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Moyen-Orient - Cisjordanie

Un homosexuel palestinien réfugié en Israël assassiné

Le jeune homme, originaire de Cisjordanie, avait fui les persécutions qu’il subissait dans les territoires autonomes. Un crime qui révèle l’exode contraint de certaines minorités sexuelles arabes vers l’État hébreu.

Un homosexuel palestinien réfugié en Israël assassiné

Marche des fiertés de Jérusalem, en Israël, le 3 juin 2021. Emmanuel Dunand/AFP

Ahmad Abou Marhia était sur le point de s’envoler vers le Canada pour commencer une nouvelle vie. Depuis Israël, où le jeune homme de 25 ans avait trouvé refuge il y a deux ans, il avait demandé l’asile et devait partir d’ici à deux mois. Il bénéficiait d’un permis humanitaire après avoir fui la Palestine en raison de son orientation sexuelle. Son corps démembré a été retrouvé mercredi dans la ville de Hébron, en Cisjordanie, sans que l’on sache encore exactement comment et pourquoi. Ahmad Abou Marhia était homosexuel. Il n’était jamais retourné en Cisjordanie, où il recevait des menaces de mort et craignait des représailles familiales. La police de l’Autorité palestinienne et le parquet général ont annoncé qu’une enquête avait été ouverte et qu’un suspect avait été arrêté à proximité de la scène de crime. C’est ce dernier qui aurait filmé et diffusé son méfait. Des images du corps décapité de la victime circulent depuis sur les réseaux sociaux, notamment palestiniens. La police a quant à elle déclaré que le motif du meurtre n’était pas encore connu.

Ahmad résidait à al-Bayt al-Mokhtalef (La Maison différente), un refuge pour les Palestiniens et les Arabes israéliens LGBT+ qui ont souffert de violences et de discriminations, tant pour leur nationalité que pour leur orientation sexuelle. Selon le journal israélien Haaretz, Rita Petrenko, la fondatrice de l’association, rapporte que le jeune Palestinien participait activement aux groupes de discussion et était très connu de la communauté gay. Elle affirme également qu’il aurait déposé à son arrivée en Israël une demande d’asile auprès du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés.

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Fuir vers Israël est parfois l’unique solution pour certaines minorités sexuelles originaires de villes palestiniennes en Cisjordanie. Bien que l’homosexualité ne soit pas officiellement criminalisée, en pratique, la répression accrue et la discrimination ambiante à leur égard rendent souvent le quotidien insoutenable. En 2019, une campagne visant à étouffer les soutiens à la communauté LGBT+ encourage les dénonciations de la part de citoyens témoins d’activités « suspectes » et rend illégale al-Qaws, une association de défense des personnes LGBT+ palestiniennes, basée à Jérusalem-Est.

Permis temporaires

Si le meurtre d’Ahmad Abou Marhia a beaucoup ému côté israélien, il rappelle en creux la stratégie de « pink-washing » menée par l’État hébreu. En jouant sur le contraste entre sa relative tolérance concernant les droits des homosexuels et la répression menée par l’Autorité palestinienne, le gouvernement israélien se pose en défenseur des droits des minorités. L’image projetée, celle d’une terre de refuge, lui permettant in fine de détourner l’attention quant aux violations du droit international perpétrées dans les colonies, à Gaza, ou en Cisjordanie.

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Malgré ce discours d’apparence progressiste, le gouvernement israélien complique régulièrement les conditions d’accueil des demandeurs d’asile palestiniens. Les permis d’entrée ne sont pas souvent accordés et les permis de travail attribués seulement aux personnes pouvant prouver qu’elles ont un employeur prêt à les embaucher, selon une décision de la cour de justice israélienne datant de janvier. Cette année, sur les 66 réfugiés palestiniens membres de la communauté LGBT+ ou victimes de violences domestiques bénéficiant d’un permis temporaire, seuls 13 ont réussi à trouver un employeur. Les autres sont à tout moment susceptibles d’être renvoyés en Palestine.

Ahmad Abou Marhia était sur le point de s’envoler vers le Canada pour commencer une nouvelle vie. Depuis Israël, où le jeune homme de 25 ans avait trouvé refuge il y a deux ans, il avait demandé l’asile et devait partir d’ici à deux mois. Il bénéficiait d’un permis humanitaire après avoir fui la Palestine en raison de son orientation sexuelle. Son corps démembré a été retrouvé mercredi dans la ville de Hébron, en Cisjordanie, sans que l’on sache encore exactement comment et pourquoi. Ahmad Abou Marhia était homosexuel. Il n’était jamais retourné en Cisjordanie, où il recevait des menaces de mort et craignait des représailles familiales. La police de l’Autorité palestinienne et le parquet général ont annoncé qu’une enquête avait été ouverte et qu’un suspect avait été arrêté à proximité de...
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