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Monde - Diplomatie

Troisième entretien entre Macron et le pape François au Vatican

À Rome, Meloni rencontre le président français qui lui promet « ambition » et « vigilance ».

Troisième entretien entre Macron et le pape François au Vatican

Rencontre chaleureuse entre le pape François et le président français Emmanuel Macron, hier au Vatican. Vatican Media/AFP

Emmanuel Macron a été reçu lundi par le pape François au Vatican, pour la troisième fois depuis qu’il est président, sur fond de guerre en Ukraine et de débat sur la fin de vie en France.

Accompagné de son épouse Brigitte Macron, le chef de l’État français a été reçu au palais apostolique pour une audience privée qui a duré 55 minutes. Sur des images diffusées par le Vatican, les deux hommes sont apparus souriants, M. Macron tutoyant le souverain pontife comme il l’avait fait en 2021. Ils se sont ensuite livrés au traditionnel échange de cadeaux. Le pape a offert au président français une médaille en bronze représentant la place Saint-Pierre. M. Macron a offert une édition du Traité pour la paix perpétuelle d’Emmanuel Kant datant de 1796.

Cette rencontre a été suivie d’un entretien avec le numéro deux du Saint-Siège, le cardinal Pietro Parolin, ainsi qu’avec le « ministre » des Affaires étrangères du pape, Mgr Paul Gallagher.

Il s’agit de sa troisième audience papale : la première en juin 2018, tandis que la deuxième remonte à il y a moins d’un an, en novembre 2021.

Le président Macron est depuis dimanche à Rome, où il a prononcé un discours à l’ouverture d’un sommet interreligieux sur la paix organisé par la communauté catholique italienne Sant’Egidio. Il y a livré un plaidoyer pour la paix en Ukraine, tout en soulignant que celle-ci ne pourrait intervenir que quand les Ukrainiens « le décideront » et selon les « termes » de Kiev.

Le président français a aussi rencontré dimanche soir en catimini la nouvelle Première ministre italienne Giorgia Meloni, devenant le premier dirigeant étranger à s’entretenir en face à face avec la chef de file du parti post-fasciste Fratelli d’Italia, vainqueur des élections de septembre en Italie.

Jusqu’au bout, l’Élysée a maintenu l’incertitude sur cet entretien, qui s’est tenu à l’abri des caméras dans le centre de la capitale italienne pendant un peu plus d’une heure.

« En Européens, en pays voisins, en peuples amis, avec l’Italie nous devrons poursuivre tout le travail engagé. Réussir ensemble, avec dialogue et ambition, nous le devons à notre jeunesse et à nos peuples », a déclaré le chef de l’État français dans un tweet illustré d’une photo où on le voit en discussion avec la dirigeante post-fasciste. Il a toutefois pris soin de tweeter juste avant « Grazie Mario », un remerciement à Mario Draghi, le Premier ministre sortant avec lequel il entretenait une relation étroite. Comme pour prévenir la chef du gouvernement le plus à droite depuis la naissance de la République italienne en 1946 que la barre a été placée très haut par son prédécesseur.

L’Élysée a rapporté qu’Emmanuel Macron avait « félicité la Première ministre » lors d’échanges « pragmatiques et constructifs », mais aussi « francs ». « On va juger un peu sur les actes », « il y a une vigilance, il y a une exigence de la part du président de la République », a souligné son entourage, alors que Paris avait déjà mis en garde la gagnante des élections italiennes sur le respect de l’État de droit.

Des avertissements qui présagent de relations tendues avec l’eurosceptique et souverainiste Meloni.

Selon Rome, l’entretien, « cordial et productif », a porté sur « la nécessité de réponses rapides et communes à la flambée des prix de l’énergie » au niveau européen, le « soutien à l’Ukraine » ou encore « la gestion des flux migratoires ».

Les deux dirigeants ont fait part de leur « volonté de poursuivre une coopération sur les grands défis communs au niveau européen dans le respect des intérêts nationaux respectifs », a conclu la présidence du Conseil italien dans un communiqué.

Dimanche matin, Mario Draghi avait passé le flambeau à Giorgia Meloni sous les ors du palais Chigi, siège du gouvernement à Rome. Cette ex-admiratrice du Duce a pris la tête de l’exécutif un siècle après l’arrivée au pouvoir de Benito Mussolini.

Dette et inflation

Samedi, l’Union européenne, inquiète face à l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite dans ce pays fondateur de l’Europe, s’est dit prête à « coopérer » avec le gouvernement Meloni. La Romaine de 45 ans, qui a remporté une victoire historique aux législatives du 25 septembre, a réussi à rendre respectable son parti Fratelli d’Italia.

De nombreux défis l’attendent, essentiellement économiques, à commencer par l’inflation et la dette dont le ratio est le plus élevé de la zone euro après la Grèce.

La composition du nouveau gouvernement reflète le désir de rassurer les partenaires de Rome. L’ex-président du Parlement européen Antonio Tajani a été nommé aux Affaires étrangères, tandis que Giancarlo Giorgetti, un représentant de l’aile modérée de la Ligue, déjà ministre sous Mario Draghi, hérite du portefeuille de l’Économie.

Source : AFP

Emmanuel Macron a été reçu lundi par le pape François au Vatican, pour la troisième fois depuis qu’il est président, sur fond de guerre en Ukraine et de débat sur la fin de vie en France.Accompagné de son épouse Brigitte Macron, le chef de l’État français a été reçu au palais apostolique pour une audience privée qui a duré 55 minutes. Sur des images diffusées par le Vatican, les deux hommes sont apparus souriants, M. Macron tutoyant le souverain pontife comme il l’avait fait en 2021. Ils se sont ensuite livrés au traditionnel échange de cadeaux. Le pape a offert au président français une médaille en bronze représentant la place Saint-Pierre. M. Macron a offert une édition du Traité pour la paix perpétuelle d’Emmanuel Kant datant de 1796. Cette rencontre a été suivie d’un entretien avec le numéro...
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