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Lifestyle - Musique

Jean-Pierre Kalfon, un premier album à 83 ans pour le dandy rock et rebelle

« Méfistofélange » réunit 14 titres reflétant l’univers transgressif et onirique de son auteur qui se définit avant tout comme un « rock’n’bluesman ».

Jean-Pierre Kalfon, un premier album à 83 ans pour le dandy rock et rebelle

Jean-Pierre Kalfon, un hédoniste assumé. Joel Saget/AFP

« Boy » aux Folies Bergère à vingt ans, guitariste de Higelin et acteur chez Truffaut, Lelouch ou Rivette, Jean-Pierre Kalfon, dandy rebelle et punk avant l’heure, s’offre à la veille de ses 84 ans un premier album en hommage à Amy Winehouse.

« J’ai sorti quelques titres en 1976, mais cet album c’est le premier que je maîtrise de A à Z. Les choses me prennent du temps, car je suis plutôt un diesel... » confie, de sa voix rocailleuse, celui qui a créé dans les années 70 plusieurs groupes éphémères : Kalfon Rock Chaud, Les Crouille-Marteaux, Sugar Baby Bitch...

Figure de la Nouvelle Vague, rescapé des années LSD, Jean-Pierre Kalfon, en oiseau de nuit chantant, a fait aussi les beaux soirs du Privilège, le restaurant sélect du Palace, club parisien disparu.

Avec 65 longs-métrages à son actif, Kalfon sort ce premier album Méfistofélange sous le label Déviation records qui a pour devise une citation de Frank Zappa : « Sans écart par rapport à la norme, le progrès n’est pas possible ! »

« Je suis un survivant... Je me suis dit autant faire les conneries quand on est jeune. C’était les Trente glorieuses, la liberté... Ma drogue aujourd’hui, c’est le travail ! » assure Kalfon, qui a fugué à l’adolescence, « car (ses) parents voulaient faire de (lui) un médecin ou un avocat ». « Ça ne me correspondait pas... Je me suis payé des cours de théâtre chez Jean Vilar avec mes petits cachets de “boy” aux Folies Bergère », raconte cet hédoniste assumé.

« Les choses qu’il ne faut pas faire, si on veut savoir pourquoi il ne faut pas les faire, il faut les faire! » estime Jean-Pierre Kalfon.

« J’ai fait beaucoup d’expériences avec ce qu’on appelle “les substances”. J’ai perdu beaucoup de temps à faire n’importe quoi, mais j’ai compris très tôt qu’il faut lâcher les rênes. J’ai adoré faire du cheval au grand galop ! »

« Rock’n’bluesman »

Méfistofélange réunit 14 titres reflétant l’univers transgressif et onirique de son auteur qui se définit avant tout comme un « rock’n’bluesman » : « Tête-à-claque, indécrottable, grand lâche, âne bâté, tronche de cake, boulet, faux derche... Veau Marengo, bras cassé, mytho, escroc, goujat, méga-mégalo... C’est le genre de costard que je me taille quand je me déteste... La totale pour l’hiver, je me vole dans les plumes... » chante-t-il notamment.

« J’adore Amy Winehouse », poursuit-il. « Elle a été tirée vers le bas par ses amours... C’était un ange qui a rencontré Méfisto... » estime Kalfon qui lui dédie le titre de l’album.

Au cinéma, il s’est distingué souvent par des rôles de salaud dans L’Amour fou de Rivette, Le Cri du hibou de Chabrol, Week-end de Godard...

« J’ai plein d’autres chansons. Je note tout le temps des bouts de phrases. Cinéma, théâtre ou rock, les choses se sont succédé de façon assez intéressante. Je ne me suis jamais mécanisé, comme acteur, j’aurais pu faire mieux en devenant une star. Il faut se laisser faire par la vie, même si on perd les pédales, souligne Jean-Pierre Kalfon. Quand on vit comme j’ai vécu, il n’y a pas que du bon. Au fond du puits, j’ai eu la chance de toujours donner un coup de talon pour remonter. »

Le 12 décembre, le fringant octogénaire, tiré à quatre épingles en veste de cuir noir et jean slim assorti, sera à l’affiche du Petit Bain, une salle parisienne de 450 places où il étrennera ce premier album. « J’ai le trac, surtout la peur qu’il n’y ait personne... » confie celui qui a enflammé les Francofolies de La Rochelle en 1989.

Jean-François GUYOT/AFP

« Boy » aux Folies Bergère à vingt ans, guitariste de Higelin et acteur chez Truffaut, Lelouch ou Rivette, Jean-Pierre Kalfon, dandy rebelle et punk avant l’heure, s’offre à la veille de ses 84 ans un premier album en hommage à Amy Winehouse.« J’ai sorti quelques titres en 1976, mais cet album c’est le premier que je maîtrise de A à Z. Les choses me prennent du temps, car je suis plutôt un diesel... » confie, de sa voix rocailleuse, celui qui a créé dans les années 70 plusieurs groupes éphémères : Kalfon Rock Chaud, Les Crouille-Marteaux, Sugar Baby Bitch...Figure de la Nouvelle Vague, rescapé des années LSD, Jean-Pierre Kalfon, en oiseau de nuit chantant, a fait aussi les beaux soirs du Privilège, le restaurant sélect du Palace, club parisien disparu.Avec 65 longs-métrages à son...
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