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Sport - Football

Au moins 125 morts après une émeute dans un stade en Indonésie

À l’issue de la défaite du FC Arema (2-3) contre ses rivaux de Surabaya, le déclenchement d’un gigantesque mouvement de foule a causé le décès d’au moins 125 spectateurs samedi à Malang, sur l’île de Java.

Au moins 125 morts après une émeute dans un stade en Indonésie

Les émeutes ayant provoqué le décès d’au moins 125 personnes après un match de championnat indonésien entre le FC Arama et le club rival du Parsebaya Surabaya dans le stade de la ville de Malang, sur l’île de Java. Photo AFP

L’Indonésie s’est réveillée dimanche endeuillée par l’une des pires tragédies jamais vues dans un stade. Initialement de 127 morts, le bilan des autorités faisait état hier à la mi-journée de 174 victimes, avant d’être revu à la baisse à 125, à cause du double comptage de certaines victimes, a indiqué un responsable de la province de Java Est.

« Le bilan est aujourd’hui de 125 morts. 124 ont été identifiés et l’un ne l’a pas été. Certains noms avaient été enregistrés deux fois », a indiqué le vice-gouverneur de la province de Java Est, Emil Dardak, dimanche sur la chaîne de télévision Metro TV.

Le drame, qui s’est déroulé samedi soir dans la ville de Malang, à l’est de l’île de Java, a aussi fait plus d’une centaine de blessés dans cet archipel d’Asie du Sud-Est où les rivalités entre supporters virent souvent à la catastrophe.

Des milliers de fans de l’équipe locale du Arema FC ont soudainement envahi la pelouse du stade Kanjuruhan après la défaite de leur équipe, 3 buts à 2, contre celle de Persebaya Surabaya. C’était la première fois en plus de vingt ans que l’Arema FC perdait face à sa grande rivale de la ville voisine de Surabaya. Deux policiers figurent aussi parmi les victimes.

Grandes quantités de lacrymogène

La police, qui a qualifié cet incident d’« émeutes », a déclaré avoir tenté « par tous les moyens » de repousser les vagues de supporters. Toutefois, les images capturées à l’intérieur du stade montrent des personnes agrippées à des barrières ou tentant de se frayer un chemin au milieu d’un épais nuage de fumée provoqué par les tirs massifs de gaz lacrymogène des forces de l’ordre.

« Des policiers ont projeté du gaz lacrymogène et les gens se sont aussitôt précipités pour sortir en se poussant les uns les autres, et ça a provoqué beaucoup de victimes », a indiqué à l’AFP Doni, un spectateur de 43 ans, qui n’a pas voulu donner son nom de famille.

De nombreuses victimes sont ainsi décédées après s’être fait piétiner au milieu de ce mouvement de panique. « Il n’y avait rien, pas d’émeutes. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé, il ont soudainement envoyé du gaz lacrymogène, a-t-il déclaré. Ce qui m’a choqué c’est qu’ils n’ont pas pensé aux femmes et aux enfants ! »

Sam Gilang, un survivant, qui a perdu trois amis, écrasés par la foule, a évoqué un incident « terrifiant, absolument choquant ». « Les gens se poussaient (...) et beaucoup ont été piétinés en allant vers la sortie. Mes yeux brûlaient à cause du gaz lacrymogène. Heureusement, j’ai réussi à grimper sur une clôture et j’ai survécu. »

Le président indonésien Joko Widodo a ordonné dimanche « une évaluation complète des matches de football et des procédures de sécurité », après cet incident. Il a également demandé à l’association nationale du football du pays de suspendre tous les matches jusqu’à des « améliorations de la sécurité ».

« Je regrette profondément cette tragédie et espère que cette tragédie liée au football sera la dernière dans notre pays », a-t-il déclaré dans un discours télévisé.

Le directeur d’un hôpital a indiqué sur une chaîne de télévision locale qu’une des victimes n’avait que cinq ans. Le stade contenait 42 000 spectateurs et était au complet selon les autorités. Parmi eux, 3 000 auraient envahi le terrain en signe de colère après le match.

Excuses gouvernementales

Au lendemain de la catastrophe, le gouvernement indonésien a présenté ses excuses pour cet incident. « C’est un incident regrettable qui blesse notre football à un moment où les supporters pouvaient enfin assister à un match dans un stade » après une longue interruption pendant la pandémie de Covid-19, a déclaré le ministre indonésien des Sports et de la Jeunesse Zainudin Amali à la chaîne Kompas.

Mea culpa aussi du côté de l’Association de football d’Indonésie (PSSI), qui a suspendu tous les matches prévus cette semaine. « Nous sommes désolés et nous présentons nos excuses aux familles des victimes et à toutes les parties pour cet incident », a dit le président de PSSI, Mochamad Iriawan.

La violence des supporters est un problème en Indonésie, où les rivalités de longue date se sont transformées en affrontements mortels. Certains matches, dont le plus important étant le derby entre Persija Jakarta et Persib Bandung, sont si tendus que les joueurs des équipes de haut niveau doivent s’y rendre sous haute protection.

C’est pourquoi les fans de Persebaya Surabaya n’avaient pas été autorisés à acheter des billets pour le match, de crainte d’incidents. Le secrétaire général de la l’association national du football, Yunus Yussi, a indiqué avoir communiqué avec la FIFA sur cet incident dramatique et espère éviter des sanctions de l’organe international.

Il a notamment expliqué que la police avait utilisé du gaz lacrymogène à l’intérieur du stade car « elle devait prendre des mesures pour empêcher » les fans d’envahir le terrain au cours d’une conférence de presse. Les forces de l’ordre ont également fait état de deux victimes dans leurs rangs et de 13 véhicules brûlés. Il faudra certainement plus que des excuses de la part des autorités pour rassurer les instances internationales sur leurs capacités à gérer des foules sportives. D’autant que l’Indonésie est censée accueillir l’an prochain la Coupe du monde U-20 dans plusieurs stades du pays, mais celui de Malang n’en fait pas partie.

« Une tragédie au-delà de l’imaginable »

Le président de la FIFA, Gianni Infantino, n’a pas tardé à réagir à cet incident d’une gravité rarement vue dans un stade de football. « Le monde du football est en état de choc après les tragiques incidents en Indonésie. C’est une tragédie au-delà de l’imaginable », a déclaré le dirigeant suisse, parlant d’« un jour noir pour tous ceux qui aiment le football ».

Infantino a également adressé ses « plus profondes condoléances aux familles et amis des victimes qui ont perdu la vie ». Ce mouvement de foule dramatique fait inévitablement penser à celui du stade de Hillsborough en Grande-Bretagne qui, en 1989, avait causé la mort de 97 fans de Liverpool ou à celui de Port-Saïd en Égypte en 2012 qui avait connu une tragédie similaire faisant 74 victimes. L’incident le plus meurtrier de l’histoire du sport reste celui du stade national de Lima, au Pérou en 1964, où 320 personnes avaient été tuées en plus d’un millier et demi de blessés au cours d’un match de qualification entre le Pérou et l’Argentine.

Après l’annonce du drame de Malang, la ligue espagnole a annoncé qu’une minute de silence en hommage aux victimes de la catastrophe sera observée dans tous les stades du pays avant les rencontres de championnat se disputant ce dimanche.

G.B. avec AFP


L’Indonésie s’est réveillée dimanche endeuillée par l’une des pires tragédies jamais vues dans un stade. Initialement de 127 morts, le bilan des autorités faisait état hier à la mi-journée de 174 victimes, avant d’être revu à la baisse à 125, à cause du double comptage de certaines victimes, a indiqué un responsable de la province de Java Est. « Le bilan est...

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