Les grues géantes du port de Beyrouth. Photo P.H.B.
Le syndicat des importateurs de denrées alimentaires, présidé par Hani Bohsali, a une nouvelle fois interpellé le ministère des Finances, à qui il reproche de ne pas avoir encore publié la liste de produits qui seront exemptés des 10 % de droits de douane supplémentaires prévus par le budget de l’État pour 2022 (article 74), adopté en septembre et entré en vigueur mercredi dernier. Le syndicat réclame cette liste depuis un certain temps et avait déjà estimé nécessaire qu’elle soit fournie avant la mise en application des nouveaux droits pour permettre aux acteurs de la filière de se préparer. Contacté, Hani Bohsali a déploré que le ministère des Finances n’ait toujours pas réagi.
La mesure évoquée consiste à augmenter de 10 points de pourcentage les droits de douane de certains produits qui ont un équivalent produit au Liban « dans des quantités suffisantes pour alimenter le marché local ». Celle-ci prévoit également que la liste des produits soit définie par les ministres des Finances, de l’Industrie et de l’Agriculture, et que le ministère de l’Économie et du Commerce surveille que l’application de cette mesure ne donne pas lieu à des abus au niveau de la fixation des prix sur le marché. Lundi, soit seulement deux jours avant la publication du budget au Journal officiel, les ministres désignés par l’article 74 se sont réunis pour discuter de la liste des produits pouvant être exemptés. Aucune annonce n’a cependant été faite à l’issue de cette réunion. Les importateurs s’attendent également à ce que les autorités augmentent le taux de change utilisé pour calculer en livres libanaises les droits de douane à partir des taux prévus et des prix en dollars hors taxes des produits passant la frontière. La modification du « dollar douanier », comme la mesure est présentée, consiste plus précisément à troquer la parité officielle de 1 507,5 livres pour un dollar, en vigueur depuis la fin des années 1990, à un taux de 15 000 livres. Ce changement n’a pas été inscrit dans le budget de 2022, dont les projections ont néanmoins été faites sur la base de ce même taux. Mais il ne s’agit pas du seul défaut de ce budget qui a d’abord été adopté 10 mois et demi après le début de sa période d’exécution. L’augmentation des droits de douane risque, elle, de faire grimper encore plus haut une inflation qui a déjà atteint des sommets en trois ans : +162,47 % de l’indice des prix à la consommation en livres en rythme annuel à fin septembre, selon les derniers chiffres officiels et +1 380,41 % de septembre 2019 à septembre 2022, selon l’Administration centrale de la statistique.

