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Économie - Devises

Le taux de change à 15 000 LL entre annulation et report

Le taux de change à 15 000 LL entre annulation et report

« La chute de la livre », œuvre d’un groupe d’artistes établi à Tripoli : Batool Jacob, Ghayath al-Robih et Nagham Abboud. Photo João Sousa

Le Liban va-t-il, oui ou non, abandonner la parité officielle de 1 507,5 livres pour un dollar qui a cours depuis la fin des années 1990 et qui n’a plus aucune cohérence avec la valeur réelle de la monnaie nationale sur le marché local ? La question est plus que jamais en suspens, bien que de nouvelles informations semblent appuyer le scénario d’un report du remplacement de cette parité par un nouveau taux officiel fixé à 15 000 livres pour un dollar, soit le même qui a servi de base au calcul du budget 2022 adopté fin septembre et dont l’entrée en vigueur est supposé être une affaire de jours.

Selon une source anonyme au ministère des Finances citée par l’agence Reuters, le projet serait au moins momentanément enterré, en raison de « désaccords politiques ». Cette source a ajouté que « personne dans le pays ne voulait porter la responsabilité » de cette décision qui aurait d’importantes conséquences sur l’économie et la fiscalité du pays, en crise depuis 2019.

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Elle a encore affirmé que le Premier ministre désigné, Nagib Mikati, ne souhaitait pas donner son feu vert au changement de taux sans l’accord du tandem chiite formé du mouvement Amal et du Hezbollah. Cette affirmation a été appuyée par une seconde source anonyme citée par Reuters et travaillant celle-ci pour le compte du haut responsable. En début de soirée, un extrait d’un document officiel, dont nous n’avons pas pu toutefois confirmer l’authenticité, a circulé sur les applications de messagerie instantanée semblant annoncer l’entrée en vigueur du budget 2022 et des mesures qui l’accompagnent pour le 15 novembre.

Pas de confirmation du ministère des Finances

Jusque-là, le ministère des Finances n’a pas communiqué sur le sujet. Une source gouvernementale nous avait informé qu’il allait publier cette semaine des amendements à certains « frais et droits », dans le cadre d’une série de mesures visant à introduire le nouveau taux, ce qui n’a pas eu lieu. La même source a cependant indiqué que le processus avait été reporté, mais pas annulé, et qu’il devrait se déclencher une fois que le budget 2022 serait entré en vigueur, probablement la semaine prochaine. Mercredi, le syndicat des importateurs de denrées alimentaires, qui guette la modification du taux en raison de ses répercussions sur le calcul des droits de douane, avait tablé sur le même timing.

À l’origine, le ministre sortant des Finances Youssef Khalil avait annoncé fin septembre via Reuters que le changement de taux, qui n’est qu’un prémisse à une unification des différents taux de change qui coexistent au Liban depuis le début de la crise, serait amorcé le 1er novembre, avant de temporiser en liant la manœuvre à l’adoption d’un plan de relance par les autorités. Ce plan fait partie des composantes de l’accord préliminaire que le Liban avait signé en avril dernier avec le Fonds monétaire international dans l’espoir de débloquer une aide financière de 3 milliards de dollars sur quatre ans pour redresser le pays. Il est encore à l’état de brouillon, après avoir été élaboré par le gouvernement de Nagib Mikati qui a démissionné dans le sillage des législatives de mai dernier.

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Le Premier ministre qui a depuis été désigné pour former un nouveau cabinet (ce qu’il n’a toujours pas fait) était, lui, intervenu peu après Youssef Khalil dans la presse pour insister sur le fait que le changement de taux serait progressif. Depuis, lui comme le reste de la classe politique avaient quasiment arrêté de s’exprimer sur le sujet et s’étaient focalisés sur d’autres dossiers, comme l’élection d’un nouveau président de la République pour succéder à Michel Aoun, ou encore la conclusion de l’accord sur les frontières maritimes entre le Liban et Israël, signé en fanfare il y a une grosse semaine.

Enfin sur un plan purement technique, il est difficile pour un Liban dont les réserves de devises sont inférieures à 10 milliards de dollars d’envisager de stabiliser son taux de change, même à 15 000 livres pour un dollar, sans bénéficier de l’aide du FMI. Or l’état d’avancée de la mise œuvre des réformes que le Liban a promises au FMI et sans lesquelles l’organisation ne déboursera pas le moindre dollar est au point mort depuis la fin de l’été. Le pays n’avait pas enregistré d’avancées décisives depuis la conclusion de l’accord, comme l’a d’ailleurs fait remarquer en septembre le chef de mission du FMI pour le Liban, Ernesto Ramirez Rigo.



Le Liban va-t-il, oui ou non, abandonner la parité officielle de 1 507,5 livres pour un dollar qui a cours depuis la fin des années 1990 et qui n’a plus aucune cohérence avec la valeur réelle de la monnaie nationale sur le marché local ? La question est plus que jamais en suspens, bien que de nouvelles informations semblent appuyer le scénario d’un report du remplacement de cette...

commentaires (2)

On est bien d'accord que, si à chaque fois qu'une loi est votée par un gouvernement quel qu'il soit, elle doit satisfaire toutes les parties, alors jamais aucune loi ne pourra être appliquée !!!

In Lebanon we (still) Trust

11 h 14, le 04 novembre 2022

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Commentaires (2)

  • On est bien d'accord que, si à chaque fois qu'une loi est votée par un gouvernement quel qu'il soit, elle doit satisfaire toutes les parties, alors jamais aucune loi ne pourra être appliquée !!!

    In Lebanon we (still) Trust

    11 h 14, le 04 novembre 2022

  • Encore des manoeuvres suspectes pour creer un nieme taux de change. Alors que le FMI exige l'unification des taux de change, la canaille du ministere des finances et de la BDL en creent un nouveau supplementaire. Kellon ya3ne kellon.

    Michel Trad

    07 h 41, le 04 novembre 2022

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