record d’enchères a été établi chez Christie’s à Londres pour l’une de ses œuvres intitulée Tower of the Koutoubia Mosque (La tour de la mosquée Koutoubia), cédée à un collectionneur belge...

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