Le roi Charles III discutant avec des invités lors d’une réception au palais de Buckingham, donnée pour les petites et moyennes entreprises. Isabel Infantes/Pool/AFP
« Happy birthday » joué par la fanfare de la cavalerie devant Buckingham Palace, coups de canon tirés depuis la tour de Londres : Charles III a fêté le 14 novembre ses 74 ans, son premier anniversaire depuis qu’il est devenu roi en septembre, deux mois qui n’ont pas été de tout repos.
Même si la photo publiée par le palais de Buckingham le montre tranquillement adossé à un vieux chêne dans une douce lumière automnale. En fait, Charles III est devenu lundi dernier le garde forestier du grand parc de Windsor, le château près de Londres qu’aimait tant sa mère, la reine Elizabeth II, à laquelle il a succédé après son décès le 8 septembre. Un titre de plus pour le monarque qui sera couronné le 6 mai 2023, à l’abbaye de Westminster, à Londres.
Depuis son arrivée sur le trône, son agenda n’a pas désempli. « Il montre une énergie physique étonnante », s’exclame l’expert de la royauté Richard Fitzwilliams. En deux mois, Charles III a travaillé avec deux Premiers ministres, l’éphémère Liz Truss, puis Rishi Sunak. « En cette période de turbulences politiques, la monarchie représente un symbole de l’unité nationale, ce qui n’est franchement pas le cas des politiques », relève l’expert.
La veille de son anniversaire, Charles, désormais commandant des forces armées, a participé à son premier « Dimanche du souvenir » en tant que roi et a rendu hommage aux victimes des guerres.
Engagé de longue date en faveur de l’environnement, il avait réuni le 4 novembre à l’occasion de la COP27 tenue en Égypte, dans sa résidence officielle à Londres, chefs d’entreprise, représentants politiques tel l’émissaire américain pour le climat John Kerry, et des personnalités publiques comme la designer Stella McCartney.
Des membres de la Royal Horse Artillery tirent une salve de canon pour célébrer l’anniversaire du roi, à Green Park, à Londres. Daniel Leal/AFP
Bains de foule… et jet d’œufs
Le roi a déjà voyagé aux quatre coins du pays. À Aberdeen, en Écosse, il a rencontré des réfugiés. À Leicester, il s’est entretenu avec des policiers après des incidents entre les communautés hindoues et musulmanes. À Leeds, il a dit qu’il était prêt à parler du passé esclavagiste, selon Fiona Compton, une artiste et historienne de Sainte-Lucie.
Le tout ponctué de bains de foule... et d’un dérapage. À York, le 9 novembre courant, un étudiant, militant du groupe écologiste Extinction Rebellion, a jeté plusieurs œufs en sa direction, en scandant des propos antimonarchistes, et l’a raté de justesse. En revanche, au musée Madame Tussauds à Londres, des militants écologistes du groupe Just Stop Oil ont atteint leur cible : ils ont entarté l’effigie de cire du roi Charles III.
Des scènes difficilement imaginables avec Elizabeth II, extrêmement populaire, et plus distante. Après l’arrivée sur le trône de Charles III, le hashtag #Notmyking avait connu un succès certain sur les réseaux sociaux. Mais sa popularité, faible avant le décès de sa mère, a grimpé une fois qu’il est devenu roi.
Un seul écart est devenu rapidement viral : quand, en Irlande du Nord, quelques jours après le décès d’Elizabeth II, le roi s’est emporté contre un stylo qui fuyait. « Je ne peux pas supporter ce foutu truc ! » s’était-il énervé.
Depuis début novembre c’est surtout la série The Crown qui est dans les têtes, avec la sortie de la saison 5, qui s’intéresse aux années 1990, marquées par sa rupture avec Diana. Un portrait mitigé y est dressé de Charles, au point que le comédien britannique Dominic West, qui interprète le futur Charles III, a appelé à ne pas juger sévèrement le souverain sur la base de la série.
Caroline TAIX/AFP


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